L'herbe est-elle plus verte ailleurs ?

L'herbe est-elle plus verte ailleurs ?

3 | 632 Consultations

Le fait de penser que l’herbe est plus verte ailleurs peut offrir une grande latitude pour tenter de s’améliorer et aller de l’avant. Cependant, certaines personnes semblent enclines à éprouver un sentiment d’insatisfaction par rapport à leur vie,  en apparence moins rose, que celle des autres. Ce sentiment croît lorsqu’elles ne cessent de se comparer. La dictature des apparences que prône notre société est-elle coupable ? Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans cette dynamique?  Comment au contraire cultiver et entretenir son propre jardin plutôt que de soucier de celui des autres ? Nous essaierons de répondre à ces questions dans notre article.

 

Comparaison sociale et « autoflagellation »

Selon la théorie de la comparaison sociale de Léon Festinger, psychosociologue américain, l’opinion et l’estime que nous avons de nous-même seraient façonnées par les comparaisons que nous faisons sans cesse entre notre situation et celle des autres. L´être humain a tendance à interpréter une réalité souvent déformée par une overdose d’informations. Or, se comparer constamment aux autres et être dans le désir permanent de ressembler à son voisin peut s’avérer épuisant, voire nuisible à la santé.  En effet, cette forme d’insatisfaction permanente peut, à long terme, nous décourager et nous empêcher de capitaliser sur nos réussites. Le cerveau humain a tendance à idéaliser le quotidien d’autrui dont il ne connait finalement pas grand-chose …  « En général, nous ne prenons pas en compte un échantillon représentatif et nous préférons nous comparer aux premières personnes qui nous viennent à l'esprit, qui sont en général les sujets les plus populaires et les plus visibles, tandis que, lorsqu'il s'agit de soupeser nos propres capacités, nous nous concentrons sur nous-mêmes », affirme le psychologue américain Sebastian Deri. Les personnes qui sortent et fréquentent beaucoup de gens se convainquent souvent que les autres ont une vie sociale plus intense que la leur, ce qui entretient leur frustration. Autre cas de figure : certains choisissent volontairement de ne pas sortir et d’éviter de fréquenter du monde afin de se protéger de cette constatation… Or, ressasser sans cesse que l’herbe est plus verte ailleurs tend à produire sur les personnes concernées des effets pervers aux conséquences dysfonctionnelles tels que la jalousie, la perte de confiance en soi et dans le pire des cas, la dépression. 

 

Impact des réseaux sociaux

Les images et informations auxquelles nous avons en permanence accès sur les réseaux sociaux contribuent à raviver notre niveau d’insatisfaction, ce qui a d’ailleurs été mis en évidence par de nombreuses études depuis leur avènement.. Ainsi, le sentiment de mener une vie moins épanouissante, moins intéressante, ou tout simplement moins remplie que celle du voisin est encore accentué et tend à altérer encore un peu plus notre bien-être. Nous percevons en flux continu le quotidien soigneusement mis en scène de notre entourage, tout comme celui de parfaits inconnus, sur Facebook par exemple...  Ce phénomène de perception altérée a toujours existé, mais il est aujourd’hui décuplé par un flot d’images plus séduisantes les unes que les autres au fort impact émotionnel, déconnecté de tout élément de rationalité. Cela suscite immanquablement et parfois inconsciemment des regards envieux lancés au-dessus de la clôture de son voisin… Internet se prête à toutes sortes d’activités qui ont le potentiel de déclencher en nous ce syndrome d’insatisfaction. Or, cette activité chronophage nous enlève de précieuses heures que nous pourrions passer à profiter de notre vie ou, le cas échéant, à chercher à l’améliorer.

 

Entretenir l’herbe de son propre jardin

Nous avons tendance à négliger notre propre jardin.  Or, l’herbe qui y pousse constitue notre réalité. Il fait davantage sens de la nourrir, l’entretenir, l’arroser et lui donner tout le soin qu’elle mérite. A quoi bon s’occuper à regarder l’herbe verdoyante qui pousse chez notre voisin et courir le risque de voir notre propre jardin dépérir sous nos pieds ? L’idée est d’apprécier ce que nous avons, de valoriser favorablement nos expériences et de relativiser les prétendues « prefect lifes » de ceux que nous « likons » sur les réseaux sociaux, tout en cessant de nous comparer continuellement à eux. Pour chaque manque ressenti, nous devons chercher à équilibrer notre sentiment d’insatisfaction avec des pensées de gratitude et des sentiments positifs.  Concentrons-nous sur ce que nous avons déjà plutôt que sur ce que nous n’avons pas ! Facile à dire mais pas toujours facile à mettre en pratique, n’est-ce pas ?… Une chose est certaine, le bonheur est pourtant aussi dans notre pré ;-) !

 

Que vous inspire ce sujet ? Avez-vous, vous aussi, tendance à penser que l’herbe est plus verte ailleurs ?? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : andreusK

Betty_Nelly, 07.11.2019

Daphnee7
0 | 11.11.2019 09:12

Bonjour
Le jardin des autres m’importe peu, celui qui compte c’est le mien. Mais il ne me plait pas en ce moment, il est envahi de mauvaises herbes et je n’arrIve pas à y faire pousser de belles plantes qui m’enchanteraient. Avoir un grand et beau jardin c’est beaucoup de travail, et seule je manque de motivation, là je suis réfugiée dans le cabanon au fond du jardin et j’observe par la lucarne, mais ce n’est pas une situation d’avenir

marie93
3 | 08.11.2019 21:01

Vu le nombre de pseudo soit disant séparé et qui sont mariés, j'en déduis que en effet, l'herbe doit être plus verte dans le champ du voisin....
Comme beaucoup, je préfère cultiver mon jardin ...

AMELIE97
1 | 08.11.2019 05:18

L'herbe était plus verte ailleurs et c'est pourquoi j'ai eu très tôt le désir de fuguer et de partir, d'où les premières catastrophes et leurs conséquences ; oui l'herbe est plus verte aujourd'hui chez ceux qui se sont tenus tranquilles sans désir autre que celui qui était tracé. Sont-ils plus heureux, suis-je plus heureuse ? Je ne peux vraiment répondre. Ils ont bâti et établi leur succession et balisé l'herbe verte de leurs enfants. Ils n'ont pas le bonheur, moi non plus mais ma vie est tout de même plus libre... moins sécurisée... retour à la fable du Loup et du chien de La Fontaine.
Maintenant l'herbe des people, et des riches...surtout ceux qui font semblant de pas l'être ah oui ceux-là j'aimerais bien avoir leur herbe verte, leur pognon. ça permet tout de même de connaître encore l'aisance et la facilité des voyages, des villégiatures, et des services... et de rendre plus heureux ceux que nous aimons.

Hernav
2 | 07.11.2019 18:36

Bonsoir. La psychosociologie traite par essence de psychologie globale. Alors oui sans doute peut elle saisir des "variables" qui correspondent a des tendances sociales. Autrement dit : quels comportements, quels réseaux, quelles influences, quelles pressions, pour quelles valeurs...
Mais chaque humain est unique. A Une seule histoire. Avec ses manques ses souffrances ses désirs ses joies.. Et alors la que peuvent les études de la psychologie sociale ? Rien.
Seul et unique, un être humain se retrouve a jongler avec son expérience et son entourage.
Je n'apprécie pas la "positive" attitude. Cela ne signifie rien.
Aimer son univers c'est le préserver. A condition de pouvoir le faire dans un tel monde de violence.

Dokkaz
8 | 07.11.2019 17:28

Bonjour !
J'aime les jardins bien fleuris, alors je fais en sorte de bien m'occuper du mien, pour me sentir tout à fait satisfaite. Parce que, si on regarde bien, ailleurs, c'est parfois le désert...

solene14
5 | 07.11.2019 13:49

Personnellement, je n'ai jamais envié personne....
Ma vie est ce qu'elle a été et ce qu'elle est maintenant et elle me convient, à moi de faire le nécessaire pour l'enrichir et qu'elle me soit agréable mais pas en allant chercher quoi que ce soit dans le pré du voisin et encore moins avec l'aide des médias....

nature_elle
6 | 07.11.2019 13:36

Évidemment, les réseaux et sites divers nous influencent avec cette petite musique qui trotte au fond de notre inconscient..." Je pourrais trouver quelqu'un de mieux, de différent, etc...en continuant mes recherches...si je m'arrête sur cette personne, est-ce que je ne vais pas laisser passer le meilleur????"
Mais voilà, il faut à un moment faire un choix! Et ce syndrome "d'un mieux", "de la perpétuelle insatisfaction", ne mène-t-il pas à encore plus de frustrations , de recherches vaines, voire d’agressivité?
Alors, je suis d'avis de dire que la perfection n'existant pas en ce monde(!), il suffit de rencontrer la personne qui correspond un tant soit peu à nos attentes et qui va faire battre notre cœur!
Pourquoi toujours regarder dans la cour du voisin alors que le bonheur est là, tout près et à force de chercher toujours mieux, nous allons le laisser filer!

rednigth
4 | 07.11.2019 13:22

Je pense que le harcèlement médiatique et une surconsommation engendre cet état.Il est clair que pou certains peuples ou la seule priorité est de se dire (vais je pouvoir me nourrir aujourd'hui) la question ne se pose pas.Seul le fait d'avoir un événement grave pour nous ou nos proches,nous ramènes un peu a la réalité (qui n'est sans doute pas si mal)......

carole80
6 | 07.11.2019 12:03

Bonjour,

Non . Je n'ai cette tendance qu'avec moi même ainsi, je repense à autrefois en me disant ":Saperlipopette : j'en ai fait du chemin ! " Je pense que cette philosophie de vie ne peut s'acquérir que si on a connu des difficultés et qu'on les a surmontées seul . On éprouve alors une certaine fierté et le jardin des autres nous semble fade et sans couleurs . Cultiver le "moi-je " est alors une parade à tous ces faux semblants qui nous font croire que l'herbe est plus verte ailleurs . "Je " suis content de moi . "Je suis fière de moi " . "Je suis un winner " . Alors on se rend compte que notre jardin est vraiment merveilleux et bien souvent on voit des têtes dépasser de notre clôture pour "voir " ...on donne des conseils on oublie le "moi-je " pour permettre le "nous et le "vous " .

Bonne journée et bonne vie à tous :)