Puni par les Dieux pour avoir désobéi, SISYPHE est condamné à pousser un rocher au sommet d'une montagne. Or, le rocher retombe et SISYPHE recommencera à le pousser jusqu'à sa mort. 

Pour CAMUS, SISYPHE est le héros ultime de l'absurde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir le coeur d'un homme. Nous devons imaginer SISYPHE heureux. Heureux d'avoir accompli son devoir d'homme, celui de continuer à vivre malgré l'absence de sens du monde.

Alors pour vous, SISYPHE peut-il être heureux dans sa condition ? Le bonheur consisterait-il à accepter l'absurde ?

Je donnerai mon avis, (très humble et qui n'engagera que moi), au fur et à mesure de vos réponses. 
Une lutte sans but si ce n'est celui de la poursuivre quoi de plus absurde ?
Et pourtant  c'est le lot de beaucoup  de nos contemporains pour lesquels vivre est un eternel combat. Lutter et recommencer tous les jours pour atteindre les sommets ou pour survivre. Est-ce vraiment différent ? Pour moi le bonheur est dans la plénitude l'harmonie et la sérénité, pas dans la lutte stérile.
TEXTOMINO :
En fait, le problème se pose surtout quand tu n'as pas le choix. L'ouvrier, par exemple, qui tous les jours répète mécaniquement les mêmes gestes, pour un salaire de misère, sera moins malheureux s'il accepte sa condition absurde que s'il commence à prendre conscience qu'elle est absurde.

 
Il n'empêche A.PAS.DE .LOUVE : Qu'il se sache exploité ou pas ne changera pas sa condition. Je ne suis pas  sûr qu'il soit moins malheureux ne le sachant pas.  Les faits sont là, ils sont irréductibles. Ils déterminent sa relation avec lui-même et avec les autres et donc son aptitude à être heureux.
C'est un sujet très intéressant À PAS DE LOUVE !
Je pense que j'aurais des choses à dire mais je suis un peu bousculée en ce moment et trop fatiguée pour en débattre.
Mais j'y reviendrai ... Je voulais juste te le dire.
Bonne soirée. 
TEXTOMINO :
Perso, je pense que lorsqu'on n'a pas encore pris conscience que l'on est malheureux, on est encore heureux.

Pour le cas de l'ouvrier par exemple, tant qu'il fait son travail machinalement et sans se poser trop de questions, il ne souffre pas. A partir du moment où il prend conscience que sa condition est absurde et qu'il réalise qu'il ne pourra pas lui échapper, il commence à souffrir.

CHRISSOUNE :
Tu viens écrire quand tu veux, quand tu peux, et c'est avec plaisir que je te lirai. :D  
En lisant le sujet, ma première pensée a été on ne peut pas faire "bêtement" -je n'aime pas ce terme qui méjuge l'animal mais je n'en trouve pas d'autre là de suite- les choses en évitant de penser... Ce n'est pas possible car dans ces cas là les dictatures resteraient en place et la révolution n'aurait pas eu lieu.

ça me semble aller en opposition, l'acte de lutter contre les éléments, la fatigue d'un travail à la chaîne ou encore la déclinaison d'un terrain comme Sisyphe et d'accepter une situation ou un travail stérile. Et si l'on n'est pas heureux obligatoirement dans la lutte au  moins on a le respect de soi-même.
En tant qu'individu dire "non" est essentiel pour moi, on ne doit pas tout accepter.

Après une nuit de sommeil, j'ai eu une évidence qui n'est pas spécialement en osmose avec ce que j'ai écrit plus haut
Quel est l'intérêt de vivre ? A quoi sert ce que l'on bâtit tout au long d'une vie puisque de toute manière nous irons nourrir les vers
Faut pas se méprendre sur ce que j'écris, j'aime la vie et je trouve qu'elle vaut la peine d'être vécue, par contre son utilité ça c'est encore autre chose car avec un cynisme qui m'est tout personnel, je me dis que l'homme vient au monde pour mourir ... la femme aussi d'ailleurs :)

Alors où est l'absurde, dans la lutte ou l'absence de sens ???

Au final, je n'ai aucune réponse si ce n'est que la vérité est en chacun d'entre-nous et l'on puise notre force à vivre -ou pas- dans ce qui nous convient le mieux ou le moins mal

Accepter sa condition ou se battre pour en changer  ne nous rend pas fondamentalement heureux, nous donne l'impression de l'être et nous rassure  à un moment de notre vie 

Camus à dû par son ouvrage -je ne l'ai pas lu- de toute évidence vouloir nous mettre face à la même question que tu nous pause A.PAS.DE.LOUVE et moi ça me renvoie vers une autre question -sur laquelle on a déjà débattu ici- Le bonheur existe-t-il ?

Par contre depuis que je t'ai lu une question me taraude ... Sisyphe quand le rocher redescend il pense quoi ? et pendant qu'il redescend lui,  il se dépêche pour recommencer ou il va compter les pâquerettes entre deux ascensions ? 

Bon voilà j'ai mal à la tête :mrgreen: Réfléchir à jeun ça me vaut rien 8) je file déjeuner :lol:
 
Donc il y a des ouvriers décérébrés d'après vous ? qui sont robotisés , sans souffrance ????
Vous le connaissez au moins le monde ouvrier ?
GERMINAL , " le poinçonneur des lilas " , 1936 , le travail des femmes et enfants en usine pendant les guerres , les syndicats , les grèves , mai 1968 ........
J'ose espérer que vous faire de la provocation ...... pour faire parler les gens !
BisouS Edel.........Ebbie34

 
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sankalpa a écrit : Donc il y a des ouvriers décérébrés d'après vous ? qui sont robotisés , sans souffrance ????
Vous le connaissez au moins le monde ouvrier ?
GERMINAL , " le poinçonneur des lilas " , 1936 , le travail des femmes et enfants en usine pendant les guerres , les syndicats , les grèves , mai 1968 ........
J'ose espérer que vous faire de la provocation ...... pour faire parler les gens !


Sank

Non je ne connais pas le monde ouvrier :mrgreen:

Là, le sujet, à moins que je ne me trompe :) , traite de ce qui rend plus heureux un individu,  lutter ou accepter 

Le nanti n'est pas plus heureux que l'ouvrier, pour autant rien ne permet de trouver normal les conditions humaines déplorables de la classe ouvrière 
Cela dépend aussi de la situation personnelle de l'individu : par exemple, les rescapés de l'enfer (les réfugiés qui arrivent en Europe), ou les chômeurs qui sont obligés de faire la queue aux Restos du Coeurs, ou autre angoissés du lendemain, seront heureux de trouver un emploi, quel qu'il soit... ?
@EBBIE , 

Tout le bonheur , je ne sais pas , mais le début du bonheur c'est tellement vrai !  

:!: :!: :!:   Bisous à toi  
L'ouvrier ne saurait pas qu'il est heureux ou malheureux ? Ou il est plus heureux quand il ne sait pas qu'il est malheureux ? Les ouvrier sont exploités ?

On peut être heureux ou malheureux dans son travail en étant ouvrier, patron, politicien, etc.
Des ouvriers (et des artisans) j'en ai connu et j'ai travaillé ensemble avec eux pendant pratiquement toute ma carrière. Ils ont souvent la satisfaction du travail faites, au moins eux ils voient se qu'ils ont fait le soir en quittant leur poste. Pas toujours le cas du patron ou d'autre postes soit disant plus gratifiants.
Tout dépens ce qu'on veut dans la vie, j'ai connu des ouvriers qui n'ont jamais eu le souhait de grimper sur l’échelle et qui sont très bien dans leurs situation.

Même en travaillant à la chaine, on peut être heureux si tout simplement on s'ouvre au collègues p ex.
Je ne voit pas ou il est l'absurde, ou peut on faire le comparaison avec la pierre qui monte ? Cet image est beaucoup trop pessimiste pour moi.

J'ai surement rien compris du sujet :( :shock:
@ pas de louve

pour vous un ouvrier....parce qu il est ouvrier....est "absurde" ...ou va le devenir.... :evil:


totalement en accord avec heureuse et d autres ..;excusez moi j ai oublié vos noms car pas marqués..et je ne veux pas en oublier une :D
Je suis allée regarder le sens du mot absurde au sens philosophique et j'y ai noté "anéantissement de nos efforts"

Donc au sens philosophique, ton exemple de l'ouvrier est très mal choisi. Il ne refait pas le lendemain ce qu'il a fait la veille. Certes, ce sont les mêmes gestes mais sur des pièces différentes. Il a une représentation positive en regardant le nombre de pièces accumulées.

Je rapprocherai plus Sisyphe de Pénélope qui défaisait la nuit pour refaire le jour. Il me semble que bien qu'étant absurde, le choix de Pénélope ne la rendait pas malheureuse puisque son but était de ne pas terminer son ouvrage.

Les tâches ménagères sont absurdes et pourtant, on les faits parce qu'on a un but, manger, vivre dans la propreté. Je ne suis pas heureuse de les faire mais je suis satisfaite du résultat. Donc pour moi, ce n'est pas la notion d'absurde qui rend heureux ou malheureux mais la notion de but accompli ou pas. Pénélope atteint son but et Sisyphe non.