Les tortues : un reptile en voie de disparition

Les tortues : un reptile en voie de disparition

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Terrestres ou marines, les tortues appartiennent à la classe des reptiles. Elles vivent en moyenne 70 ans, certaines espèces même jusqu’à 100 ans. C’est le cas de la tortue surnommée « Georges le solitaire », une des dix espèces de tortues géantes des Galápagos (voir photo de l’article). Malheureusement, les deux types sont actuellement menacés de disparition. Si elles ont survécu au cataclysme tueur de dinosaures, elles risquent de ne pas survivre à l'humanité. Qu’il s’agisse de la destruction de leur habitat, de la présence de prédateurs ou de mauvais traitements, la négligence humaine les mène au bord de l’extinction. Selon une étude menée par Jeffrey Lovich, du centre des sciences biologiques de l’institut d'études géologiques des États-Unis, plus de 60% des 356 espèces de tortues connues dans le monde sont menacées ou ont déjà cessé d’exister, un triste constat. Nous verrons dans cet article quelles sont les raisons et les causes de leur extinction, citerons quelques exemples d’espèces menacées, tenterons de comprendre comment on peut les protéger et aborderons la symbolique des tortues dans les mythes et religions.   

 

Principales causes de la disparition des tortues marines

Il arrive souvent qu’elles se retrouvent dans les filets de pêche ou les palangres. D’après les estimations de WWF (Fonds mondial pour la nature), on compte chaque année des centaines de milliers de tortues marines victimes des captures accidentelles. Par ailleurs, les œufs et les bébés tortues sont la cible des braconniers et des prédateurs. Un bébé tortue a une chance sur 1 000 de survivre. Les sites de nidification diminuent de plus en plus chaque année à cause des constructions de routes et d’habitations. La pollution, entre autres les déchets plastiques, menacent considérablement la viabilité des tortues marines. Autre cas : les tortues carnivores se nourrissent de méduses, et il arrive qu’elles ingèrent des sacs plastiques, les ayant confondu avec la créature marine. Les filets « fantômes » (volontairement laissés ou perdus dans l’océan par des pêcheurs) constituent aussi un danger pour les tortues, car cela peut les empêcher de nager, de se nourrir et même de respirer. Enfin, le réchauffement climatique joue également un rôle, d'autant plus que la détermination sexuelle de certaines espèces dépend des conditions environnementales et qu'un changement peut les perturber.

 

Quelques exemples d’espèces menacées

La Tortue Caret ou Imbriquée est convoitée pour la valeur de sa carapace, utilisée pour faire de l’art décoratif, des bijoux et d’autres produits. Elle est capturée et échangée dans certains endroits tels que les Iles Britanniques, les Iles Caïmans et la République dominicaine. Leur viande est également considérée comme un délice dans de nombreux pays… La Tortue de Kemp est menacée à cause du commerce illégal et du braconnage de ses œufs. La Tortue Verte, qui doit son nom à la couleur de sa peau en raison de son régime à base d’algues marines, vit dans les eaux méditerranéennes, tropicales et subtropicales. Elle aussi est capturée, ou victime de collisions avec des bateaux. La Tortue Luth, qui évolue dans le Pacifique, est menacée d’extinction en raison des accidents avec des filets de pêche et la capture de ses œufs, de l’ingestion de plastiques et la destruction de son habitat. La Tortue Caouanne : en Méditerranée orientale, leur disparition progressive est due à la destruction des côtes, au développement du tourisme et par conséquent, au manque d’endroits privilégiés pour pondre. La Tortue Olivâtre, qui doit son nom à la couleur de sa carapace, est menacée à cause des systèmes de pêche, de la capture de ses œufs et de la mise à mort des spécimens adultes.

 

Comment les protéger ?

Idéalement, pour les protéger du danger d’extinction, nous devrions contrôler les systèmes de pêche, protéger les sites de ponte et leurs lieux d’habitat, pénaliser les déversements de pétrole, contrôler davantage le commerce et le braconnage. Il existe divers programmes de protection, d'élevages conservatoires, de surveillances et protection de plages et sites de ponte. Ces programmes s'appuient sur la constitution de réserves naturelles, la restauration et la protection de réseaux écologiques avec des écoducs (passages fauniques) réservés, et parfois des zones tampon (sorte de ceinture/lisière faisant l'objet d'un projet de conservation). Citons quelques parcs animaliers dédiés aux tortues : La Vallée des Tortues (Pyrénées-Orientales), le Village des tortues (Var) et A cupulatta (Corse-du-Sud).

 

Mythes et religions

En Chine, en Inde ou chez les Amérindiens par exemple, il existe de nombreux mythes ou religions où une tortue cosmogonique contribue à la formation de la Terre. L'aspect ramassé et les quatre pattes fermement plantées dans le sol font de la tortue un cosmophore chargé de « porter le monde ». Sa longévité, bien connue depuis très longtemps, l'associe également à l'immortalité et à la sagesse. Elle détiendrait par ailleurs les secrets du ciel et de la terre. Dans le culte des ancêtres, les Chinois croyaient pouvoir établir une communication avec le monde des morts par le biais des tortues. En Inde, la tortue joue également un rôle important, la tortue Kûrma étant, par exemple, la seconde incarnation de Vishnou sur terre, descendu pour montrer la voie aux hommes et sauver l'humanité.

 

Aimez-vous cet animal ? Avez-vous eu l’occasion de voir certaines espèces terrestres ou marines (pour ceux qui ont la chance de faire de la plongée sous-marine par exemple) ? Vos expériences nous intéressent !

 

 

 Photo © Adobe – Auteur natursports

 

Betty_Nelly, 29.07.2021

AMELIE97
1 | 06.08.2021 09:19

Bonjour Betty-Nelly, Je n'ai pas eu le temps de participer pour un bon bout de temps car je suis venue en métropole précipitamment pour les obsèques de ma soeur. Mais votre article ne m'a pas échappé. Nos énormes tortues terrestres de l'île Bourbon ont disparu depuis fort longtemps . Présentes en nombre considérable au XVIIème siècle - au moment où l'ile déserte a basculé en île colonisée - disparues totalement au XVIIIème siècle. Tuées par les premiers habitants, emportées sur les navires et y constituant un garde-manger vivant, car on peut amputer la tortue longtemps avant qu'elle ne décède, et attaquées par les cochons introduits par les premiers colons et vivant en liberté. Quant aux tortues marines, notre centre de recueil "Kelonia" est à visiter. C'est un beau musée, et un bel abri des tortues soignées et remises à la mer ensuite. De temps en temps, un nageur rencontre une tortue venue brouter l'herbe au fond de certains lagons, ou s'aventurer sur certaines plages inhospitalières (cap La Houssaye) ; elles reviennent petit à petit, ne craignant plus l'homme mais cependant ayant gardé dans leur inconscient immémorial, le souvenir confus d'un prédateur cruel qui ressemble étrangement à son héritier actuel.

toujourscurieux
1 | 31.07.2021 02:42

Le problème général de la conservation de telles ou telles espèces comporte, à mon avis, 1 vice de fond Je me pose 1 question
Supposons que 1 association de Homo Sapiens ait créé 1 "fondation pour la conservation de HomoNeandertal Les générations successives se seraient transmis la patate chaude et je me demande bien ce que nous ferions de quelques Neandertal !! La succession des espèces (je préfère à "l'évolution" qui fait encore débat) est comparable à 1 rivière vous ne décidez pas de conserver à part 1 morceau de la rivière Il y a peut-tre la, de ma part, mon fidèle petit cté anarchiste Je n'ose mème pas vous demander votre avis TJC

onyx30
6 | 29.07.2021 14:44

Bonjour Betty_Nelly,
En ce qui concerne notre territoire français, il arrive parfois de découvrir au cours de promenade en zone rurale, une tortue d' Hermann, et pas mal de gens ignorent que c' est un animal sauvage et protégé par la loi, donc interdit de prélever dans la nature.
L' arrêté du 19 novembre 2007, n'autorise un particulier à conserver un animal, qu'à la seule condition qu' il en était en possession avant cette date, mais à la seule condition, que cette détention soit déclaré aux services de la direction départementale de la protection des populations, donc sans cette déclaration, les détenteurs tombent sous le coup de la loi.
Il m'arrive de temps à autre de croiser ces charmantes petites bêtes sur le territoire dont j'ai la surveillance.
Alors, à tous, si au hasard de vos promenades, il vous arrive d'en croiser, n'y toucher pas, observer les, prenez une photo à l' occasion, mais laisser les vivre leur vie.
Bien cordialement, Onyx30.