L’Albatros
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le Poëte est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Charles Baudelaire
Les Fleurs du Mal
tu dors mon ange, repu et détendu
je te rêves , émue, le cœur battant,
tu es si beau dans la couche défaite
avec toi tout est une fête…
tes yeux clos je les connais si bien
et je songe aussi a tes jolies mains
qui dessinent tant d’arabesques légères
sur le corps de ta maitresse….
tes jambes fortes et puissantes m’attirent
je veux en voir tout le profil et venir
doucement sur toi chevaucher
le glaive que je sais dressé…
je saurai délicieusement te surprendre
mon âme est en train de se rendre
à tes bras je veux être toujours
un papillon sur le velours ….
être dans tes bras est sublime
je ne veux nul abîme que le nirvana
que tu me donnes a chaque fois ….
Je vous livre un de mes poèmes.


Le vol de l'albatros

Huppes engagées battent le ciel immobile,
Du pont, se disputent brillance du saumon
Que l'albatros géant ravit à l'artimon,
Large comme un avion, mou et malhabile.

Les sanglots de l’Automne noient la rive
De bord à bord, nos mains peignent l'envol
Dont les sombres ailes atteignent un survol
Majestueux, dans la brume qui nous arrive.​

Les falaises noires dessinent le silence,
Une coulée de nuit embrasse les ombres,
S’estompent paroles, face à la pénombre
Avancent à l’horizon les turbulences.

Une monte en garde faite sur les sphères
Le vent vire à l’est, s’inonde le récif,
Nous voilà ballotés sur la vague en esquif,
Grincement, roulis change l’atmosphère.

Rauques sont les voix, yeux clos, enfin surprise !
Diomedea fend l’air en rasant nos têtes,
Quand un beau pétrel vient jouer le trouble-fête,
Signes désaccordés, ô douce méprise.



Ecrit par Raymond
Tous droits réservés ©
Tous mes poèmes sont protégés.

Un cht'i coup de sonnet


Mon escapade tourne autour du cep austère,
Sous la tonnelle assis, j'assiste un soir, grisé.
La cigale pour l'heure ose un air déguisé
En doux concert joyeux où nul bruit se libère.

La vaste mère de vigne empourpre, téméraire,
Le haut cépage, ici, fécond d'un cru prisé
Par lapis - lasulis mourant dans l'irisé
Du joyau ancestral où se fond l'éphémère.

Qu'il soit bon, excellent , classé ou même vieux,
Le talent d'apprécier se promène en vos yeux
Pour nourrir l'art inné d'un feu qui rebaptise.

Vignobles passions où chante l'opéra
Insaisissable voix cristalline en aura
Vient s'unir au cristal d'un* ciboire* de délice


écrit le 04/02/2014



Ecrit par Raymond
Tous droits réservés ©
Je pense à toi,
mon amour,
ma tendresse,
mon coeur,
mon foie,
ma rate,
avec tes pieds mignons,
ta bouche adorable,
ton cul en satin,
ton sexe en velours,
ta langue rose comme le bout de tes seins,
tes cheveux d'or…
et pourtant tu n'es que de la viande,
mon amour.

Wolinski, Pensées
Ma queue éclatait sous tes lèvres
Comme une prune de Juillet
La plume au vent qu'on taille en rêve
N'est pas plus folle je le sais
Que la volage aux amours brèves...

-- Apollinaire
Est-il sot d'admirer le Dôme de Saint-Pierre ?
Faut-il aller plus loin, et le dire en anglais ?
Lisez la mention sans me jeter la pierre,
C'est SOT DOME et GO MORE qui prennent le relais...

-- Jean-Jacques Bloch, "Les fleurs du bien"
"Poème "chipé" dans le cahier d'un écolier de CE1 je l'avais oublié celui-ci :D Merci Monsieur Prévert d'enchanter nos écoliers."

LE GARDIEN DU PHARE AIME TROP LES OISEAUX.

Des oiseaux par milliers volent vers les feux
Par milliers ils tombent par milliers ils se cognent
Par milliers aveuglés par milliers assommés
Par milliers ils meurent.

Le gardien ne peut supporter des choses pareils
Les oiseaux il les aime trop
Alors il dit tant pis je m'en fous
Et il éteint tout.....

Au loin un cargo fait naufrage
Un cargo venant des iles
Un cargo chargé d'oiseaux
Des milliers d'oiseaux des iles
Des milliers d'oiseaux noyés.

Jacques Prévert.
Les pièces jointes ne sont visibles que par les membres du Club-50plus.
lumiere ou tenebre 2amour et conflit 2oh! toi mon ame sert toi de mes yeux 2regarde cette aurore lumineuse....... " ambrenoir"
A l'église...

Elle était à genoux et montrait son derrière
Dans le recueillement profond de la prière.
Pour le mieux contempler j'approchai de son banc:
Sous la jupe levée il me sembla si blanc

Que dans le temple vide où nulle ombre importune
N'apparaissait au loin par le bleu clair de lune,
Sans troubler sa ferveur je me fis son amant.
Elle priait toujours. Je perçus vaguement

Qu'elle bénissait Dieu dans le doux crépuscule.
Et je n'ai pas trouvé cela si ridicule.

-- Germain Nouveau
Mignon ...
Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,
Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,
Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,
Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.
Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;
Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.
Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,
Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.
De ces biens passagers que l’on goûte à demi,
Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.
On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,
On s’approche, on sourit, la main touche la main,
Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,
Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.
Alfred de Musset

:) superbe poème :!:
J'ai jeté des bouteilles à la mer
Qui ont dû se briser
Contre quelques vagues rochers
Laissant échapper tous ces mots amers
Que j'avais écrit les soirs de spleen
Des mots de désespoir et d'amour
Des mots à l'humeur chagrine
Et que l'on réécrit toujours
Ont-ils coulé au fond de l'océan
Emporté par une immense vague
Ceux sont-ils noyés dans ce néant
Et ils s'enfoncent et ils divaguent
Me libérant de tous ces maux
Qui ont fait de ma vie un enfer
Je veux inventer d'autres mots
Et les clamer par delà l'univers
La vie est belle lorsqu'on la regarde
Avec douceur et bienveillance
Quand on laisse enfin tomber sa garde
Et à ce bel avenir on fait confiance

Anemone24
Ma queue éclatait sous tes lèvres
Comme une prune de Juillet
La plume au vent qu'on taille en rêve
N'est pas plus folle je le sais
Que la volage aux amours brèves...

-- Apollinaire
Celui-là, tu l'as déjà donné, ferais-tu
Des rêves récurrents, cher Dodécamaîtru ?