Les ruptures amicales

Les ruptures amicales

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Lorsqu’on parle de rupture, on aborde presque exclusivement le cas des séparations amoureuses et on ne s’intéresse pas ou très peu aux ruptures amicales. Moins représentées dans les films, chansons et autres productions artistiques, elles sont également moins accompagnées socialement. Et la rupture amicale peut s’avérer être une expérience extrêmement traumatisante et douloureuse. Outre les liens naturellement formés au sein de la famille, les amis sont d’un soutien non négligeable et deviennent, au fil du temps, une partie intégrante de notre vie. Mais comme toute chose est éphémère, une amitié, même édifiée sur des bases solides, peut se faner. Que se passe-t-il, dans ce cas ?

 

Une identité floue

Tout le monde connait l’adage : « Dis-moi qui sont tes amis, et je te dirai qui tu es ! ». Cette expression a en effet traversé le temps et s’est révélée exacte à de nombreuses reprises. Il est tout à fait normal de définir la personne que l’on est réellement à travers ceux que l’on fréquente dans notre quotidien. Contrairement à notre famille, qui nous a en réalité été imposée, nous avons pu choisir nos amis qui sont notre « vraie famille » ou bien, comme certains aiment à le dire, notre famille de cœur. Rompre les liens amicaux que l’on a entretenus durant des années est donc susceptible de nous déséquilibrer. On peut ainsi avoir l’impression de perdre une partie de soi et donc de son identité. Et qu’y-a-t-il de pire que de se regarder dans un miroir et de ne plus savoir qui l’on est ?

 

Un passé perdu à jamais

Chacune de nos relations est née d’une histoire, laquelle a été remplie d’aventures plus palpitantes, les unes comme les autres. Elles sont le fruit d’une histoire commune, riche de souvenirs qui ont embelli notre existence, peuplée de moments vécus à la fois dans la joie ou dans la souffrance. En coupant les ponts avec quelqu’un qui nous est cher, on remet en cause à jamais les prémices de cette ex-amitié. À quoi bon avoir forgé des liens forts avec une personne si, au terme du récit, l’issue n’est guère positive ? C’est comme si tout avait été balayé en un mouvement, que rien n’avait existé entre nous. Eh, oui ! Garder ses souvenirs dans notre mémoire ne serait effectivement qu’une source de souffrance. Pour les plus sensibles surtout, la seule issue est de se forcer à tourner la page.

 

L’illusion d’une réalité quasi parfaite

Dans ce monde, rien ne se rapproche le plus de la perfection qu’une vie accomplie : une vie heureuse et comblée grâce à la présence de ceux que l’on aime. Pour les personnes qui peuvent goûter à ce bonheur, il s’agit sans nul doute de la période la plus heureuse de leur vie. Et, bien évidemment, on aimerait que cette apogée dure éternellement. Malheureusement, avec les hauts et les bas qui garnissent notre existence, il est impossible de prévoir la tournure des événements. S’il y a rupture amicale, cet idéal n’aura été qu’illusion. Cet échec peut être vécu cruellement et on peut ainsi penser que l’existence est futile et vaine. Notre soif d’absolu est alors violemment déçue.

 

La perte d’une seconde famille

Perdre son frère ou sa sœur est un sentiment des plus horribles. Et contrairement à ce que la société pense, c’est exactement la même chose que de rompre une relation amicale qui a contribué à illuminer notre vie. En fait, il est nettement plus facile de partager ses plus noirs secrets avec une personne qui nous est proche et, qui plus est, ne partage pas le même sang. La raison ? Sûrement ce sentiment de liberté assez restreint par les confidences (biologiquement) familiales. En d’autres termes, en confiant des choses à notre seconde fratrie, nous courons moins de risques de faire l’objet de représailles de la part de notre entourage. Si jamais cette précieuse amitié venait à disparaître, il est fort possible que l’on se renferme sur soi, par la suite.

 

La rupture amicale nous renvoie à une interrogation plus profonde : que signifie véritablement exister ? Indubitablement, exister n’a pas de réel sens en vivant seul. Le besoin de partager, de se sentir appartenir à une communauté, est le propre même de l’Homme. En effet, perdre tout contact avec sa seconde famille peut être vu comme une fin en soi et littéralement comme l’abandon d’une partie de soi. Il ne faut pas sous-estimer cet événement et prendre le temps de se reconstruire. N’hésitez pas également à demander de l’aide.

Et vous, avez-vous déjà vécu une rupture amicale ? Comment l’avez-vous vécu et comment avez-vous fait pour surmonter cette épreuve ?

 

Photo © Fotolia – Auteur : Antonioguillem

 

Betty_Nelly, 28.09.2016

MonicaBR
0 | 27.11.2016 22:51

Une rupture avec une amie de très longue date depuis 2 ans hante encore mes rêves je nous vois souvent réconciliée ou face à face mais invisibles l'une pour l'autre. Elle semblait m'éviter depuis quelque semaines puis s'est montrée très brutale au téléphone, méprisante et exaspérée. Elle ne m'a jamais rappelée . J'étais sidérée et je n'ai rien ajouté à ses propos sur le moment devant son silence j'ai ressenti le côté définitif de cette rupture et je l'ai souhaité ainsi dans ma vie consciente mais elle revient parfois dans mes rêves comme une sœur égarée.
 

soleiljaune
0 | 04.10.2016 22:01

Oui la rupture amicale, la déception, le non-dit, est très traumatisante.

Kipling
2 | 28.09.2016 19:46

La rupture avec un ami peut aussi être une grande blessure. J'étais en relation d'affaire avec un ami. Sa famille était amie de la mienne depuis très longtemps. Cela ne l'a pas empêché pour une basse question d'intérêts, de trahir ma confiance et pire encore... Brusquement l'amitié, l'honneur, la dignité, l'honnêteté ont été piétinés. "Seigneur protèges moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge"

mimosa13
2 | 28.09.2016 19:37

la rupture amicale ? je l'ai vécue plusieurs fois et en ai beaucoup souffert à chaque fois....
j'ai travaillé sur moi, aidée par l'hypnose et maintenant je relativise mieux, je souffre moins longtemps. Et pour m'y aider je supprime de ma vue tout ce qui peut me rappeler la personne.
Pour moi l'amitié est très importante, je suis sincère, et je donne tout, j'accepte beaucoup, mais c'est toujours à sens unique. Un jour tout s'arrête et comme une bulle de savon tout éclate...
à chaque fois, cela faisait 30, 19, 6 ,18 ans... pas quelques mois!!
Maintenant je suis plus méfiante, il me faut plus de temps. J'ai des "copines", des relations, oui, de "vraies" amies ? celle(s) à qui on peut s'adresser en cas de pépin ? (c'est là où on voit l'amitié !!), 1 peut-être... je n'en suis pas certaine.
L'Amour, l'Amitié : pour moi je crois que c'est aussi difficile à trouver !!!

hermionne
1 | 28.09.2016 12:00

La rupture amicale est aussi douloureuse que l affective, c'est ce que je pense pour avoir vécu les deux. Mais en amitié, il peut y avoir aussi une distension des liens due à des chemins de vie différents. Dans ce cas, le ressenti est plus de l'ordre de la tristesse. 
La rupture la plus dévastatrice est due à la trahison , au rejet  .Dans mon cas, le choix de mon compagnon n'ayant pas été approuvé, 3 de mes "amis "m'ont rayée de leur existence, c'était il y a longtemps, et même si j'ai tourné la page, évoquer cet épisode ravive un peu la souffrance que j'ai éprouvée. Je n'ai pas chercher d'aide à cette époque, j'ai serré les dents et j'ai tu mon chagrin, comme il est dit dans l'article, ce type de rupture n'est pas vraiment considéré comme important. Quelle erreur, ma plus jeune fille a traversé cette épreuve à l'âge de 15 ans, elle a fait une vraie dépression. Nous avons réagi, et elle a été prise en charge dans un CMP pour adolescents. Il ne faut pas sous estimer ce traumatisme, car s'en est un.