Pathos : mot grec qui signifie souffrance, passion

Mots dérivés du grec « pathos » : pathologie, idiopathie, (… et tous les termes de même racine signifiant « affection maladie ») pathétique, homéopathie (et tous les autres termes de même racine signifiant « méthode thérapeutique »), pathique (apathique ou sympathique), pathogénie, pathopée … et sûrement que j’en oublie 

    Pourquoi notre société se complait-elle dans le pathos, j’entends par là le pathétique, le misérabilisme, l’émotionnel voyeur … ?

    Pourquoi les médias nous vendent-elles du quotidien de base sirupeux, glauque, sordide … ? et pourquoi le consommons-nous ?

    Qu’est-ce qui fait qu’une même douleur ne donnera pas le même ressenti en fonction de la personne qui la vit ?

    Qu’est-ce qui fait que pour un même type de vécu certains d’entre-nous nous sentons obligés d’en faire un étalage impudique alors que d’autres donnons à penser que tout va bien et qu’il ne s’agit pas d’oublier mais de vivre avec ?
 

Etant donné que je n’aime pas laisser aux autres la lourde tâche d’être les seuls à s’impliquer, je vais commencer ici par donner mon ressenti

Il est des personnes qui, dans leur quotidien, pensent que leur existence est plane et pour qui, y faire référence semble lui donner quelque relief, soit en refusant la victimisation, soit en se référant à un ailleurs douloureux. Dans tous les cas, il s’agit d’un certain refus à être normal et par ce biais montrer aux autres que l’on existe.

Ce dictat de l’émotionnel bon marché, dégoulinant comme la lave d’un volcan en fusion est à mon sens, une résultante de la médiatisation du tout et du n’importe quoi, qui fait que l’on nous abreuve de bien sordide sur nos chaînes de télé dans le seul but de vendre des produits de consommation qui sont eux, le vrai vecteur de profit non avoué dans tous ces programmes de diabolisation de l’âme humaine, nous rendant ainsi, parano, voyeur ou les deux en fonction du type de pornographie mentale proposée. Les médias touchent ainsi une population d’émotifs et de frustrés qui n’iront pas mâter d’autres types d’émissions. Le double effet kisscool est que cette facilité à pouvoir étaler sa misère s’est répandue, à titre individuel, comme une traînée de poudre sur la toile. Avant c’était l’apanage de certains magasines « féminins » et maintenant c’est la pollution interplanétaire et plus c’est crade, plus c’est sordide, plus c’est dégoulinant, plus ça fait le « buzzz ». Par ailleurs, cela permet également à ceux qui mâtons et qui sommes en manque de bonne action, de faire preuve d’empathie nous donnant ainsi bonne conscience d’une part et également le sentiment d’exister à notre tour

Au quotidien, on croise la misère, le malheur, la maladie on compatit ou pas, on s’attriste ou pas ou on s’en fout royalement et l’on passe son chemin, c’est selon… Mais on est finalement beaucoup moins agressé que sur le net, car le volume d’individus rencontré est moindre.

Selon Aristote, le pathos est l’usage de l’émotion… sauf que l’être humain est rarement doué pour faire une bonne tambouille. J’aurai tendance à comparer l’instabilité de nos sentiments à une recette remplie de grumeaux et pour laquelle on a beau faire on n’arrivera jamais à s’en débarrasser, il restera toujours des grumeaux dans la pâte … 
Et a contrario oser dire qu'on est heureux et  que la vie est belle est souvent percu comme indécent. On entend alors: "comment peux-tu être heureuse avec ce qu'il se passe autour de toi" ?
C'est un sujet fort intéressant M'dame Édel !!!
À titre individuel, cela revient à dire que celui qui est toujours gai et souriant, n'ayant "rien à dire de pathétique" ( parce qu'il le garde pour lui ) n'offre aucun intérêt ...  Donc se faire plaindre permet d'attirer l'attention et attirer l'attention nous permet d'avoir le sentiment d'exister aux yeux des autres...
Question : Pourquoi avons nous tant besoin d'exister aux yeux des autres ? 
Concernant les médias, comment attirer l'attention sans faire appel à nos émotions ? Est-ce possible ? Je ne le crois pas. De là à prétendre que notre vie est basée sur nos émotions il n'y a qu'un pas , car si on analyse un peu nos souvenirs, ce sont ceux qui nous ont procuré des émotions qui reviennent à la surface.  Ça parait évident comme ça .... mais pourquoi est-ce évident ???
Et que personne me réponde : j'ten pose des questions moi ? :D  merci !
Chrissoune a écrit : À titre individuel, cela revient à dire que celui qui est toujours gai et souriant, n'ayant "rien à dire de pathétique" ( parce qu'il le garde pour lui ) n'offre aucun intérêt ...  !


:) Nous avons écrit en même temps
pourquoi alors ce proverbe"pour vivre heureux vivons caché"
Imbattable francou toujours la même !!!!
Peut être par ce que le bonheur fait peur, et qu'il faut le cacher ! :roll:
Voilà ce que j'ai trouvé sur le net concernant l'historique de cette expression :

"Un ami me donna au cours d’une conversation, son interprétation de la Révolution française et ses conséquences. «Pour moi, ça a standardisé tout le monde. Le politiquement correcte a commencé en France à ce moment là parce que ne pas être solidaire avec le peuple et le mouvement révolutionnaire pouvait te coûter la tête. Les gens ont arrêté de s’exprimer de manière franche en public. C’est pour ça qu’on utilise beaucoup l’expression Pour vivre heureux, vivons cachés. Ceux qui n’étaient pas d’accord avec la Terreur se parlaient en petit comité, à huis clos. Et ça continue aujourd’hui», exprima-t-il.

Mais je crois que ce n'est pas vraiment le sujet.
Françou qui te dit qu'on a envie d'être heureux en fait ?
On veut peut-être simplement se complaire dans notre fange .
Je te raconterai bien ma vie, pour te donner deux exemple similaires au départ et diamétralement opposés quand au ressenti puisque les faits (le vécu) étaient identiques mais je ne le ferai pas.
Simplement une personne nous a bassiné avec ses gérémiades et ses pleurnicherie toute sa vie et l'autre n'a toujours parlé que des bons moments que lui a donné la vie. De ses fous rires, de ses petits bonheurs au quotidien...

Cherchez l'erreur :mrgreen:  
Chrissoune a écrit : Voilà ce que j'ai trouvé sur le net concernant l'historique de cette expression :

"Un ami me donna au cours d’une conversation, son interprétation de la Révolution française et ses conséquences. «Pour moi, ça a standardisé tout le monde. Le politiquement correcte a commencé en France à ce moment là parce que ne pas être solidaire avec le peuple et le mouvement révolutionnaire pouvait te coûter la tête. Les gens ont arrêté de s’exprimer de manière franche en public. C’est pour ça qu’on utilise beaucoup l’expression Pour vivre heureux, vivons cachés. Ceux qui n’étaient pas d’accord avec la Terreur se parlaient en petit comité, à huis clos. Et ça continue aujourd’hui», exprima-t-il.

Mais je crois que ce n'est pas vraiment le sujet.

tu as raison  chrissoune , pas le sujet quoique  :!:
s'exprimer de maniere franche et directe en public de nos jours , on ne coupe plus les tétes ,juste la parole   :mrgreen:  
Chrissoune a écrit : Le politiquement correcte a commencé en France à ce moment là parce que ne pas être solidaire avec le peuple et le mouvement révolutionnaire pouvait te coûter la tête. Les gens ont arrêté de s’exprimer de manière franche en public. C’est pour ça qu’on utilise beaucoup l’expression Pour vivre heureux, vivons cachés. Ceux qui n’étaient pas d’accord avec la Terreur se parlaient en petit comité, à huis clos. Et ça continue aujourd’hui», exprima-t-il.

Mais je crois que ce n'est pas vraiment le sujet.

On s'en fout que ce soit hors sujet, c'est sympa de savoir et je me dis que je suis bien contente d'être né post-révolution car j'aurai fait comme Marie-Antoinette, je me la serais mise sous le bras (la tête !!!!  :mrgreen:
isabelle a écrit : Et a contrario oser dire qu'on est heureux et  que la vie est belle est souvent percu comme indécent. On entend alors: "comment peux-tu être heureuse avec ce qu'il se passe autour de toi" ?


Ah oui, j'oubliais, et se faire traiter de "bisounours"
C'est vrai ça "Bisounours" c'est un terme très à la mode pour un dessin animé trépassè :D
Bonsoir tout le monde.

En fait, il me semble ( je donne juste mon avis) que l'on dit : ''Pour vivre heureux vivons cachés''..., afin de ne pas faire d'envieux , ni de jaloux ......On cache'' NOTRE bohneur''.
Et cela reste dans le sujet je pense (oui oui ça m'arrive :lol: )..
Car ce sont ceux là , les ''PATHOS'' qui nous traiteraient de BISOUNOURS :!: :mrgreen:
Oui c'est bien dans le sujet et lorsqu'une personne ne laisse pas paraître du désespoir elle en devient presque suspecte 

C'est vrai que l'adage "pour vivre heureux vivons cachés" ne peut s'appliquer pour toutes les catégories de personnes ;) 
Il y a la vie : complexe, mouvante, chargée de faits, positifs ou négatifs.
Et puis il y a l'homme, qui se promène dans la vie.
Il peut passer, indifférent, refusant de voir, de subir. Mais, tôt ou tard, il prend de plein fouet des faits, positifs ou négatifs, qu'il n'a pas pu éviter. Et là, il est désarmé.
Il peut se contenter du minimum, pas trop fort, pas trop dérangeant, en priant pour que rien de plus grave ne le rejoigne. mais quand le grave arrive !
Il peut aussi prendre la vie à pleines mains, et assumer, au fur et à mesure, le bon, qu'il dégustera, et le moins bon, qu'il pansera.
Et il y a les ressentis.
De toutes façons, quoi qu'on veuille, quoi qu'on dise, ou ne dise pas, ils sont là.
On peut alors éviter de les regarder, fixer son regard ailleurs, ça passera. Peut-être. Pourvu que cela ne resurgisse pas un jour ! Car ce qui a été enkysté est beaucoup plus dur à soigner, quand ça se réveille.
On peut aussi, autant qu'on le peut, les regarder en face. A condition d'avoir soin de toujours aller vers le mieux, pas de stagner, pas de s'enfoncer.
Tout cela est d'abord valable pour soi.
D'abord être capable de se regarder soi, avec lucidité, mais avec indulgence. C'est la première étape, incontournable.
Et c'est ensuite valable pour les autres. Etre présent à eux, si, et quand on le peut, et tenter dans la mesure du possible de faire du bien.
Bref, s'ouvrir à soi d'abord, et ensuite, quand c'est possible, s'ouvrir aux autres.
Et alors là, seulement là, on ira bien.

Sinon, comme Dany Boon, on sera condamné à répéter :
"Je vais bien, tout va bien. Je me plais, tout me plait. Je ne vois pas pourquoi ça n'irait pas." 
Sans, au fond, y croire ....