Overdose d'informations

Overdose d'informations

12 | 4264 Consultations

Le développement des technologies de la communication donne l’illusion d’une démocratisation de l’information. Dans la société moderne, presque tout le monde a accès à une quantité impressionnante d’informations en tout lieu et à tout moment et est en mesure de les traiter. Même coincé dans des embouteillages ou dans une salle d’attente, vous pouvez en quelques clics accéder à une foule de données depuis votre smartphone, votre tablette ou votre ordinateur portable. Il n’est pas rare que votre interlocuteur vous réponde immédiatement. Une sortie entre amis peut facilement et rapidement se transformer en une séance de visionnage où chacun est absorbé par son écran. Pourtant, la circulation à grande vitesse de l’information pose des problèmes individuels tant au niveau de leur traitement que de leur interprétation.

 

Les limites de l’absorption d‘informations

L’économiste et sociologue américain, Herbert Alexander Simon, prix Nobel d’économie en 1978, a démontré les risques de l’overdose d’informations sur notre capacité à la traiter correctement. En effet, l’assimilation d’une information est un processus cérébral plus ou moins long qui dépend de vos aptitudes individuelles. Souvenez-vous du temps qu’il vous a fallu pour retenir votre table de multiplication, quand il fallait cinq minutes chrono à votre meilleur ami pour tout retenir. Comprendre et mémoriser une information demande de la concentration. Or l’overdose d’informations a un impact direct sur notre faculté à rester attentif. Imaginez qu’à l’époque, vous auriez dû apprendre par cœur votre table de calcul, un poème, une leçon de géographie et d’histoire et ce au même moment. Votre cerveau anormalement sollicité, n’aurait pas retenu pas grand-chose, bien au contraire : il saturerait rapidement, et à force d’être stimulé par l’afflux d’informations, deviendrait complètement inefficace. Le cerveau est un moteur dont la puissance s’amenuise avec l’overdose informationnelle. Une quantité considérable de données est le plus sûr moyen d’entretenir un état de stress permanent.

 

La perte du sens critique

Nous consommons en moyenne des centaines de giga-octets d’informations chaque jour. Et à force de consommation, nous sombrons peu à peu dans une léthargie intellectuelle qui nous fait perdre progressivement notre sens critique. Cette overdose d’informations est telle que des chercheurs en neurosciences comportementales tirent la sonnette d’alarme : bientôt nous ne serons plus en mesure de faire la distinction entre les informations futiles et les informations importantes. Le plus terrible dans cette prévision, c’est que notre cerveau a besoin d’autant de capacités pour traiter des renseignements puérils que pour traiter un renseignement capital. Ainsi, à force d’être noyés dans un flot, non seulement nous perdrons la concentration nécessaire à leur traitement, mais en plus nous deviendrons de plus en plus distraits, incapables de réfléchir par nous-même. En outre, à chaque fois que nous recevons une information via notre courrier électronique ou les réseaux sociaux, notre cerveau, lui, reçoit une giclée de dopamine. Cette nouvelle information attise notre curiosité, nous excite peut-être, et une fois gobée, nous en redemandons encore, nous recherchons alors notre nouvelle dose de dopamine. Certes, vous ne risquez pas de souffrir le martyre en cas de manque, mais lorsque l’on sait qu’il existe des centres de désintoxication spécialisés dans la dépendance des nouvelles technologies, lesquelles véhiculent justement toutes ces précieuses informations, cela laisse songeur.

 

L’overdose d’informations n’est pas une fatalité

Face à ce matraquage, il est possible de garder ou de retrouver le contrôle. D’abord, il vous faut filtrer les informations en les hiérarchisant. Quand nous ouvrons notre journal, nous avons tendance à lire l’article qui nous intéresse le plus avant de prendre connaissance un plus tard des articles qui suscitent le moins notre intérêt. Généralement, entre ces deux moments, il peut s’écouler quelques minutes voire quelques heures, lesquelles ont permis une revitalisation de notre cerveau, lequel va de nouveau emmagasiner efficacement et durablement les informations lorsque nous reprenons la lecture. Bien que les nouvelles technologies, internet et réseaux sociaux éveillent sans arrêt notre curiosité, il suffit d’appliquer cette méthode de bon sens.

Que pensez-vous de ce sujet ? Êtes-vous en état d’overdose ? Si oui, comment luttez-vous ?

 

Photo © Fotalia - Urheber: sdecoret

 

Betty_Nelly, 22.03.2016

Quidam68
0 | 25.03.2016 10:49

Bonjour,

suis de retour sur ce site après une longue réflexion...tout à fait d'accord avec le texte d'introduction et heureusement il nous reste le choix de ne lire que ce qui peut nous "enrichir" et là quel plaisir car l'offre reste vaste! Bon et long we à tous et à toutes.

jaccoulin13
1 | 22.03.2016 23:48

Il y a effectivement un gros malaise par rapport à  l'information. Nos médias ne font plus de l'information, mais de la communication. Les journaux télévisés me sont simplement insuportables. C'est intéressant de zapper sur la BBC pour apprécier la différence, ou de regarder une conférence de presse à l'époque de de Gaulle (ça se trouve sur le site de l'INA).
Il me parait essentiel, mais quelque peu demoralisant je vous l'accorde, d'aller chercher de vrais mais rares journaux, éventuellement sur le net. 

Chlorophylla
3 | 22.03.2016 17:02

Bonjour Isabelle !
Oui, trop d'informations devient nuisible pour l'homme !
Déjà, j'ai viré la télé ... Les infos je les ai par la radio (journal de 5 mn maxi = gain de temps) et j'approfondis éventuellement en consultant le Net (actualités et connaissances tous sujets).
Je n'ai pas de smartphone, mais un tél mobil' (juste pour téléphoner et sms) dont peu de personnes ont le numéro. 
Je lis mes mails quand je suis à la maison ; pas plus, pas mieux que les factures qui arrivent dans la boîte à lettres de La Poste ... 
Résultat : on me bouffe beaucoup moins mon temps si précieux de retraitée !
Elle est pas belle la vie !
Bonne journée.