bonjour a tous

je répond a ces mots
qui étaient bien écris
ils sont sous mon chapeau
au chaud dans mon esprit

levain ou pierre
AMELIE97 a écrit : Celui-là, tu l'as déjà donné, ferais-tu
Des rêves récurrents, cher Dodécamaîtru ?



Désolé... J'ai bégayé :(
Le temps sur Venise est bien lourd
Et je te sens un peu nerveuse:
calme-toi un peu mon amour,
Je te lécherai les muqueuses

...

Michel Houellebecq
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le petit endroit
Vous qui venez ici
dans une humble posture
De vos flancs alourdis
Décharger le fardeau
Veuillez quand vous aurez
Soulagé la nature
Et déposé dans l'urne
un modeste cadeau
Epancher dans l'amphore
un courant d'onde pure
Et sur l'autel fumant
placer pour chapiteau
Le couvercle arrondi
dont l'auguste jointure
Aux parfums indiscrets
Doit servir de tombeau

A. de Musset

a accrocher sans modération dans mon petit endroit Mdr
une jolie :P manière ..de dire les choses
...

Et en moins poétique ...

" C"est ici que tombent en ruine
Toutes les merveilles de la cuisine "


(DC, une vieille connaissance ...)
...
Tes seins aussi sont la merveille
Que mes lèvres et ma main aiment tant caresser,
Et quand leur pointe se réveille
Mon bonheur de sentir ton plaisir progresser
Va toujours plus haut que la veille.

Te plairait-il que je te dis
Que tes bras, tes cheveux, ont un rôle à jouer ;
Mais la plus grande gourmandise,
C'est ton sexe si chaud, je peux bien l'avouer
Pour terminer sans couardise !

-- Jean-Jacques Bloch, "Les fleurs du bien"
L 'oiseau bleu

J'ai dans mon cœur un oiseau bleu
une charmante créature
si mignonne que sa ceinture
n'a pas l épaisseur d'un cheveu

Il lui faut du sang pour pature
bien longtemps je me fis un jeu
de lui donner sa nourriture
les petits oiseaux mangent peu

Mais sans en rien laisser paraître
dans mon cœur il a fait le traitre
un trou large comme la main

Et de son bec fin comme une lame
en continuant son chemin
m'est entré jusqu'au fond de l'ame !...

Alphone Daudet
Complainte amoureuse

Oui dès l'instant que je vous vis
Beauté féroce, vous me plûtes
De l'amour qu'en vos yeux je pris
Sur-le-champ vous vous aperçûtes
Mais de quel air froid vous reçûtes
Tous les soins que pour vous je pris !
Combien de soupirs je rendis !
De quelle cruauté vous fûtes !
Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les veux que je vous offris !
En vain, je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
Mépriser tout ce que je fis ;
Même un jour je vous écrivis
Un billet tendre que vous lûtes
Et je ne sais comment vous pûtes,
De sang-froid voir ce que je mis.
Ah ! Fallait-il que je vous visse
Fallait-il que vous me plussiez
Qu'ingénument je vous le disse
Qu'avec orgueil vous vous tussiez
Fallait-il que je vous aimasse
Que vous me désespérassiez
Et qu'enfin je m'opiniâtrasse
Et que je vous idolâtrasse
Pour que vous m'assassinassiez.

Alphonse ALLAIS (1854-1905)
De JACQUES PREVERT

CET AMOUR

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au millieu de la nuit
Cet amour qu faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vrai qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous

DÉJEUNER DU MATIN

Il a mis le café
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler
Il a allumé
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier
Sans me parler
Sans me regarder
Il s'est levé
Il a mis
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder
Et moi j'ai pris
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré
Aujourd'hui, les gens sont lourds, abrutis : ils ne savent que boire !
Louis-Ferdinand Céline ; Cahiers de Céline (1976)
... Evocation :Strict Art




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Poésie de la rue :
“Le souvenir est poésie, et la poésie n’est autre que souvenir.”
(Victor Hugo)
:o :!:


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"Un jour nous comprendrons que la poésie n'était pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la dernière chance de respirer dans le bloc du réel."
Christian Bobin, Un assassin blanc comme neige.
Un poème d'actualité :

Nuit de neige.......de Guy de Maupassant

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant, Des vers
Cette poésie , nous devions l'apprendre à l'école primaire , comme d'autres auteurs VERHAEREN, VERLAINE,V.HUGO , et quantité d'autres auteurs .
Quand la réalité est là , le souvenir remonte à la surface , quel capital............................... :!: :!: :!: