La dépression

La dépression

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Un coup de cafard, un moment de mélancolie, une perte d’énergie : cela peut arriver à chacun de nous. Mais lorsque ces périodes deviennent chroniques, qu’une personne se sent profondément abattue, que plus rien ne la motive et qu’elle s’isole de plus en plus, il est fort probable qu’elle soit atteinte de dépression. C’est une pathologie reconnue aussi grave qu’un AVC, que la maladie d’Alzheimer ou qu’un cancer, puisqu’elle peut conduire à la mort. La seule différence est que c’est le patient lui-même qui tente de se suicider (appels au secours) ou se suicide. Alors que le taux de mortalité par suicide augmente en particulier pour deux tranches d’âge (les 45-54 ans et les plus de 75 ans), cette maladie mentale continue pourtant à être stigmatisée et reste taboue.

 

Souffrance et désespoir

La dépression est une souffrance considérable. Les personnes dépressives sont incapables de gérer correctement leurs émotions, leur stress, leurs échecs, leurs tristesses et leurs pertes. C’est une espèce de cercle vicieux où une chose mène à la suivante et où il n’existe plus d’issue. C’est un processus complexe, une spirale qui tire vers le bas. Le patient se fait engloutir par la douleur, d’où les idées suicidaires pour en finir avec ces souffrances. La dépression touche tout le monde et toutes les couches de la société.

 

La dépression n’est pas un délit

La dépression n’est pas quelque chose de honteux, pourtant alors que la personne désespérée aurait tant besoin des autres, ces derniers esquivent dans la plupart des cas. Incompréhension, manque d’intérêt pour une souffrance qui leur échappe ? Difficile d’imaginer et de comprendre jusqu’à quelle profondeur peut aller le désarroi du dépressif si on ne l’a pas vécu soi-même. Il est plus facile de comprendre les souffrances physiques que psychologiques. Pourtant il importe de ménager les gens souffrant de dépression, car si on ne les comprend pas, il est injuste de les condamner ou de les juger. D’ailleurs de peur de gêner voire même de passer pour un « cinglé » auprès de son entourage, le dépressif préfère se replier sur lui-même et encaisser seul sa douleur. Rien de pire et de plus déplacé pour un dépressif que de s’entendre dire : « Positive, la vie est belle », « Remue-toi »,  « Te laisse pas aller » , « Prends-toi en main » ! Il est clair que si le dépressif en était capable, il ne serait pas déprimé !  

 

La dépression chez les personnes âgées

Les changements auxquels doivent faire face les personnes âgées peuvent causer une dépression. En effet, la solitude et l'isolement, un cercle social réduit (décès ou déménagements des amis), une mobilité réduite favorisent l’état dépressif. Par ailleurs les médecins ont tendance à se concentrer sur les problèmes purement physiques et non psychiques. L’absence de buts et d'objectifs dans la vie, se sentir inutile en raison du départ à la retraite ou avoir moins d'activités à cause de problèmes physiques (maladie d’Alzheimer, Parkinson, douleurs chroniques, déclin intellectuel), sont de toute évidence des facteurs déclencheurs. Sans oublier que certains médicaments peuvent également rendre un patient dépressif. Enfin, l’anxiété et le stress engendrés par exemple par des problèmes financiers, ou parce qu’ils ont dû quitter leur maison et qu’ils se retrouvent mal lotis dans un EHPAD, le deuil récent d’un conjoint, d’un ami ou encore la perte d’un animal de compagnie, bref l'absence de tout sentiment heureux ou la peur de la mort sont autant de facteurs qui entretiennent l’état dépressif.

 

Pourquoi cette maladie est-elle encore taboue ?

Les raisons sont variées : par manque d’intérêt pour cette maladie, par manque d’informations ou par peur de cette maladie. Une dépression ne se soigne pas en un jour et il n’existe pas non plus de stratégies infaillibles qui fonctionnent pour tout le monde de la même façon. Chez l’homme dépressif, la dépression est encore plus taboue que pour une femme et chercher de l’aide s’avère plus difficile. En effet, un homme doit être toujours fort ! Les hommes ont plus de peine à avouer qu’ils souffrent de troubles psychiques et préfèrent utiliser le vocable moderne de « burn out » que de dépression…Il y a malheureusement toujours eu dans notre société une stigmatisation importante face aux maladies mentales.

 

Comment se comporter envers un proche atteint de dépression ?

Se renseigner d’abord sur cette maladie avant de la juger. Souligner le courage du patient s’il commence une psychothérapie. L’encourager s’il est tenté d’arrêter. Lui dire que la remontée sera progressive. Être disponible, l’écouter.  Projeter de l’espoir sur l’écran de son imagination, relever ses progrès. Lui proposer pourquoi pas une aide pratique pour les aspects matériels de la vie.

 

C’est un sujet délicat que j’ai choisi aujourd’hui. Un sujet sérieux, inconnu pour certains (tant mieux !) mais un sujet qui fait partie de la vie et qui concerne plus de monde que l’on ne pense. Nous apprécierons d’autant plus vos commentaires sur le sujet.

 

 

Photo © Fotolia – Auteur : hikrcn

Betty_Nelly, 07.06.2018

Betty_Nelly
0 | 20.06.2018 14:38

Merci pour vos nombreux messages et surtout à ceux qui ont eu le courage de parler de leur maladie

AMELIE97
2 | 08.06.2018 08:20

Je passe pour une cinglée. Je le dis et je dis qui le dit. Je vois régulièrement un psychiatre.Je le dis et soit on dit rien soit on tente (même des ami/e/s sincères) de me dissuader de le consulter. Mais parmi ces mêmes ami/e/s, certains ont des discours où revient très souvent le mot 'je mourrai" et autres termes déprimants à lire , à entendre. Je trouve qu'on mélange des aspects différents dans l'article. Par exemple, parler de dépression suicidaire pour un jeune, moins jeune, OK, mais parler de dépression suicidaire pour des gens qui se retrouvent en EHPAD ou n'ont pas du tout envie d'y aller, pour des gens atteints de maladie incurable et difficilement supportable puisqu'elles éloigne de vous les bien portants, qu'elle vous soumet encore plus aux soins débilitants, , je trouve cela exagéré. Il serait bien plus profitable d'aborder le problème de la mort volontaire et sa formation réservée à ceux qui aiment la vie par dessus tout. Et la respectent.

monalyse
2 | 08.06.2018 07:58

La dépression, je la connais bien... elle fait partie de ma vie avec des embellies et deux épisodes dont l’un m’a conduite en hôpital psychiatrique il y a 30 ans. L’horreur...
Après le décès de mon mari, j’ai senti venir le troisième et n’ai pas attendu pour consulter et prendre un traitement. J’ai pris « venlafaxine 37,5 »durant dix ans et l’ai arrêté il y a un an.
Le sevrage s’avère difficile... j’ai dû reprendre une psychothérapie et pourtant j’avais fait une longue psychanalyse. Je ne veux pas reprendre de traitement; trop d’effets secondaires, changements dans ma perception de la vie, des autres, bref... pas vraiment mieux avec que sans.
Je me fais soigner également par acupuncture et, si nécessaire je consulterai un magnétiseur dont on dit le plus grand bien. Je connais bien cette thérapie pour en avoir bénéficier. La personne qui me soignait à cette époque est décédée.
Je partage vos avis quant à la perception de cette maladie par autrui.
Amicalement.

charmati
3 | 08.06.2018 02:52

des déprimes on en a tous et ça arrive souvent, la dépression j'en ai eu une seule dans ma vie et ça ne s'oublie pas, je me rappelle du psy qui m'a prescrit du deroxat+ athymil et c'était miraculeux, seulement les anti-dépresseurs faut attendre 15 jours pour que ça marche et croyez-moi c'était il y a 25 ans et j'avais laissé derrière moi un poids de 100kgs et n'hésitez pas à voir un psychiâtre qui a quand même 3 ans de spécialisation en plus, car c'est facile de vous faire prescrire du prozac mais il y en a des 10zaines d'autres qui seront peut-être mieux adaptés à votre cas. courage, on peut en sortir.

lannavia
6 | 07.06.2018 18:55

Cette descente aux enfers je l ai vécue pendant deux ans et elle m a effectivement emmenée aux portes de la mort. Ne plus manger, ne plus dormir, se couper du monde car l entourage n a rien compris et n a d ailleurs même pas cherché à comprendre. J étais juste jugée comme une femme faible.
Je m en suis sortie grâce à mon médecin traitant qui était également médecin urgentiste du samu.
Mais je suis toujours sur mes gardes car elle est tjs la derrière moi. Je ne sais pas comment l expliquer mais je la sent. Elle m a également laisse des séquelles irréversibles au niveau des neurones parce que ce n est pas seulement une maladie psychologique. La chimie du cerveau est touchée.
Bref, je ne vais pas me plaindre car je suis vivante mais je ne souhaite ça a personne.

lisa172
2 | 07.06.2018 14:26

Dans ma famille en 1mois et demi , deux jeunes hommes qui atteignaient la quarantaine en sont venus à l'acte ultime ........Si le premier (un cousin germain ) n'avait rien laisser préssentir , mais laisser des traces à destinations de beaucoup de proches et gendarmerie , le second (un neveu) avait depuis plus de 10 ans , dans d'anodines discussions avec son père , laisser sous entendre l'efficacité de la méthode de suicide qu'il a mise en oeuvre .
Peut être fréquentons nous des des persones déprimées qui cachent leur mal être
Courage
DL

Elyaneseule
4 | 07.06.2018 14:09

" Des boiteries de l'âme"
La tristesse serait-elle un état originel de l'être humain?
La sombre voix de Pascal disait:
"Rien n'est si insupportable à l'être humain que d'être dans un état de plein repos, sans passions, sans affaires, sans divertissement, sans application.Il sent alors son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent, il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir "
Notre pensée serait-elle indissociable d'une profonde mélancolie?
L'existence nous oblige à l'effort de surmonter ces états qui nous atteignent tous un jour , et demande une réelle volonté vitale à les surmonter.
Seules les tristesses dépressives mènent au rétrécissement sur soi. L'accompagnement, le dialogue, la compréhension des autres peuvent aider à dépasser ces états morbides et destructeurs.
Merci pour ce blog qui peut aider tout un chacun à de vraies réflexions sur la vie et ne pas rester sur des certitudes dépassées.