"Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort. C'était une connerie. Du moins dans son acception banale et contemporaine. Au quotidien, la souffrance n'endurcit pas. Elle use. Fragilise. Affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, vibrante, délicate. En cas de choc, elle reste meurtrie, marquée, hantée."
Jean-Christophe Grangé, Le Passager
[Je pense exactement la même chose : nous sommes souvent le résultat de nos souffrances. Ce qui ne signifie pas que devons cesser de nous battre et de faire face, mais M. Superman n'est qu'une illusion.]
Oui, on est "faits" de nos traumatismes, y compris intra-utérins, de nos échecs et de nos épreuves ; apprendre à les surmonter nous permet de nous armer contre d'autres frustrations indésirables, mais quand le cuir devient trop épais, on perd la sensibilté, une partie de notre fragilité, de cette perméabilité qui nous laissse "ouverts" au monde et aux autres. Je crois qu'il vaut mieux accepter la souffrance que de se "blinder" pour ne pas la subir, et quand il m'arrive de faire connaissance avec quelqu'un je ne me demande pas "quelle est ta force?" mais "quelle est ta faiblesse ?", parce que c'est "Toi" !
Pas moi, non.

Oui, je suis "blindé".

Et j'en suis bien content.

On a une relation plus que fusionnelle, qui dure (très bien), pendant plusieurs années, et l'on perd la personne (crabe).

On a deux choix: On se flingue, ou on se blinde.

J'ai lâchement opté pour le second.

Cela permet, au passage, d'éviter d'avoir a "régler des comptes" :wink:

On est plus cool, avec le cœur un poil plus dur.

Mais, je reste bien-sûr un indécrottable romantique. Juste qu'au fond de moi, c'est sans doute un peu mort ...

Bon, allez, bonne humeur, quand même.
:)
Tout ce que je lis au sujet de ce thème est particulièrement intéressant... Ressortir plus fort/e des épreuves : oui complètement ! (c'est en tous cas mon avis) et sans être pour autant aigri/e ou trop endurci/e ...(au contraire je trouve même que cela favorise plutôt l'empathie)...
( vigilance/vigilance à cet égard en même temps est fondamentale /avoir un double-regard sur soi-même en quelque sorte :wink: )

Ceci dit, j'ai eu la chance d'évoluer dans un contexte (familial notamment) où l'on trouve que dans tout mal, il y a un bien (cette façon de voir est carrément aidante et permet notamment de rebondir sur des situations d'apparence difficile)...

Question donc de philosophie perso et d'équilibre psycho-affectif...


En tous cas, merci à l'initiateur du thread pour cet excellent sujet...

Et bonne continuation à tous !

zzzzz Blue.JPG
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Tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort
C'est souvent ce qu'on entend des footballeurs quand ils s'essayent à la philosophie .
Ce qui est gênant , c'est le "tout".
Entre le fait d’être plus fort , et celui d’être mort , il y a le fait d’être assomé , plus ou moins longtemps .
On en sait tous quelque chose ici .
On peut le croire quand on se sort d'une épreuve et puis l'armure se fendille lamentablement dès lors que l'on est confronté à la prochaine épreuve.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort, c'est peut-être vrai pour les uns et pas pour les autres ?
Il faut continuer à aimer .
C'est la seule issue .






"Meme un poisson rouge ?"

" Oui "
Bonsoir,

aimer, anagramme de marie !

Pour que je sois plus forte, j'ai besoin d'être aimée. Là je peux déplacer des montagnes.

Aimer, sans espoir ou sans retour ne rend pas plus fort.

Un poisson rouge ? et le crabe .......... Non, non et encore non. Peut être que le détester est une forme d'amour ?
Epidomie a écrit : On peut le croire quand on se sort d'une épreuve et puis l'armure se fendille lamentablement dès lors que l'on est confronté à la prochaine épreuve.

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort, c'est peut-être vrai pour les uns et pas pour les autres ?


Bien sûr @ Epidomie :) J'ai tjrs trouvé que cette affirmation était limite indécente. Presque une connotation religieuse. Une bien-pensance. ^^
Je préfère imaginer le plus drôle.... un sketch à la Coluche qui dirait : "Habituez-vous aux coups, c'est la meilleure façon de ne plus les sentir".
Mais de quelle gravité d' épreuve s'agit-il ? Pour quel individu ? dont on ne connait rien de la construction affective, familiale et éducative. Si certains s'en sortent plus affirmés, fiers de le proclamer (j'ai du caractère et de la volonté, moi :wink: ) d'autres n'en finissent jamais de boire la tasse. Et nul n'est à blâmer car on ne fait jamais qu'avec les moyens et les possibilités que l'on nous a transmis.
Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ?
Oui peut-être...
Mais ce n'est pas ce que pensent les chats échaudés, qui craignent l'eau froide.
D'après ce qu'on m'a raconté. (je ne suis pas trop chat, je suis plutôt chien.)
ben moi je suis entièrement d'accord avec Grangié.

Car il ne dit pas que "tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort" !!!!
Il rajoute :
" c'était une connerie "
et .... " Au quotidien la souffrance n’endurcit pas. Elle use, fragilise, affaiblit. L'âme humaine n'est pas un cuir qui se tanne avec les épreuves. C'est une membrane sensible, délicate ........" etc .....

Donc ... oui Grangié (que j'aime beaucoup) a raison.

Notre "cuir" n'est pas si épais que ça !! Bien au contraire .... i
ll est à peine de l'épaisseur d'un "papier à cigarette" ...
mais certainement pas comme une peau de crocodile !!
Et justement ce coté "sensible" .... "délicat" .... parfois à fleur de peau fait toute la différence entre un être ...... commun et .... une personne qui vit, qui vibre (malheureusement parfois trop, trop vite), mais qui... ressent au fond d'elle des sentiments profonds, que ce soit dans le domaine personnel, ou sous d'autres formes ... artistiques par exemple.
Ce qui est difficile ... c'est souvent d'arriver à les exprimer .....
Parfois la timidité, parfois le manque de savoir, parfois ............ simplement la pudeur !!!

Bon ... je m'égare ........... ma pudeur sans doute !!! :roll:
bonne soirée à toutes et tous.
HS
oui, après réflexion .... ma pudeur !!!
ou ma fatigue .
" La souffrance...fragilise..." : on s'en remet ( + ou - bien ), on continue d'avancer,
mais on n'a plus envie de revivre ce qui a fait ( trop ) mal, peut-être parce que l'on sait
que nous n'aurons pas la même énergie pour l'affronter une fois de plus.
On ne sait pas forcément ce que l'on veut vraiment, mais on sait précisément
ce que l'on ne veut plus. Maintenant, de le savoir n'empêche pas certains de recommencer
les mêmes erreurs...j'en sais quelque-chose, mdr.
Donc, je pense qu'elle ne rend pas plus fort, mais plus vigilant, à condition de vouloir voir. :wink:
...

« L'important n'est pas de guérir, mais de vivre avec ses maux »
Albert Camus - Extrait de Le mythe de Sisyphe

... avec les années, on devient plus philosophe, ça aide ...
Lorsque Nietzsche dit que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort , il parle du physique .
De son physique à lui .
C'est de la souffrance qu'il parle ! De la souffrance physique qu'il a subie, sous toutes ses formes, de l'insomnie à la diarrhée, de la diphtérie à la dysenterie, en passant par les hémorroïdes, la constipation et même les flatulences qui lui empoisonnent les narines.
La souffrance morale est toute autre .
cron