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PRO(RÉ)CRÉATION
11 | 171 Consultations | 12.06.2018 17:09

On ne s’imagine pas le nombre de formulaires qu’il faut remplir le jour de la conception. Moi qui ai une sainte horreur de la paperasse… Mais tout beau tout neuf dans le paddock avant la course, je cachai bien mon aversion, et je fis comme tous les autres concurrents, je ricanai bêtement comme un adolescent, chose que nous savions déjà faire à merveille. Et, nous poussant du flagelle dans les côtes, tout en supputant nos chances de l’empoter, nous remplissions allégrement nos copies, sachant pertinemment qu’une autre que nous aurait son grain de sel à y fourrer. Comme on fait sa lettre au père Noel je cochai au mieux : grand, yeux bleus, des biceps plein les manches… ( je n’ai rien eu... Si, les manches…). Certains hurluberlus au dossard en quenouille prenaient les choses à la légère et fermaient les yeux en biffant leur formulaire ; je me demande après coup quel tableau cela aurait donné. Evidemment ils ne sont plus la pour le dire : la course, plus tard, je la gagnai.

Il était cependant un point qui était loin d’être subsidiaire, au vu de la taille de la case à cocher, et qui nous laissa d’abord perplexe, puis inquiet, devant cette grande responsabilité. En effet, le jury nous fit comprendre que dans l’état des choses, et jusqu’à nouvel ordre, sur cette fameuse question nous serions seuls à décider. A l’époque l’information n’était pas diffusée avec tant de facilité : intergamet n’existait pas, et nous manquions d’oreilles quand la radio était diffusée. Les images quant à elles étaient de très médiocre qualité, c’était le tout début de la 1 D. On se renseigna donc auprès d’anciens à béquilles, tirions la manche aux globules de passage. L’affaire n’était pas nette…

Il fallait pourtant se décider, le départ allait être donné. Certains pouffaient. D’autres plouffaient…  J’en ai même vu qui cochaient les deux cases, dans le doute. Moi qui suis plutôt cartésien, je tentai de soupeser le pour et le contre. Si je cochais la case de gauche, il paraît que j’allais « en baver, bande de p’tits salopards ! ». Mais bon, comme j’étais déjà une sorte de  têtard, baver, j’en avais pris l’habitude. Je n’aurais pas du forcément le prendre au premier degré. Quoique… Pour le choix de droite, les sources étaient moins sûres, et les renseignements beaucoup plus écœurants. Cela faisait mal, tout le monde semblait d’accord là-dessus. Même très mal. Le reste était dans la même veine, des détails pas très ragoûtant, même gore selon quelques sources. Certains ont crié aux affabulations. Mais comme tous mes camarades, dans ma formation d’origine je n’avais pas reçu une once de courage ; je ne savais même pas que cela existait. Avant d’aller courir vers la grosse dame, je cochai la case de gauche, et prit le départ, rassuré.

Les conséquences ne se firent pas attendre et furent multiples ; j’en porte encore actuellement les stigmates. Mais il y en eut deux qui changèrent irrémédiablement le cours de ma vie : en plus de la bave qu’effectivement il ma fallut un jour… hé bien baver, sur les pompes d’un adjudant à l’haleine toujours chargée, à un endroit précis de mon anatomie je me trouvai rapidement affublé d’un modeste triptyque, l’attribut qui m’était destiné, avec obligation post-pubère de courir jusqu’à ma mort après ceux dont je n’avais pu hériter. Condamné à jamais par cette malédiction, pour les avoir toujours sous la main, je vous jure que je retournerais volontiers en arrière pour cocher la case de droite...

 

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