À la découverte des trains mythiques

À la découverte des trains mythiques

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Nous avons toutes et tous plus que jamais besoin d’évasion en cette période de confinement. Plongeons-nous cette semaine dans l’univers merveilleux des trains de légende et de convois de rêve tels que l’Orient-Express, le Transsibérien, le California Zéphyr ou de lignes de l'extrême, telles que le Rovos Rail en Afrique, le « train des nuages » en Argentine ou encore le Qing-Zang « le train du toit du monde » au Tibet. Nous vous proposons une échappée belle sur quelques-unes de ces routes légendaires aux panoramas époustouflants, jonchées de merveilles naturelles et de terres chargées d'histoire. En voici un aperçu, bon voyage virtuel !

 

L’Orient-Express

L’industriel belge Nagelmackers lança sur les rails en 1883 (s’inspirant du concept des trains de nuit Pullman américains) l’Orient Express, le train le plus luxueux qui soit : cuir, velours, bois précieux, cristal, argenterie, ornent les wagons. Au début, l'Orient-Express partait de Paris gare de l'Est et traversait l'Europe centrale et les Balkans en passant entre autres par Munich, Vienne, Budapest et Bucarest pendant 4 jours. Le dernier tronçon fut achevé en 1889 afin de permettre aux princes, ambassadeurs, artistes, journalistes, hauts fonctionnaires, hommes politiques, espions etc., de terminer leur voyage jusqu'à Constantinople. Le dernier trajet vers le Bosphore se faisait dans un autre train pour atteindre la mer Noire et embarquer sur un navire à vapeur jusqu’à l’actuelle Istanbul. Il cessa de rouler en 1977 et fut racheté et restauré en 1982 par l’américain James Sherwood qui le rebaptisa : Venise Simplon-Orient-Express, n’effectuant plus que le parcours Paris-Venise, à travers les Alpes. Un des accidents les plus rocambolesques de l’Orient-Express en 1929, ( bloqué par la neige pendant cinq jours à 130 km d'Istanbul à une température de -10°) poussa selon la légende un Maharaja à acheter à prix d'or les manteaux des autres voyageurs pour couvrir ses sept femmes…Cette aventure inspira à Agatha Christie  la toile de fond de son célèbre roman Le Crime de l'Orient-Express.

 

Découverte des Amériques en train

Le White Pass & Yukon Route est un train reliant le port de Skagway en Alaska à Whitehorse dans le Yukon, Canada. Son itinéraire frôle la paroi rocheuse, tutoie le vide et les chutes d'eau et franchit un col à 879 m d'altitude : « White Pass », (photo de l'article).

Le California Zephyr amorce son trajet à Chicago à la conquête du Midwest et du Far West américain. Il symbolise le mythe de la « frontière » qui guida pendant plus d'un siècle les pas des pionniers américains venus de l'Est. Sur plus de 3 900 kms, il traverse le grand Ouest américain : les Rocheuses, le Grand Lac Salé, le désert du Nevada, la vallée du Colorado, le fleuve Mississippi, les fermes du Nebraska, les prairies du Middle West, les baies, lacs et forêts de Californie.

Le Tren a las Nubes en Argentine reliait Salta, dans le nord-ouest au viaduc de la Polvorilla empruntant de nombreux tunnels, ponts, tronçons en zigzags et 13 viaducs en fer, conçus par l'ingénieur Fontaine Maury, grâce auxquels la voie se détache des montagnes pour enjamber des ravins.

Au Mexique, c’est le Chepe qui traverse de vastes étendues désertiques truffées de cactus jusqu’à l'océan Pacifique, ainsi que des canyons et montagnes, d’immenses ranchs, des gorges profondes taillées par les rivières, et le territoire des indiens Tarahumaras. Environ 20 heures de traversée par des ponts, tunnels, dans un décor digne de western !

Le Belmond Hiram Bingham vous mène en pleine Cordillère des Andes vers le Machu Picchu et ses ruines impressionnantes perdues dans la jungle à 2 438 mètres d'altitude, passant par la ville colorée de Cuzco et l'impressionnante Plaine de la Vallée Sacrée.

  

Les trains les plus renommés d’Asie

Le Transsibérien (pensé par les tsars, dès 1891, pour relier et unifier les confins de leur immense empire) relie avec plus de 9 200 kms Moscou et Vladivostok, traverse près de mille gares et 7 fuseaux horaires, dévoilant des paysages époustouflants : les monts Oural, la Taïga, le lac Baïkal, le fleuve Amour, des steppes interminables jusqu’à longer la grande muraille de Chine. Il permet une connexion avec deux autres trains : le Transmongolien, reliant Pékin via les steppes de Mongolie et le désert de Gobi, et le Transmandchourien se rendant à Pékin par la Mandchourie. 

Le Palace on Wheels, train de luxe autrefois réservé aux déplacements des princes du Rajasthan est un véritable palais sur roues, de sept jours et sept nuits, parcourant la ville rose de Jaipur, la ville bleue de Jodhpur, la Réserve Nationale de Tigres de Ranthambore, Udaipur puis le Taj Mahal.

Le Qing-Zang et Lhassa Express ou le « train du toit du monde » relie le Tibet au reste de la Chine, notamment à Pékin (4 561 km de trajet et 3 jours de voyage). Le tronçon Qing-Zang dispose de la station la plus haute de la planète, Tangula, à 5 068 mètres d’altitude et passe par le tunnel le plus élevé au monde : 4 905 mètres.

 

Autres merveilles du rail

Le Rovos Rail, surnommé « Pride of Africa », est inspiré par l'ère victorienne. Tiré par d'anciennes locomotives, le convoi de wagons-lits Pullman des années 1920-30 sillonne le réseau ferré d'Afrique du Sud, de Pretoria, vers le Cape Town, Durban, les chutes Victoria ou de Walvis Bay en Namibie, entre Cape Town et Dar-es-Salaam en Tanzanie.  

Le Ghan, express du désert australien traverse l'énorme continent du Nord et du Sud reliant la ville de Darwin à celle d'Adélaïde sur un périple de 3000 kilomètres offrant une vue imprenable sur le bush australien. Ce train doit son nom aux chameliers afghans qui arpentaient les terres semi-arides de l'Outback australien avec leurs bêtes. 

The Indian Pacific relie depuis 1970 l'Est et l'Ouest de l'Australie en 4 jours, de la ville de Perth sur la côte ouest, à Sydney au bord de l'Océan Pacifique, sur 4 352 kilomètres. Quelques arrêts permettent de découvrir la cité cinématographique de Broken Hill, ville de la ruée vers l'or de la fin du XIXe siècle, la ville désertique de Cook, les Montagnes bleues. 

 

Qu’évoquent pour vous ces trains légendaires ? Avez-vous eu la chance d’emprunter un de ces trains ?

 

Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Rocky Grimes

Betty_Nelly, 17.12.2020

Alpes67
0 | 09.01.2021 11:30

Bonjour à vous tous ! Moi mon rêve c’est de voyager en Israël connaître le pays ! Avec l’aide de Dieu !

Joyce44
2 | 20.12.2020 01:14

Mon message ayant coupé je n'ai pu le terminer, ayant fait par le train de nuit la traversée de la Thaïlande et une partie du Vietnam, ce sont des souvenirs magnifiques de passer des heures avec locaux. On ne dort pas de la nuit pour ainsi dire, mais que de souvenirs......

Joyce44
2 | 19.12.2020 15:41

Merci Betty pour ce blog très intéressant sur les trains mythiques, Je rêve de prendre "Le California Zéphyr" pour faire la traverser de l'Ouest Américain !!!!!
Enfin j'ai quand même pris "Le Death Railway" le train de la mort en Thaïlande, entre Thonburi et Nam Tok (à la frontière Birmane)
Cette ligne a été tracée par les japonais lors de la dernière guerre mondiale, entre Bangkok et Rangoon, et porte ce nom malheureusement en raison des 100 000 civils et prisonniers qui l'ont construite.
Les surplombs au-dessus de la rivière son impressionnants et les paysages magnifiques En ce qui me concerne, je préfère le dépaysement et l'aventure, que le luxe de certains trains.
J'ai aussi pris le train qui traverse la Thaïlande fait la traveréee.

AMELIE97
2 | 19.12.2020 03:05

Bjr ami/e/s, Mais non TJC je suis pas Encyclopédie, mais seulement Amélie qui disait à une époque de sa vie que la Turquie était sa seconde patrie (à vrai dire, je le pense toujours tout bas).
Le train qui mène au pied du Machu Pichu est d'un autre sortilège... si petit et coquet et peu pressé, plus bruyant (mais avec aussi la magique musique de flûte des Andes), créateur parfois de sensation d'être condor, souvent féérie de luxuriance... Mais en dépit de toute son étrangeté en écho avec mon attente, le Machu Pichu et autres hauts lieux du Pérou et de Bolivie m'ont laissé le souvenir pénible d'être un poisson restreint à respirer et à se mouvoir dans un milieu qui n'est pas le sien. Asthmatiques, prenez vos précautions, les feuilles de coca ne feront pas de vous des Indiens de la Cordillère.

bandicoot
1 | 18.12.2020 21:10

Du rêve, du rêve et encore du rêve, avec une grande nostalgie du temps ou voyager était synonyme de prendre le temps de découvrir, de contempler...
Jeune je rêvais déjà un jour de prendre le transsibérien ou l'Orient-Express. Vieille maintenant le rêve s'éloigne dans une réalité qui ne permettra pas de réaliser ces rêves. Reste les films et documentaires sur ces merveilles...

grumpyjoe
2 | 18.12.2020 11:39

Pris les trains de nuit en Thailande.Vietnam et le train du Machu Pichu

toujourscurieux
2 | 18.12.2020 11:16

Bonjour Notre @Amélie97........?? Réponse : une encyclopédie Que de savoirs !! Bravo et Merci. TJC.

Betty_Nelly
1 | 18.12.2020 07:32

@Amélie: merci pour tes précisions/corrections !

AMELIE97
7 | 18.12.2020 03:51

Merci Betty pour ce bel article qui fait rêver... Mais la réalité m'amène à corriger le rêve d'une phrase, en fait le glissement entre deux phrases dont la deuxième donne un parcours géographiquement faux dont on ne se rend pas compte tant les noms fabuleux estompent le parcours réel dans le flou mythique...
"L'Orient-express
(....) terminer leur voyage jusqu'à Constantinople"
1ère remarque = en 1889 Constantinople est Istanbul depuis plus de 4 siècles.
"Le dernier trajet vers le Bosphore se faisait dans un autre train pour atteindre la mer Noire et embarquer sur un autre navire à vapeur jusqu'à l'actuelle Istanbul".
2ème remarque :
- Le Bosphore conduit de la mer de Marmara au sud vers la mer Noire au Nord (il fait à peu près 30/40 km, je ne me souviens plus exactement).
- On n'embarque pas pour aller de Constantinople à Istanbul, c'est la même ville. Mais on embarque de la rive européenne du Bosphore qui traverse donc Istanbul pour aller à sa rive asiatique et les traversées que j'ai connues sont incessantes , nombreuses, se font la course sur les 6/8 heures du matin, font un vacarme joyeux de cornes d'avertissement en plein jour et lugubre en plein brouillard . Cela ne s'arrête que la nuit.
-La phrase pourrait se transformer pour une meilleure appréhension de la réalité géographique ainsi : Le dernier trajet vers la Mer Noire se faisait dans un autre train et il fallait embarquer sur un bateau à vapeur pour rejoindre la si jolie gare orientale d'Eskudar (Scutari pour les européens et l'ancienne Chrysopolis du temps de Byzance).
Un complément aussi : Si en 1982, l'ancien Orient-Express reprend du service pour le tronçon Paris-Venise, en 1985, j'ai fait sur le tronçon de l'Orient-Express oriental, le trajet Istanbul - Ankara et dans le train mythique remis en état de circuler après son abandon, avec toujours son service impeccable, discret mais avenant et très efficace, sa cabine de précieuses boiseries avec 2 lits couchettes non superposées se faisant face à face comme dans un salon ottoman, ses toilettes et salle d'eau privées si jolies, bien que l'eau coulât de façon parcimonieuse (mais qu'en était-il dans le train antique ?), son restaurant aux miroirs et à la vue plongeant sur les champs de pommiers en fleurs, sur les plaines et vallées de l'Anatolie dont on imagine au loin les vestiges de ce qui fut le berceau de notre civilisation, Grèce antique rivale de la Grèce hellénique, et bien avant, Hittites aux fabuleuses sculptures bordant les ravins sauvages... sans oublier que bien en amont y viendront les Galates , nos Gaulois mercenaires qui y ont tant laissé de leur chair et sang que j'y retrouvai le sosie de mon père.... Tout cela dans le chant sourd et rythmé du train que le sommeil du voyageur finit par adopter comme celui de la berceuse du rail.

Doubien
5 | 17.12.2020 23:28

Je pense que beaucoup de personnes ont rêvé de prendre le mythique "Orient-Express".
Une chose est quasi certaine, et c'est dans mes projets, je prendrai le train qui mène au pied du Machu Picchu. Un rêve que je pense bientôt réaliser, enfin !!
Merci beaucoup pour cet article, c'est passionnant.

tenderly59
7 | 17.12.2020 21:47

Merci chère Betty pour cet article qui nous fait rêver ... et qui me comble en tant que passionné des Chemins de Fer!
Financièrement, je n'ai jamais eu la possibilité de goûter au confort et au service inégalables de ces trains de prestige ... mais, durant pas mal d'années, j'ai eu une compensation merveilleuse en tant que Chef de Brigade d'une voiture restaurant C.I.W.L. bleue, de 1928, rachetée par un train touristique; superbe cerise sur le gâteau, ce train était tracté par une machine à vapeur de 1917 chaque fois que cela était possible! Que de souvenirs et que de rencontres enrichissantes! Une période très agréable de ma vie!
Tenderly 59.