Lisbonne, une ville haute en couleurs

Lisbonne, une ville haute en couleurs

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Construite sur sept collines, campée sur la rive droite de l’estuaire du Tage, lui-même traversé par le pont « Vasco de Gama », et veillé par le Christ Rédempteur, « Lisboa » est une ville qui ne laisse pas indifférent. Elle ne cesse de séduire ses visiteurs avec ses venelles, ses belvédères (miradouros), ses ascenseurs insolites, ses façades colorées, ses effluves, ses musées, son château, son art urbain, ses pâtisseries… Bref, on est vite conquis. Nous nous attarderons dans cet article sur le charme de ses vieux quartiers, sa beauté architecturale avec ses « azulejos » (carreaux de faïence), son « Fado », ainsi que son art urbain.

 

Lisbonne authentique 

L’Alfama est le plus vieux quartier de la ville, celui qui a le mieux résisté au tremblement de terre de 1755. Il regorge de ruelles étroites à pentes très raides, ornées ici et là de panneaux de carreaux en faïence. Le linge est suspendu aux fenêtres, les façades sont colorées, les églises, les monastères et les jolies petites places fleurissent, les airs de Fado s’échappent des restaurants le soir, les vieux tramways (entre autres le fameux tram 28) et les « tuk-tuk » sillonnent le quartier.  Les deux belvédères du quartier voisin de Graça offrent des panoramas exceptionnels sur la ville ainsi que les ruelles autour du château Castelo Sao Jorge.  Beaucoup d’artisans dans ce quartier, de petits restaurants où l’on décline la morue de dizaines de façons différentes et des pâtisseries aux vitrines très alléchantes.  Parmi les édifices religieux, le Monastère de Saint Vincent de Fora regorge de richesses insoupçonnées.

 

Les fables de La Fontaine représentées sur des panneaux d’« azulejos »

Le Monastère de Saint-Vincent de Fora surplombe majestueusement le Tage du haut de la colline du quartier de Graça. Il fut érigé entre 1582 et 1627 sous les ordres de l’architecte italien Filippo Terzi. A l’intérieur de l’église de Saint Vincent, on peut admirer la voûte centrale et le dôme, qui reprennent les lignes de l’Église de Gesu de Rome. L’une des pièces les plus fameuses de cet édifice est son retable en forme de baldaquin, que l’on doit à Joaquim Machado de Castro et l’un des plus grands orgues portugais du XVIIIe siècle. Il faut grimper au sommet du monastère pour profiter d’une vue exceptionnelle sur la ville et le Tage.  Enfin, le clou du spectacle est qu’il recèle une magnifique collection de trente-huit panneaux d’« azulejos », inspirés des dessins de Jean-Baptiste-Oudry qui illustrent l’édition de 1755 des Fables de La Fontaine. Ce sont de surprenants panneaux en faïence bleu, accompagnés des fables en français et de versions portugaises des poètes des XVIIIe et XIXe siècles. « Tenus au silence de la faïence, les malicieux animaux parlants de La Fontaine et d’Oudry, qui ont succédé à ceux, domestiques et corvéables, de dom João V, ne manqueront pas d’intriguer les visiteurs et plus particulièrement ceux qui s’intéressent à la circulation et aux diverses adaptations des grandes réussites du travail littéraire et artistique. », António Coimbra Martin, poète portugais.

 

Fado et saudade

Le mot « fado » est dérivé du latin fatum, « destin ». Il serait apparu vers les années 1820 ou 1840 au Portugal, à partir du fado marin, un chant entonné par les marins portugais. La particularité du fado est que, dans la majorité des chansons, la musique est toujours jouée de la même façon. Le chant est accompagné par des instruments à cordes pincées, dont généralement la « guitarra », une sorte de cistre. Les thèmes les plus chantés du fado sont la « saudade », un mot portugais exprimant un sentiment complexe où se mêlent mélancolie, nostalgie, espoir et désir de retrouver ce qui manque. L'objet du manque peut-être un passé heureux, une personne ou encore un lieu. Lors des conquêtes portugaises en Afrique, la saudade exprimait notamment le désir des colons de retrouver leur pays.

 

L’art urbain 

Se balader au hasard des rues, c’est comme visiter un musée en plein air. En effet, on peut admirer de nombreuses peintures urbaines par exemple autour des rues du château, dans certains quartiers comme Baixa, Bairro Alto et Chiadooù est exposée une œuvre de l’artiste Oliveiros Rodrigues da Silva Junior, représentant une place de Lisbonne, ses tramways et ses habitants d’il y a plusieurs décennies. Dans d’autres quartiers, des murs entiers d’immeubles exhibent des œuvres splendides et originales. Une balade sur les docks et à l’arrière du centre culturel de Belém s’impose également. On peut y observer, entre autres, un pan de mur orné d’un raton laveur, en relief. Une pièce de Street Art de Bordalo II, un artiste engagé et écoresponsable qui transforme les déchets en œuvres d’art, représentant des animaux multicolores avec des matériaux recyclés qu’il repeint.

 

Enfin, on ne peut quitter Lisbonne sans se délecter d’une des fameuses pâtisseries locales. Une seule suffit car elles sont très riches en sucre, jaunes d’œufs, amandes etc. Les bonnes sœurs et moines portugais créèrent une multitude de recettes à base de sucre et afin de ne pas gaspiller les jaunes d’œufs qui restaient, ils eurent l’idée de les utiliser pour donner naissance à une palette de desserts aussi délicieux les uns que les autres. Incontournable : le « Pastéis », sorte de petit flan à base de pâte feuilletée, saupoudré de cannelle à déguster tiède, hummm !

 

Avez-vous eu la chance de visiter Lisbonne ? Qu’en avez-vous pensé ? Vos expériences nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Paola Leone

Betty_Nelly, 07.10.2021