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L'observation des rapports à une échelle macro-économique, montre bien les limites de la générosité. Avec le développent massif du chômage, les problèmes changent de nature. Une partie croissante de la population se voit interdire l'accès aussi bien au monde du travail qu'à celui de la consommation. Une partie des jeunes ne parvient plus à entrer d'une manière stable dans le marché du travail et les moins jeunes en sont éjectés. On voit bien que la possibilité que chacun puisse obtenir un emploi durable s'estompe. Il devient impossible de considérer que les aides reçues par ceux qui ne travaillent pas constituent un vecteur de cohésion sociale: assurance chômage, Rsa, allocation de parent isolé, allocation logement etc.....L'instrument de la redistribution évite, à certains, une exclusion sociale. Ainsi, s'empresse-t-on de récupérer ce que l'on a donné par différents subterfuges: Impôts, cotisations, taxes, augmentation des prix, enfin la liste de toutes les ponctions sur ces revenus est longue qu'il me parait fastudieux d'énumérer ici: On te donne et on te prend, mais celui qui prend a l'impression qu'il donne. Il faut bien s'arranger avec cela!

Pourquoi faut-il donner? ou plutôt, pourquoi y a-t-il des gens qui ont besoin de recevoir? eh bien tout simplement parce qu'il y a des pauvres. Mais il n'est pas grave de se nourrir, tous les jours, d'un même plat, à condition de n'avoir pas le nez chatouillé par le fumet des rôtis, les sens éveillés par tous les fruits de la terre. Il n'est pas grave d'habiter dans un taudis, où pour accrocher les vêtements on doit se contenter de la moindre aspérité, si ses pilliers n'en sont pas plantés dans un terrain vague, à l'horizon duquel se profilent des hôtels particuliers. Au désert par exemple, il n'y a rien, mais les nomades ne sont pas des pauvres puisqu'ils ne se comparent à personne. La pauvreté est relative à la richesse. On voit pourquoi, plus encore, dans nos pays prospères de l'occident: les richesses étant plus abondantes et à porter de main, la frustration y est plus grande. On dira toujours qu'il faut d'abord transformer les institutions, changer de régime politique, faire évoluer les moeurs, etc. etc... Rien à faire, il faut d'abord en finir avec la pauvreté. Certes, la pauvreté n'est qu'une poussière dans l'oeil, mais cela suffit pour gâcher toute une vie. Rien donc n'est plus urgent que de souffler fortement dans cet oeil afin d'évacuer cette gène insupportable. Finalement, qu'est-ce que la générosité sinon une forme élégante de l'hypocrisie. Je suis tenté de crier, à l'instar de l'exclamation de Proudhon: la générosité c'est le vol!.

Dès sa naissance l'individu doit, pour survivre, se procurer des biens. Cet indispensable viatique, se trouve dans la nature. Mais il faut pouvoir le prendre. Cest ce qui est le moins évident: le bébé aura pendant longtemps besoin des adultes, qu'eux mêmes se trouvent en concurrence avec les autres. Ainsi l'Homme se trouve aux prises avec les autres Hommes. Il lui faut donc assurer son emprise sur autrui en lui arrachant ce dont il a besoin: c'est la dominance. C'est l'inévitable outil de cette lutte virtuelle et permanente où nous sommes engagés dès que nous ouvrons nos yeux.

A suivre très prochainement

P.S: merci pour vos critiques c'est cela un débat

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