La procrastination

La procrastination

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Remettre au lendemain ou à plus tard des actions souvent contraignantes que l'on pourrait faire immédiatement, c'est la définition de la procrastination. Dans ce cas-là, trouver les meilleures excuses afin de repousser l'échéance d'une tâche désagréable à réaliser, devient tout un art. La procrastination bien que souvent perçue comme un défaut de caractère, peut aussi apporter des avantages permettant une vie quotidienne moins stressante.

 

 

Les effets négatifs

Parlons un peu de la pathologie de la procrastination. Celle-ci a mauvaise presse. Elle est ressentie par les autres comme une tare. Le milieu professionnel tout comme la vie sociale peuvent être touchés. Dossiers travaillés en dernière minute, tâches de la vie courante reportées au lendemain comme la déclaration d'impôts, les rendez-vous médicaux, les projets en tout genre. Chaque personne a son degré de motivation personnel. L’importance et l’urgence d'un projet peut être ressentie d'une manière différente selon les personnes. Si la procrastination est extrème, il peut y avoir de graves conséquences : Ennuis dans le milieu du travail jusqu'à la perte du travail, dans le milieu familial ou social, perte d'argent à cause d'impots pas déclarés à temps, abonnements dont on a négligé la résiliation. La procrastination peut également entrainer des soucis de santé. Un aspect important est le stress causé par ces retards, la qualité du sommeil s'en ressent, car on ressasse toutes les tâches à faire, celles qui n'ont pas été effectuées dans la journée et dans le passé. On accumule des problèmes qui auraient pu être facilement évités. De plus la réputation peut en souffrir. En effet la personne concernée finit par être considérée comme paresseuse, irresponsable et peu fiable.

 

Comment surmonter la procrastination

Le plupart d'entre nous ne tombent que de temps en temps et dans des domaines bien précis dans la procrastination. Le philosophe John Perry professeur émérite à l'université de Stanford a écrit un essai très remarqué et amusant : „La procrastination. L’art de reporter au lendemain", paru aux éditions Marabout. Il y observe la nature humaine, qui n'est pas si rationnelle que l'on pourrait penser. Souvent le procrastinateur ne s'attaque pas à ce qu'il doit faire, car il attend jusqu'à la dernière minute des conditions idéales. On pourrait presque penser qu'il est un perfectionniste qui s'ignore. John Perry nous donne dans son essai des idées pour combattre le problème qui guette la majorité d'entre nous. Par exemple choisir une musique entrainante pour se donner la pêche, ruser avec l'ordinateur pour ne pas entamer des recherches sous prétexte que l'on veut satisfaire sa curiosité intellectuelle. Si la tâche à accomplir est trop importante, il faudrait la découper en portions plus facilement réalisables et se donner des objectifs réalistes. Se dire que lorsqu'on aura accompli les tâches en attente , on ressentira un profond sentiment de satisfaction. Enfin on devrait se fixer des échéances claires et ne pas hésiter à se récompenser lorsque le projet ou la tâche ont été menés à bien dans les délais.

 

D'où vient la procrastination ?

Mais pour quelles raisons sommes nous les victimes de cette compulsion à remettre au lendemain ? Le philosophe termine son essai en faisant des réflexions sur la nature humaine. La procrastination prouve que "nous sommes mus par un mélange de désirs, de croyances, de pulsions et de caprices. A tout moment, des désirs contradictoires rivalisent pour prendre le contrôle de notre corps et de notre esprit". Par le biais de la procrastination nous nous offrons des plages de liberté, nous refusons inconsciemment d´obéir à des contraintes réductrices. Il faut voir aussi qu'à force d'accomplir des tâches secondaires avant de s'attaquer à l'essentiel, nous sommes finalement très productifs. Sans oublier que souvent remettre au jour suivant un travail sur lequel on peine, peut se révéler très positif, car le lendemain les barrières peuvent être tombées. Cela m'arrive souvent quand j'écris des articles ou ai des problèmes ardus à solutionner. Le jour d´après on voit plus clair et le travail peut se faire en un temps record. Cela console.

Et vous, avez-vous été confrontés à la procrastination ? Augmente ou diminue -t- elle avec l'âge ? Quels sont vos remèdes?

 

Photo © Fotalia -freshidea

 

Betty_Nelly, 06.01.2016

toujourscurieux
1 | 08.01.2016 03:22

Il faut,surtout,considérer la nature du travail à faire et pour commodité,je vais déjà remplacer "pro...tion" par ^^différer^^ plus court;gain d'espace.Thème fixé:nous avons dit"le travail à faire".Réponse:tant pis pour l'ego:je prends un exemple personnel;celui là,je le connais.
Je suis en train de rédiger le manuscrit d'un travail sur une abbaye médiévale supprimée.Question:"supprimée" pourquoi ? Aucun renseignement de l'époque.Il a fallu procéder par ^^probabiltés croissantes^^ en reprenant les habitudes logistiques de l'Ordre.
Je vous épargne la suite technique.
Eh bien,ce travail est le résultat d'innombrables différés.Pour moi,tout au moins,la sédimentation de la pensée,l'accolage des neurones productifs exigent des pauses,encore des pauses et je les sens venir.
Bilan perso:10.000 mercis à la "Pro...truc"
Bravo à Isabelle pour avoir remonté cette précieuse notion.
Il va ètre 5 heures.Paris va s'évéiller.Je vous dis:Bonne fin de nuit.Moi je me remets en ^^ pause^^

utopique
5 | 07.01.2016 13:28

Je dois être la plus grande "procrastinateuse ", ?? de l'Est ! plus je vieillis plus je suis paresseuse et remet au lendemain .....grande fatigue ?sûrement , une certaine liberté retrouvée ? probablement...
Aujourd'hui je règle le vital, l'essentiel , prioritairement .
 Parfois en laissant "traîner" les choses dites " secondaires" des solutions viennent seules et plus besoin de s'en soucier, pour d'autres trop tard ...tant pis .
 J'ai beaucoup de problèmes avec le temps , en général .... je dis toujours je vais faire .... et je manque de temps, je suis beaucoup plus lente et je suis très vite fatiguée .   

Edel13
3 | 07.01.2016 08:58

C'est ma plus belle qualité ^^
 
Procrastiner à l'envie pour les taches ménagères répétitives mais non invasives -quoique ma table de salle à manger, les coffres et le canapé ne seront sûrement pas d'accord avec moi :) 

Je n'avais jamais analysé le truc, mais ça doit être mon côté rebelle qui entraîne cette réaction :) 

Minouchka12
3 | 06.01.2016 22:42

Le fait de procrastiner existait avant qu'on le baptise (car c'est contraignant de faire ce qui ns déplait) mais il faut le faire !
si on le fait illico, c'est libérateur et sinon, surtout si c'est important, c'est pesant, culpabilisant MAIS, parfois, la corvée est évitée, si on attend 1 peu : il n'y a + lieu de..!
quoi qu'il en soit, il me semble que de + en + de gens la pratiquent et même au travail (on espère qu'1 collègue va 's'y coller'!)
en prenant de l'âge, sauf si on est hyper-rigoureux de nature, on procrastine aussi davantage pr ne pas se compliquer la vie...

(@Francou340 : à mon humble avis, vs devez planifier trop de choses à faire le week end et ce, après 1 semaine fatigante ; il faut ra-len-tir
le week-end ! pr recharger les batteries)

Prévoir trop de choses à faire est aussi 1 des causes de la procrastination :
On s'épuise, on se démotive si on n'y prend garde.
L'organisation entre aussi en ligne de compte ainsi que la gestion de son temps qui devient difficile ds nos sociétés avec les attentes multiples et les imprévus qui s'imposent à ns.