Bonjour Oui ! J'ai parcouru ces différents sites de l'ile La Réunion en long et en large pour une recherche en endemiologie Hélas, c'était purement virtuel : seulement sur les cartes du BRGM à Orléans.Surprise-Surprise : j'en connais au moins une qui va écarquiller.Patience. Je vais passer en Prémium et je fournirai les détails à ce moment là. TJC.
Ah bonjour TJC. Oui, il y a deux dames réunionnaises actives sur le site, il y en a plus en réalité et celles-là je les rencontre sur le terrain mais pas sur le site. Bref, j'ai laissé à Titiane le loisir de te répondre en premier car c'est elle qui aurait pu être interpellée en premier pour plusieurs raisons, la première c'est qu'elle est native de la Réunion. Bref, je prends la place :
L'endemiologie, diantre, késaco : Bon, je traduis en deux mots : étude des maladies endémiques...
Des maladies endémiques, certes nous en avons, mais il y a aussi des maladies endémiques dans certaines régions de France et du monde.
TJC, dis-moi, maintenant que le sujet est lancé, ce qu'il t'En souvient, de cette visite "virtuelle" ah voilà enfin l'occasion de bien employer ce mot que tout le monde a à la bouche et sous la plume à tort et à travers ; cette étude, disais-tu , tu l'avais faite dans un centre spécialisé d'études à distance donc à partir de documents cartographiques, et d'études sanitaires faites sur le terrain. Voilà qui est passionnant. Oui, certes nous avons dans notre île tropicale proche de l'Afrique et de Madagascar, île à climats et altitudes et végétations et accessibilités variés, des maladies que l'on peut appeler endémiques, et notre île dans sa globalité est aussi sujette que d'autres îles isolées et davantage que d'autres régions françaises mêmes tropicales, à certaines maladies. Mais je te laisse la parole sur le sujet que tu connais mieux que moi.
Merci pour le sujet et à demain, quoique je puisse te lire avant.
Bonjour Amélie je vous fournis tout de suite le thème de l'étude endémiologique c'est.........LE GOITRE ENDEMIQUE !! Pendant des années, j'ai travaillé sur ce problème en métropole. Pour la Réunion,interpellé parce que je trouvais suspecte une étude de l'académie de Aix-Marseille J'ai un gros dossiers sur une autre cause beaucoup logique Je vais me renseigner sur la structure universitaire à la Réunion A bientôt et bonne journée pour vous TJC
Bonjour TJC. C'était il y a combien d'années ? 40 ? 50 ans ?
Je ne suis à la Réunion que depuis 23 années. Je n'en ai jamais vu ni à Salazie ni à Mafate. Ce devait être devenu aussi rare que la peste car je n'ai vu un pestiféré dans la rue qu'une seule fois et c'était à St-Paul. C'est aussi visible à 5 mètres le goitre endémique que la peste !!! Dans les cirques, les carences en iode étaient courantes , surtout pour une population qui ne peut se déplacer ET QUI ne dispose pas de pharmacie ni de médecin et là je pense particulièrement à MAFATE. De plus, la nourriture au manioc favorisait le goitre endémique et il y a longtemps qu'on ne se nourrit plus au manioc (mais tout de même j'aime bien les gâteaux aux manioc) . C'était la nourriture essentielle des esclaves et je peux supposer que la paresse que les colons leur attribuait venait certainement déjà des carences nutritionnelles de leur alimentation et des maladies qui en découlaient ; la petite part de marrons , anciennement esclave, devait elle-même dans les cirques, leur refuge, se nourrir de manioc et souffrir de nombreuses carences. Quand les p'tits blancs ont investi les cirques après 1848, de même ils ont souffert de nombreuses carences. Une amie me disait que, étant originaire de Grand-Bassin, elle n' en n'est sortie qu'à l'âge de 12 ans, et une fois arrivée à la surface, elle découvre un noir, stupeur !, Elle ne savait même pas que la population de l'île était si mélangée , Indiens, Chinois, Cafres, Malgaches, métis, tous cela lui était inconnu. Je ne m'éloigne qu'un peu du sujet . Je veux dire par là que certaines maladies endémiques d'il y a un demi-siècle ne sont plus ou sont infiniment rares, tout simplement parce que les communications se font partout dans l'île et y compris à Mafate (transports quotidiens par hélicoptères) et qu'il y en a d'autres qui ont été là de tout temps et y sont encore. Je ne donne pas un avis de médecin, mais je donne l'avis de quelqu'un de très attentif à ce qui se passe autour d'elle.
Bonjour Amelie Mes documents confirment ce que vous avez écrit Ce sont les chercheurs de Aix- Marseille qui avaient fait le relevé des goitres Montravail porte l"attention sur un autre mécanisme de l'élimination de l'ode Mécanisme provoqué par un usage agricole Je vous préviendrai lorsque je voudrai entrer en contact avec l'Université de la Réunion. Bonne journée A bientôt TJC.
Tout de même TJC, je me demande quel était cet usage agricole, à mon avis abandonné depuis.... mais à quand remonte cette recherche ? 40 ? 50 ? 60 ans ? Ce serait plutôt une culture abandonnée, à mon avis et donc les usages agricoles liés à cette culture aussi.
Des cultures abandonnées ici, on n'entend parler que de ça. L'état s'est fait ici un malin plaisir d'encourager tour à tour des cultures et de les faire abandonner quand elles devenaient juste et à peine productives.
Mais pour que l'on prenne une maladie (liée à un usage agricole) comme endémique il faut qu'il y ait déjà bien plus que la fantaisie de quelques dizaines d'années d'une culture encouragée puis abolie. Il faut déjà presque d'un siècle ou davantage.
Ainsi en France, peut on dire que sont endémiques les maladies neurologiques dont ont eu à souffrir les vignerons retraités et leurs enfants eux-mêmes imprégnés du fait qu'ils ont appartenu à l'époque où l'on sulfatait vignes et arbres fruités avec des produits très nocifs ? Ainsi, mon myo-neurologue m'a demandé quelle était la profession de mon père et c'est tombé pile sur vigneron. Je peux encore dire que la grande vague de suicides de paysans (population très peu encline à la dépression) dans les régions justement proches de la tienne, Tarn, et autour, était due , certes au fait qu'on les avait encouragés vers la culture extensive et industrialisée de semences mutées, mais aussi qu'il employaient des produits extrêmement dangereux ?
Bjr TJC. J'ai parlé à un médecin du goitre endémique. Il avait le temps de m'expliquer et de me préciser le désastre sanitaire de la Réunion avant le ministre Debré, sur qui, certes, on est tombé à bras raccourcis en faisant connaître ces dernières années le sort des "enfants de la Creuse", mais qui tout de même a relevé la Réunion, son île natale, et l'a sortie de son état d'extrême pauvreté et ignorance. Pas de médecin au point que les rares médecins présents sur l'île ont tous été exemptés de services aux armées du fait de leur absolue nécessité ici. L'état de pauvreté de la population était tel que seuls les gens capables d'aller à Madagascar partaient s'y faire soigner. La Grande Ile, jusqu'à son Indépendance , c'est là que les Français prospères vont en cure et villégiature et aussi pour se lancer dans une colonisation proche . L'état de pauvreté de Madagascar aujourd'hui est comparable à celui de la Réunion des années 50, mais il y a tout de même aujourd'hui et il y avait autrefois des services médicaux à Madagascar alors qu'à la Réunion, ils étaient comparativement bien plus rares.
Outre cet état sanitaire et d'isolement assez grave, il y a le terrain volcanique, d'altitude isolée, et alimentaire de la Réunion qui n'apporte pas du tout l'iode nécessaire, alors qu'à Madagascar, il n'y a pas cette particularité géologique et nutritionnelle car le manioc n'a jamais été la première base nutritionnelle mais le riz (partout), les fruits de mer sur les côtes, les produits laitiers dans les terres. Avant même l'indépendance de Madagascar et la décolonisation, les Français rapatriés sur la Réunion vont apporter et implanter massivement la coutume alimentaire du riz et , fait parfaitement paradoxal à la Réunion, l'aliment de base est depuis le riz qui n'est absolument pas produit à la Réunion (les essais de culture ont été désastreux, (mais je me pose les questions suivantes : ont-ils été faits dans les régions où il pleut suffisamment et n'ont-ils pas été découragés par le fait qu'on allait remplacer une bonne partie de la culture canière qui ne demande que peu de main d'oeuvre et rapporte beaucoup - surtout par les subsides d'état - alors que les rizières exigent un travail humain en nombre... ). Il est très rare et je dirais anormal de trouver dans le monde une région qui a pour aliment de base une ressource qu'elle ne produit pas...
Pour comparer la situation d'isolement et de pauvreté dans lequel se rencontrait les malades du goitre endémique et ses conséquences, on peut penser aux régions les plus pauvres et isolées des Alpes dont on parlait comme celle où l'on rencontrait le crétin des Alpes, qui n'était que le malheureux complètement privé d'iode lui aussi dans le milieu où il vit (cette comparaison n'est pas de moi, elle est du médecin qui m'a parlé de ce problème de goitre et de dérèglement thyroïdien extrême). Il est plus jeune que moi, il a dû avoir il y a peu 65 ans. Il n'a pas connu de goitre endémique mais il en a entendu parler comme d'une maladie qui , c'est vrai, a complètement disparu à l'approche des années 60, et à partir du moment où l'état a injecté suffisamment de crédits dans la Réunion, devenue un département d'outre-mer sur lequel se focalisaient des intérêts politiques nouveaux. Mais tout de même, précurseurs sur le terrain même de ce progrès, les conséquences psychologiques et politiques des ravages du cyclone Feringa (en 48) vont encourager une politique de l'habitat en dur, et les petites cases "cube béton" des années 50 vont ouvrir un temps nouveau, celui des petites gens, désormais à l'abri pour de bon, et qui vont de ce fait, pouvoir se consacrer à une amélioration durable de leur niveau de vie et de santé et celui de l'exode des jeunes des cirques vers les villes, là où il y a médecine et pharmacie, école et ouverture sur le monde.
Bonjour Amélie je n'ai rien à ajouter à votre exposé très complet Votre historique m'a appris énormément de choses Mes relevés sur la Réunion sont encore dans le grenier ! Une aidante va monter les chercher. Je ne suis pas sûr de pouvoir rédiger le texte moi-même: je le communiquerai,alors, à l'Université de la Réunion pour servir de sujet de thèse pour un étudiant doctorant Merci vivement TJC
Bonjour TJC.
Heureuse de trouver ton commentaire. N'oublie pas que je suis capable de rédiger et que je peux le faire à partir d'une dictée sur skype. Dictée assez lente, certes, mais je peux envoyer le texte à relire et à recorriger oralement et ainsi de suite.
Je ne pense pas (mais ce n'est qu'un apriori) que cela serve à une thèse aujourd'hui. C'est trop ancien et il n'y a plus de goitre endémique et les cas de peste (plus fréquents aussi il y a une soixantaine d'années) doivent se compter aujourd'hui sur les doigts d'une main (et encore, le plus souvent on les évacue à Paris, comme les rares qui subsistent encore dans nos territoires tropicaux) ... Heureusement qu'on arrive à éradiquer des maladies anciennes.
Il y a des maladies endémiques d'aujourd'hui qui tracassent bien plus, ne serait-ce que parce qu'elles sont justement tellement ciblées sur des territoires insulaires restreints qu'aucun laboratoire ne mettrait des fonds dans une recherche (je pense au chikungunya , à la dengue). La santé naturelle et la mémoire populaire sont alors d'un grand secours. Ainsi s'est-on rappelé du noni pour le chikungunya... Mais à Tahiti, la boisson au noni se boit à tous les coins de rue. Mais encore, les Américains eux se sont empressés de faire des pilules au noni pour les îles du Pacifique où ils avaient des bases militaires ... mais hélas les médecins ne savent pas et n'osent pas soigner avec les moyens des tisaneurs et guérisseurs du cru. Et cependant, c'est en cherchant dans des vieux papiers de plusieurs siècles qu'un médecin de Pont Saint-Esprit avait fini par comprendre que la folie suicidaire du village venait de la farine du boulanger... .
Aussi, qui sait, ta recherche servirait-elle un chercheur, un étudiant, à étayer une thèse, un ressource thérapeutique contre une maladie venant d'un dérèglement thyroïdien.