Le bonheur aurait suffi à faire de moi un être servile
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Georges Brassens


 22 octobre 1921 / 29 octobre 1981,
est un poète auteur-compositeur-interprète français.

Il est apparu après la fin de la dernière guerre, dans une période d’espérance et de reconstruction positive.

Toujours en retrait par rapport à tout ce qui brille et poussé par ses proches, il se
« manifeste », transpirant, devant un public clairsemé …

Mais l’intérêt de l’auditoire, va aller en s’amplifiant, la qualité des textes résonnent
irrésistiblement dans les consciences.



Il serait impossible pour lui ou d’autres « trublions » d’émerger actuellement à la connaissance du public.

Les temps se sont durcis, le domaine des idées est maintenant jugulé.
Il est devenu impossible d’émettre des idées discordantes par rapport à la parole officielle reléguée par la presse, les télévisions et les penseurs orthodoxes qui sont appelés à intervenir là où ils veulent ou on veut, quand ils le désirent.







https://www.youtube.com/watch?v=Qgm9oy5ZPwk





C'était l'oncle Martin, c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons
Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi, qui n'aimais personne, eh bien, je vis encore
Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
Que vos veuves de guerre ont enfin convolé
Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun
Les étoiles ternies du maréchal Pétain

Maintenant que vos controverses se sont tues
Qu'on s'est bien partagé les cordes des pendus
Maintenant que John Bull nous boude, maintenant
Que c'en est fini des querelles d'Allemand
Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain

Qu'ils se soucient de vos batailles presque autant
Que l'on se souciait des guerres de Cent Ans
On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité
En dépit de ces souvenirs qu'on commémor'
Des flammes qu'on ranime aux monuments aux Morts
Des vainqueurs, des vaincus, des autres et de vous
Révérence parler, tout le monde s'en fout

La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits
Elles ne font plus beaucoup d'ombre, vos deux croix
Et, petit à petit, vous voilà devenus
L'Arc de Triomphe en moins, des soldats inconnus
Maintenant, j'en suis sûr, chers malheureux tontons
Vous, l'ami des Tommies, vous, l'ami des Teutons
Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
C'est vous qui chanteriez la chanson que voici
Chanteriez, en trinquant ensemble à vos santés
Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées

Des idées comme ça, qui viennent et qui font
Trois petits tours, trois petits morts, et puis s'en vont
Qu'aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Qu'il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas
Que prendre, sur-le-champ, l'ennemi comme il vient
C'est de la bouillie pour les chats et pour les chiens
Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami
Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main

Mieux vaut toujours remettre une salve à demain
Que les seuls généraux qu'on doit suivre aux talons
Ce sont les généraux des p'tits soldats de plomb
Ainsi, chanteriez-vous tous les deux en suivant
Malbrough qui va-t-en guerre au pays des enfants
O vous, qui prenez aujourd'hui la clé des cieux
Vous, les heureux coquins qui, ce soir, verrez Dieu
Quand vous rencontrerez mes deux oncles, là-bas
Offrez-leur de ma part ces "Ne m'oubliez pas"
Ces deux myosotis fleuris dans mon jardin
Un p'tit forget me not pour mon oncle Martin
Un p'tit vergiss mein nicht pour mon oncle Gaston
Pauvre ami des Tommies, pauvre ami des Teutons

...

Amateurs de l’ami Georges, qui vous manifestez sur ce site, vous avez toute ma sympathie fraternelle.





...
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Ma préférée:
LE GORILLE
C’est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu’en-dira-t-on
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que rigoureusement ma mère
M’a défendu de nommer ici.
Gare au gorille!

Tout à coup, la prison bien close,
Où vivait le bel animal,
S’ouvre on ne sait pourquoi 
(Je suppose qu’on avait dû la fermer mal)
Le singe, en sortant de sa cage,
Dit "C’est aujourd’hui que je le perds!"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j’espère!
Gare au gorille!

Le patron de la ménagerie
Criait éperdu "Nom de nom!
C’est assommant car le gorille
N’a jamais connu de guenon!"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau
Au lieu de profiter de la chance
Elle fit feu des deux fuseaux!
Gare au gorille

Celles-là même qui naguère
Le couvaient d’un œil décidé
Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère
De la suite dans les idées
D’autant plus vaine était leur crainte
Que le gorille est un luron
Supérieur à l’homme dans l’étreinte,
Bien des femmes vous le diront!
Gare au gorille!

Tout le monde se précipite
Hors d’atteinte du singe en rut,
Sauf une vieille décrépite
Et un jeune juge en bois brut.
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat!
Gare au gorille!

"Bah! Soupirait la centenaire,
Qu’on pût encore me désirer
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré!"
Le juge  pensait, impassible
"Qu’on me prenne pour une guenon,
C’est complètement impossible"
La suite lui prouva que non!
Gare au gorille!

Supposez qu’un de vous puisse être
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux?
Qu’une alternative pareille,
Un de ces quatre jours m’échoie
C’est, j’en suis convaincu, la vieille
Qui fera l’objet de mon choix !
Gare au gorille !

Mais par malheur, si le gorille
Aux jeux de l’amour vaut son prix,
On sait qu’en revanche il ne brille
Ni par le goût ni par l’esprit.
Lors, au lieu d’opter pour la vieille
Comme aurait fait n’importe qui,
Il saisit le juge à l’oreille
Et l’entraîna dans un maquis!
Gare au gorille

La suite serait délectable,
Malheureusement je ne peux
Pas la dire et c’est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu
Car le juge, au moment suprême,
Criait "Maman!" pleurait beaucoup,
Comme l’homme auquel le jour même
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille!
Mirevol,
peut-être est-tu experte, à l’instar de Brassens, dans les juges et dans les gorilles ?

Cette chanson a une connotation finale de condamnation de la peine de mort.

« Car le juge, au moment suprême,
Criait : « Maman ! », pleurait beaucoup,
Comme l’homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou. »

La chanson fut interdite sur les radios françaises et sur Radio Luxembourg.
Il faudra attendre la création de la station Europe 1, en 1955, pour qu'elle soit diffusée sur les ondes.

Par ailleurs, (dixit Wikipedia)  Brassens s'est censuré, en élaguant sa dernière strophe :
« Nous terminerons cette histoire
Par un conseil aux chats-fourrés
Redoutant l’attaque notoire
Qu’un d’eux subit dans des fourrés :
Quand un singe fauteur d'opprob’e
Hante les rues de leur quartier
Ils n’ont qu’à retirer la robe
Ou mieux à changer de métier. »






Je change de registre en présentant Georges Brassens comme un amoureux des femmes, attentif aux compagnes.



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Lui qui fut taxé de personnage grossier et misogyne, par les biens-pensants de tous bords politiques et religieux.


Pourtant, voici sa réponse, elle me trouble et me séduit ... (et qui dira mieux ?) :


Les Passantes 

... un poème d'Antoine Pol qui est parvenu à la notoriété principalement du fait de sa mise en musique par Georges Brassens en 1972 dans l'album Fernande.

Georges Brassens le découvre en 1942 chez un bouquiniste.


Vidéo remarquable :

https://vimeo.com/260306454


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@wanderings : tout à fait d'accord ne jamais se soumettre ni être servile... comme Georges Brassens toujours dénoncer l'hypocrisie, le mariage, la bourgeoisie, les chats-fourrés, la peine de mort etc....Combat quotidien difficile à mener car on est très seul ...
Une jolie interview et une chanson émouvante:

https://www.dailymotion.com/video/xt29y
Un bien beau forum que celui-ci.

De Brassens, je n'ai retenu que sa poésie, et son goufre de savoir poétique.

Je ne saurais dire laquelle de ses chansons je préfère, je crois bien que je les aime toutes.
comme je suis poéte je vais mettre un des miens

l'amour donne des ailes c'est pour cela que j'ai le dos brisé
j'ai pris de l'altitude sans me voir envolé puis je suis retombée
je suis retomber sur le cul et c'est pour ça que j'ai le dos brisé
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Wanderings  a créé ce forum le 19.04.2016, il l’a posé malicieusement,
puis il s’en est allé vers des contrées où « la brise trop pure ferait éclater nos poumons » …

Il est devenu  « ancien membre », une sorte de spectre sympa qui veille indulgent sur son enfant, ce forum .

Je l’ai tiré des souvenirs perdus.


Oui, qu’il est beau ce forum !­

Chère Roselune, tu es poétesse, puisque tu le dis, mais n’essayes pas de l’occire, ce forum par tes écrits, certes de grande qualité, mais qui ont le démérite de venir après ceux de Georges Brassens, car l’équipe des premiers secours est déjà en place ...





Et puis, la concurrence est sans pitié ...


Hé! Dieu! Si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle,
Et à bonnes mœurs dédié,
J'eusse maison et couche molle!
Mais quoi! Je fuyaie l'école,
Comme fait le mauvais enfant.
En écrivant cette parole,
À peu que le cœur ne me fend
.
François Villon



"L'accouchement est douloureux.
Heureusement, la femme tient la main de l'homme. Ainsi, il souffre moins. »
Pierre Desproges

« Il n'y a qu'une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse. »
François Rabelais

“L'encre des billets doux pâlit vite entre les feuillets des livres de cuisine. »
Georges Brassens



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Georges Brassens - A Mireille dit "Petit verglas"

https://www.youtube.com/watch?v=TCmdOwXCdb4


Clic gauche sur les photos pour les agrandir :arrow: :idea:
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Tout reste à dire sur ce tendre poète réfractaire ... écoutons-le... :arrow: :idea: :)


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Commentaire lu sur le site analysebrassens.com

"Brassens a utilisé deux fois la même mélodie, d'abord sur le poème d'Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux, puis sur celui de Francis Jammes, La prière.

Il s'en est expliqué dans une interview où il raconte qu'au XIXème siècle circulaient des mélodies de base (un peu comme pour le blues en jazz) sur lesquels les chanteurs pouvaient faire coller les paroles qu'ils avaient composées. Ces mélodies passe-partout s'appelaient des "timbres".
Les timbres ont été utilisés jusque dans les années 50 en France, notamment par les chansonniers du Grenier de Montmartre (sur Paris Inter) qui écrivaient ou même improvisaient des couplets d'actualité sur des airs standards, dont le public reprenait les refrains.

Mais voyant que ce qu'il avait cherché à ressusciter était mal compris, ("Qui c'est ce flemmard qui nous sert deux chansons sur le même air?") Brassens ne renouvela pas l'expérience."
Continuons avec Brassens et ses influences musicales , avec ce très beau blog :

http://www.dialogus2.org/BRA/lacomposit ... cales.html
merci Pascaldu92 pour ce blog très atypique... il permet surtout d'échapper à la réalité et au quotidien... je croyais qu'on ne pouvait pas revenir sur le passé... mais j'avais oublié qu'on vit une époque formidable grâce au virtuel. Que Mathieu puisse dialoguer avec Georges quelle chance.....