Rester plutôt que rompre

Rester plutôt que rompre

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Si certains n’hésitent pas à divorcer, d’autres préfèrent s’accrocher à leur couple, même s’ils ne sont plus satisfaits de leur relation devenue frustrante, voire décevante. Dans une société qui valorise l’épanouissement personnel, ce choix semble pourtant paradoxal. Quelles sont les raisons qui empêchent beaucoup de couples de franchir le pas ? Creusons un peu.

 

L’amour

Même quand ça va mal, nombreux sont celles et ceux qui espèrent que les choses rentreront dans l’ordre un jour. On se remémore les bons moments du passé, tout ce bout de chemin parcouru ensemble et on peut tenir des années dans cette attente… Chaque amélioration remet à plus tard la décision de séparation. Des thérapies de couple peuvent aider à prendre une décision.  Enfin même si la passion s’est éteinte, beaucoup éprouvent encore des sentiments l’un pour l’autre, ce qui rend encore plus difficile la prise de décision.

 

Les enfants

Les enfants sont la principale raison pour laquelle un couple qui bat de l’aile reste ensemble. Il fera des efforts supplémentaires pour ne pas se séparer, même si, paradoxalement, les enfants sont souvent une source de conflit. Les personnes ayant souffert du divorce de leurs propres parents sont en règle générale encore plus enclin à éviter la séparation. En effet, pour le bien de leurs enfants, de nombreux parents sont prêts à tolérer beaucoup de choses, au sacrifice de leur satisfaction personnelle.

 

Le confort matériel

On évite la rupture pour maintenir son niveau de confort. Il existe 2 cas de figure. Environ 30 % des Françaises déclarent ne pas pouvoir être auto­nomes financièrement. Parmi elles, des femmes de milieu modeste, confrontées au chômage ou à un salaire trop maigre pour s’en sortir seules. Elles choisissent donc de rester même si l’amour n’est plus au rendez-vous. Autre situation : celles qui vivent aux crochets de leur mari, qui jouent les parfaites femmes d’intérieur, s’occupent des enfants, et bénéficient en échange d’un train de vie très confortable. Dans une société qui leur offre l’opportunité de réussir par elles-mêmes, dommage que ces femmes  « entretenues » soient souvent regardées d’un mauvais œil.

 

Le poids de la société

Nombreuses sont les personnes qui s’inscrivent encore dans un modèle de couple traditionnel, qui veut qu’une fois marié, on assume et on ne se sépare pas. D’autre part, même lorsque la séparation est sereine, certaines personnes redoutent de perdre leur cercle relationnel car, bien souvent, les couples sortent entre couples. Devenues célibataires, elles sont vite considérées comme un danger potentiel et les amis les écartent parfois. Il y a donc une angoisse de perdre son appartenance sociale. Enfin, notons que la société actuelle est encore faite pour les couples, qui symbolisent stabilité et sécurité. Exemple : vous obtiendrez beaucoup plus facilement un prêt auprès de votre banquier si vous vous présentez à deux.

 

Après 20, 30, 40 années de vie commune, pas évident de lâcher sa zone de confort. Rompre fait peur car c’est aller vers l’inconnu ! Ainsi, beaucoup préfèrent rester « mal accompagnés » que seuls et se contentent du côté sécurisant du couple, quand bien même l’enthousiasme des débuts s’est évanoui… 

 

 

Quelques conseils

Ce n’est pas parce qu’on se pose des questions qu’il faut choisir immédiatement de rompre. Le simple fait de communiquer au sein de couple peut le faire évoluer, surtout lorsqu’il s’agit de problèmes liés au sexe (voir l’article de magazine « Parler de sexe dans le couple ». ) De plus, d’après les experts, il s’agit d’un long processus : entre le moment où on réalise qu’on est insatisfait dans son couple et celui où l’on décide de se séparer, près de cinq années peuvent passer, en moyenne.  L’important dans ces situations consiste à être honnête avec soi-même. Si on reconnaît que ses besoins affectifs, sexuels ou amoureux ne sont pas comblés, mais qu’on sait qu’on veut rester dans la relation pour une raison ou une autre, c’est qu’on n’est pas prêt à se séparer. Si néanmoins, la cohabitation, l’intimité devient insupportable, il ne faut alors pas hésiter et envisager une séparation pour le bien de tous (y compris celui des enfants).

 

La séparation est un choix très personnel. Sauf en cas de violence ou de toxicité dans le couple, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises raisons de rompre ou de continuer sa relation. Tout dépend de chaque individu. Ne jugeons pas les couples autour de nous qui se séparent ou qui poursuivent leur vie conjugale.

 

N’hésitez pas à nous faire partager votre expérience ou bien votre avis en commentant cet article !

 

 

Photo © Adobe – Auteur : Roman Stetsyk 

Betty_Nelly, 30.01.2020

ami_bruno
1 | 31.01.2020 15:18

L'image du couple s'est grandement effrité au fil des années , nous devons faire face aux unions de faits de plus en plus ce qui implique que les intérêts priment de plus en plus . Alors la séparation fait maintenant partie de nos vies . Chacun jugera selon ses croyances .La séparation est acceptée lors de différents important mais n'abusons pas , le jardin du voisin semble souvent plus vert qu'il ne l'est ...

Doremy
2 | 31.01.2020 07:07

La SOLITUDE à deux , n'est -elle pas pire ,et ce n'est sûrement pas seulement un aspect , c'est bien une réalité , sans parler du conflit permanent , de la violence verbale ou pire parfois ... c'est la descente aux enfers petit à petit , avec l'emprise psychologique ,les menaces , comment peut on prendre du plaisir à rester pour un aspect financier ou un " confort "illusoire ...
Cela s'appelle survivre .... Car la peur de partir est sûrement plus forte .....
Comment espérer que. les choses s'arrangent ... avec des illusions ,cela ne durera qu'un temps ....bref ( faut dire que tous ne se marient pas uniquement par amour ..... c'est là , l'histoire au final....

AMELIE97
3 | 31.01.2020 04:51

Comme Mayah, je remarque les formules dépréciatives utilisées pour les femmes au foyer. N'oublions pas la totale dépendance économique de la femme jusqu'aux dernières lois des années 80 (qui, c'est un fait, n'ont pas toujours été appliquées par les maris qui avaient droit de totale gestion des biens et revenus de leur femme, et qui ont bien servi leur propre intérêt pour leur propre entreprise), n'oublions pas (cela ne se dit pas très fort et pourtant ! ) qu'actuellement encore des enfants héritiers et des épouses se battent en procès interminables à l'issue de la découverte , souvent chez le notaire, à l'occasion du décès de leur époux remarié, de la spolation de leurs biens qui étaient passés dans l'actif de leur époux...).Sans ces extrêmes (peut-on parler d'extrême, quand on sait pertinemment que nos mères n'ont pas divorcé parce qu'elles savaient qu'elles n'auraient rien alors qu'elles avaient trimé comme des boeufs et que surtout elles voulaient nous conserver notre patrimoine à nous les enfants, surtout dans le petit monde paysan issu des travailleurs à bras du début du XXe siècle !!!), on peut dire haut et fort qu'une femme au foyer qui se déclare telle (et n'en profite donc pas pour spolier notre système social peu strict) en vaut tout à fait autant et certainement mieux qu'une autre qui aura travaillé , certes, mais consacré peu de temps à ses enfants , qu'elle en vaut bien mieux par sa valeur sacrificielle et sa force de travail toujours occultée.
Quant au divorce en soi, on se marie pour rester marier ; je ne suis absolument pas fière d'avoir divorcé deux fois - 1er mariage 11 années - 2ème mariage 40 années. A chaque fois que la menace s'est fait jour, je me suis toujours dit et j'ai toujours travaillé au "non , je ne divorcerai pas, on ne se marie pas pour divorcer !!!". Si j'ai divorcé, c'est que j'ai senti qu'à un moment, j'allais perdre santé et dignité, que nous allions perdre santé et dignité (époux et enfants et même petits-enfants). Je ne crois aujourd'hui encore que dans le mariage. Et j'y crois tellement que j'ai refusé de me marier au père de ma fille née 4 ans avant mon premier mariage quand son père l'a reconnue quand elle avait 47 ans, parce que le mariage est d'abord une apothéose de l'amour, et que ce n'est pas parce que mon 2ème mariage battait déjà de l'aile au moment de la reconnaissance du père de ma fille que j'allais lui tomber dans les bras (bien sûr quand j'étais fille-mère, j'aurais bien voulu qu'il m'épouse au lieu de s"enfuir mais voilà je n'étais pas un parti intéressant, mais 47 ans plus tard quand il avait besoin d'une infirmière, j'étais devenue très intéressante à ses yeux). Un homme peut être père, une femme peut-être mère, mais le mariage dans notre culture est d'abord une apothéose de l'amour entre deux êtres de tous les temps et quel que soit l'âge, ou la condition physique, et aujourd'hui quel que soit le sexe... enfin...

garance67
3 | 30.01.2020 20:45

Souvent c'est l'aspect "solitude " qui fait hésiter ...autant les femmes que les hommes ! (dont on parle bien peu mais qui sont plus nombreux que l'on pense à être confrontés à cette situation).

solene14
3 | 30.01.2020 18:57

Parfois on n'a pas le choix....la vie ou la mort.....sauver sa vie et celle de son enfant....partir est le mot clé

astres58
3 | 30.01.2020 17:50

bonjour

je pense qu à un moment , faut reprendre sa dignité, et sa fierté

nous le valons bien!

mayah_12
3 | 30.01.2020 17:47

Bouh, je relève 2 vilaines expressions :
" celles qui vivent aux crochets de leur mari, des femmes entretenues ".
Ces femmes font leur part dans le foyer et l'entretiennent ..ce n'est pas faute pourtant de le dire et le redire pour faire valoir ce statut dit de " femme au foyer ".
J'ai toujours été financièrement indépendante, mais j'ai eu l'exemple de ma mère, femme au foyer, mais qui avait des activités en dehors, culturelles et sportives, et qui était le pilier principal dans la maison.
Oui, nous n'avons pas à juger : rester ou rompre, ce choix ne regarde que les personnes concernées.

pimousse
5 | 30.01.2020 15:51

Jai quitté au bout de 36 ans étant devenue inodore incolore transparente… au grand dam de ma famille de mes amis et de mon ex mari …… je suis partie avec ma vieille voiture de 20 ans de ma chienne et avec 100 euro de pension par mois et le RSA.. si c'était a refaire je le referais mais je n'attendrais pas aussi longtemps …. de 7 je suis passée a toute seule et en HLM….. mais au bout d un mois je me suis secouée et je m'y habitue bien … Je pense queje le vaux bien (rires)

Doremy
1 | 30.01.2020 15:49

Bonjour ,
Quelle tristesse : RESTER PLUTÔT QUE ROMPRE !

Étant divorcée moi même , mon histoire que j'ai plus ou moins raconté sur forum...

La peur de rester a été plus forte , que celle de partir ( plus ou moins à l'aventure ) enfin j'avais quand même mûri mon départ pour nous trouver un point de chute ...
Avec une grande valise et mes deux filles sous le bras ( 4 ans et 1ans et demi )sans un sous , des amis m'ont hébergé pendant une quinzaine sur Paris ,de là l'on m'a trouvé sur Toulouse ,un foyer pour femmes et enfants ...( choix entre Rennes et Toulouse ) j'ai choisi le Sud ...
Cela a été le plus beau jour de ma vie , lorsque j'ai débarqué dans ce Foyer ,ou l'on nous attendait ..un soir de Mars 1979 , à 20h , un repas nous attendait ...
De Paris /Toulouse , en train ....

PS : Rien n'aurait pu me retenir , quand c'est fini ,il n'y a plus de pièce à y mettre ..

Je pense que j'aurais fini par tomber malade ( de rester) et de rendre mes enfants malheureux , c'était inconcevable , n'étant pas matérialiste pour un sous ,et ma liberté et celles de mes enfants avait beaucoup plus de valeur à mes yeux ...( que financièrement/ ou autre confort ) quelle horreur , ce genre d'égoïsme ...( c'est vrai , ma force de caractère ,n'y est pas pour rien ,non plus )....