Quand la maladie défie la virilité

Quand la maladie défie la virilité

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On évoque souvent les maladies ou mutations pouvant entrainer une altération de la libido chez la femme. On pense au cancer de l’utérus par exemple ou encore à la ménopause. On aborde en revanche beaucoup moins souvent les maux pouvant affecter la vie sexuelle des hommes et par là même leur virilité. Et pourtant, ils sont loin d’être inexistants ! Nous nous pencherons tout d’abord sur les épreuves auxquelles les hommes peuvent être confrontés et qui ont des répercussions sur leur sexualité. Nous verrons en quoi elles peuvent affecter leur virilité et l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et nous nous interrogerons enfin sur la manière de mieux vivre ces épisodes.

 

Ces maux qui défient la virilité

Dans la liste des maux pouvant affecter la vie intime des hommes, on peut d’abord énoncer quelques exemples de maladies : le cancer de la prostate, le plus fréquent chez l’homme, survient après 50 ans et en moyenne autour de 70 ans. C’est un cancer relativement « silencieux » qui peut être prévenu grâce à des contrôles réguliers chez un urologue. Une intervention chirurgicale au niveau de la prostate peut malheureusement entrainer des difficultés d’érection et ne permet plus l’éjaculation. A noter qu’en cas de radiothérapie seule, ces troubles surviennent environ un an après.  Le cancer des testicules est relativement rare et touche des hommes plutôt jeunes. C’est un cancer dont on parle peu et qui pourrait faire l’objet davantage d’attention. Les hommes peuvent le prévenir en palpant régulièrement leurs testicules pour y déceler une grosseur éventuelle. L’ablation du testicule touché est le plus souvent pratiquée et une prothèse proposée. Ce cancer peut entraver la sexualité sur le court terme, et entrainer éventuellement une infertilité. L'hypertension artérielle, plus courante, peut elle aussi avoir des conséquences sur la vie intime car en altérant la souplesse des artères, elle diminue l’irrigation sanguine du tissu érectile. Mais l'origine des troubles sexuels peut également venir du traitement reçu en cas d’hypertension avérée.  

Un homme peut, outre la maladie, être confronté à un phénomène naturel lié au vieillissement : l’andropause.  On estime qu’environ 7% des hommes seraient touchés. Il s'agit d'une chute importante de la production de testostérone (une diminution progressive, de l’ordre de 1% par an à partir de 30 ans est normale, et non pathologique). Cela peut entraîner une diminution de l'intérêt pour la sexualité, des érections moins fréquentes et moins dures, une réduction de la masse musculaire, de la densité osseuse, des sautes d'humeur et moins d'énergie.

 

La virilité masculine et ses multiples facettes

La notion de virilité englobe plusieurs aspects distincts, ce qui la rend particulièrement intéressante à étudier. D’après la définition du Larousse, c’est à la fois : l’ensemble des caractères physiques de l'homme adulte, ce qui constitue le sexe masculin : les attributs de la virilité ; la capacité d'engendrer, la vigueur sexuelle ; et enfin, le courage.

Ce terme renferme donc des paramètres physiques mais aussi psychologiques et moraux. Or certaines maladies auront des répercussions sur la virilité masculine dans son ensemble : physiquement, lorsqu’elles entrainent des « déficits » sexuels et touchent directement à certains attributs masculins, comme la pilosité – en cas de chimio par exemple. L’affaiblissement physique général lié aux traitements administrés portera également un coup à l’image de puissance physique traditionnellement incarnée par l’homme. Psychologiquement, lorsque la maladie amène l’homme à douter face à l’incertitude de l’avenir. C’est l’image conventionnelle de l’homme courageux qui est mise à mal, puisqu’on attend de lui qu’il démontre de la vaillance et une grande force intérieure en toute circonstance. Ces bouleversements liés à la maladie peuvent atteindre profondément sa confiance en lui. Ceci sera d’autant plus vrai pour un homme encore susceptible d’avoir des enfants, la question de la fertilité se posant dans certains cas.  A noter aussi que le malaise sera encore plus grand pour un homme sportif qui prend soin de lui et qui soigne son apparence. Comment accepter l’idée de se voir diminué lorsqu’on a l’habitude de l’effort et d’avoir une bonne résistance physique ? Et comment ne pas trouver injuste d’être touché par la maladie alors qu’on fait tout pour la conjurer via une bonne hygiène de vie ?

 

Repenser sa vie intime

Lorsqu’un homme est ainsi confronté à une dérégulation de sa vie sexuelle, il a souvent du mal à s’exprimer sur un sujet encore considéré comme tabou. Quel dommage ! C’est au contraire une belle opportunité d’ouvrir le dialogue, avec sa partenaire notamment ! D’autant que les femmes font elles aussi, à partir d’un certain âge, face à des bouleversements hormonaux qui les préoccupent. Mais l’interlocuteur privilégié pour ces confidences pourra aussi être un ami proche… Ces soucis durables ou temporaires qui questionnent la virilité pourront ouvrir la voie à une sexualité différente, davantage basée plus sur le partage que sur la performance physique. Ils mèneront peut-être à une redécouverte des corps et de la sensualité, l’amour physique pouvant passer par d’autres chemins que la pénétration… Mais ne nous voilons pas la face : il s’agit souvent d’une mise à l’épreuve pour le couple : il faut savoir se questionner et se réinventer, ce qui peut aussi entrainer des ruptures…Il est aussi important d’exprimer ses doutes et de poser des questions à son médecin, traitant ou spécialiste. Celui-ci pourra changer certaines prescriptions ou proposer un traitement spécifique aux troubles de l'érection.

Avez-vous, vous-même ou votre conjoint, traversé une épreuve de ce type ? Avez-vous pu partager vos doutes avec votre compagne, ou autre tiers ? Et envisagé des alternatives à une « sexualité classique » ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo© Adobe – Auteur : Снежана Кудрявцева

charlotte4575, 15.09.2022