Cultiver sa différence

Cultiver sa différence

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Alors que certains sont conditionnés depuis leur enfance pour rentrer dans des cases, d’autres dénotent, font tâche et peinent à s’adapter car ils sont différents : par leur façon de penser, leur comportement, leur physique, leur handicap. Ceux qui sortent des clous sont souvent qualifiés de marginaux, d’anticonformistes ou pire encore d’inaptes. Y aurait-il une unique façon de penser et d’agir à laquelle nous devrions tous nous soumettre ? Non, loin de là. Nous démontrerons dans cet article que certains ont refusé de renier ce qu’ils sont vraiment pour au contraire, cultiver leur différence et en faire leur force.

 

Faire de son handicap une force

Beethoven négligeait fortement sa pratique de l’instrument et préférait travailler ses propres compositions plutôt que de répéter les morceaux des autres. Lorsqu’il perdit l’audition, on aurait pu imaginer que cela annoncerait la fin de son appétence pour la musique. Mais pas du tout, sa surdité a sculpté sa musique.  Il a intelligemment exploité sa créativité et son handicap devenus sa force et ce, malgré les avis de l’époque.  En général, cultiver sa différence contribue à  éveiller les consciences et à faire changer le regard des autres. Prenons un autre exemple : le mannequin Winnie Harlow, atteinte de vitiligo (dépigmentation de la peau), a permis de briser le tabou de cette maladie et a prouvé que la beauté n’était pas forcément synonyme d’uniformité. Il importe d’expérimenter de nouvelles choses, en remettant certaines normes souvent ennuyeuses en question, et faire progresser choses. Cultiver sa différence c’est participer à ce changement, que ce soit à une petite ou à une plus grande échelle.

 

Refuser de rentrer dans le moule

« Soyez vous-même, tous les autres sont déjà pris » disait Oscar Wilde. Chacun de nous a quelque chose, un atout, une différence qui peut faire du bien au monde. Cela peut être un talent, une aptitude, une façon de penser, un critère physique, un handicap. Comment donner un sens à cette différence ? : en retournant la situation, en rendant un climat sympathique et constructif et en vivant en toute plénitude sa condition de « mouton noir ». D’autre part il convient de changer de perspective, de ne surtout pas laisser un groupe décider pour vous de ce que vous êtes. Bien que le chemin soit difficile, ne perdez pas votre temps avec ceux qui vous limitent, mais apprenez plutôt à forger et renforcer votre estime de soi et cultiver votre personnalité. Certes il faut s’armer d’ une sacrée dose d’optimisme et d’une certaine audace pour oser être soi-même lorsqu’on n’est « pas comme les autres »...  Cela demande surtout de cesser de vouloir plaire à tout le monde et de miser davantage son authenticité que sur son apparence. Chris Ballois, qui a battu le record du monde de vitesse en kitesurf, affirme : « Mon handicap est ma force et surtout ma différence.» Il est devenu une icône, aussi bien dans l’univers du handisport que dans celui des valides. L'accès au sport pour les personnes handicapées est l'un de ses combats avec comme objectif l’envie de transmettre ce que le sport lui a donné, c’est-à-dire se dépasser soi-même et rendre possible les choses qui sont considérées par le plus grand nombre comme impossible…

 

Faire sauter les normes de beauté

On a beau dire que la beauté est subjective, nous avons toutes et tous intégrés les mêmes « standards de beauté ». Une jambe en moins, un bras en moins, un physique disgracieux, nous écarte très vite de la norme. Touchés par cette différence, certains ont refusé de s’avouer vaincu et ont saisi l’occasion pour devenir avant-gardiste et faire chambouler les mentalités. Elles/ils ont choisi de mettre en valeur leur handicap et sont devenus en quelque sorte un modèle de courage et de confiance en soi. Lizzie Velasquez, cruellement surnommée la « femme la plus laide du monde », est atteinte d’une maladie très rare qui atrophie son corps. Elle pèse à peine 30 kilos et est aveugle d’un œil. En découvrant les commentaires hostiles postés sur Internet suite à une vidéo d’elle prise à son insu, sa vie a pris un tournant décisif. Aujourd’hui elle est « oratrice motivationnelle », auteur de plusieurs livres et porte-parole des victimes de cyber-harcèlement. Elle est devenue une source d’inspiration suscitant respect et admiration. Autre exemple : Guillaume Bats, humoriste, a comme particularité d’être atteint de la maladie des os de verre. Il possède un incroyable sens de l’autodérision. A travers ses sketches variés, il explique entre autres comment perdre les idées reçues sur son handicap en faisant découvrir au public, malgré son physique hors-norme, quelques techniques pour choper des nanas en leur faisant pitié, repoussant ainsi les limites de l'humour…

 

Que vous inspire ce sujet ? Vous sentez-vous différent(e)? Si oui, comment vivez-vous cette différence ?

 

 

Photo © Adobe – Auteur : Browneyesboyua

Betty_Nelly, 31.10.2019

PLATINE64
1 | 09.11.2019 00:24

moi platina
je suis tres implique dans l handicap puisque je suis en fauteuil handicapée motrice suite a une série d opérations des vertèbres suite a multiiples fractures, ma dernière opération en 2018 avec 74 points et dos soutenus avec articulation en metal je fais et refait de la kine de la musculation, mon état ne s améliore pas ou peu tout cela a cause d une polyarthrite aiguë donc prises de cortisone 25 ans; déminéralisation de la colonne vertébrale c est si facile de devenir handicapée, !!.. le problème c est que les distances s agrandissent de jour en jours entre nous tous et les handicapée on ne les voit pas de peur de faire qqes chose de se santir oblige, par exemple aider en cas de difficulté, entamer une discutions c est toujours moi qui aborde les gens hommes femmes, prends la parole et comme je souris toujours , je suis naturelle et coquette j ai pas mal de contact mais tres court et reste sur ma déception la solitude pese énormément jusqu'à parfois la dépression je me sens tres jeune et aime etre avec des jeunes qui sont amusant car ils me draguent , mais je suis sérieuse et reste a ma place, voila vous parlez d handicap mais vous tournez autour des problèmes, il y a tellement d handicap et beaucoup d adaptation possible il faut vouloir, en tous cas je souhaite un jour rencontrer mon prince charmant qui saura me faire rire a pleurer bonne soirée platine 84 maintenant 70

AMELIE97
1 | 05.11.2019 05:21

Je trouve ton témoignage, Edel, très percutant de nos façons de voir les "handicapés", car les "normalisés naturels " ne comprennent pas l'effort intense de vie de ceux qui demandent seulement à travailler. Le travail est libérateur. Pour accéder à cette libération, un handicapé doit déjà travailler très tôt hors du cadre de travail pour se préparer, pour arriver à l'heure, pour se déplacer. Retour difficile...
Travail où il va ressentir enfin la joie de produire, de réfléchir, de répondre, de co-exister avec les autres. Ces autres ont eux aussi à faire des efforts de compréhension, d'humanité, d'acceptation, de joie aussi. Nous nous donnons mutuellement la vie. Nous accédons à la conscience de donner vie et il faut aussi accepter d'y perdre nos repères habituels, d'être moins sûrs de nous, de faire toujours une bataille contre nous-mêmes, contre les autres indifférents, mais aussi avec les différents.

Edel13
2 | 04.11.2019 13:24

La différence est un handicap, même si la personne n'est pas "handicapée".
Chaque individu est différent de l'autre, mais majoritairement on a dès le plus jeun âge envie de "ressembler" aux autres et lorsque l'on ne rentre pas dans les cases, comme tu écris si justement Betty, on se trouve stigmatisé .

Après chacun va se défendre avec ses armes ou ne se défendra pas et deviendra dans son enfance la tête de turcs (souvent) des autres "différents" qui ne veulent pas que ça se voit... ça s'appelle le harcèlement...

Pour certains, mettre en lumière sa différence leur permet de se construire, l'on voit ça tous les jours et souvent ça inspire le respect des autres.

Pendant ma vie professionnelle, j'ai eu la chance de travailler avec un société "d'intérim" qui place des personnes handicapées. J'avais sur Rouen un stock géré avec quatre personnes dans lequel on a intégré une équipe de douze personnes "différentes" pour faire du contrôle produit . Cela s'est fait au forceps dans un premier temps. Il a fallu convaincre la direction dans un premier temps. Dans un second temps,le site (qui avait peur de ne pas être assuré pour héberger des travailleurs handicapés) où nous étions hébergés. Dans un troisième temps, le personnel déjà en place et enfin aussi bizarre que cela puisse paraître les personnes en situations de handicaps elles-mêmes...
ça faisait tellement d'années qu'elles ramaient pour trouver du boulot qu'elles ont eu peur d'une arnaque.

Il a fallu adapter les postes de travail, changer notre mode de fonctionnement cadencer différemment et ajouter des pauses toutes les deux ou trois heures etc... Mais au bout du compte le rendement était bien supérieur aux équipes ordinaires d'Aix et le taux d’absentéisme était proche de zéro car chaque fois que l'un d'entre-eux a dû s'arrêter c'était malheureusement à cause d'une évolution de sa maladie. J'ai partagé avec eux 8 ans de vie professionnelle ce n'est pas rien.

Par contre, en région parisienne l'intégration de deux personnes "différentes" dans une équipe de quinze personnes a été un véritable fiasco car les collaborateurs présents les ont rejetés. La faute à qui ? Surtout au système d'encadrement de la société d'intérim qui ne pouvait pas être aussi présente en IDF qu'en Normandie. Mais la peur de la différence du personnel "permanent" a été insurmontable... J'ai toujours regretté que l'on n'y soit pas arrivé car je suis sûre que ça aurait pu être une sacré expérience humaine pour chacun d'entre-eux

AMELIE97
1 | 03.11.2019 07:21

Merci Heureuse pour ton témoignage. Ton pseudo reflète ton coeur malgré les souffrances que tu as dépassées. Un enfant pas comme les autres dans une classe, c'est pas évident, surtout quand le jeune (il en a le droit) ne veut pas que l'on sache (le professeur et les camarades) son mal et qu'on le prend pour un "anormal" alors qu'il subit des réactions physiologiques qui surprennent et mettent mal à l'aise. Quand c'est évident (par exemple un oxygénateur) ce n'est pas évident non plus. Chaque respiration à gargouillis d'un enfant atteint de mucoviscidose transperce d'émoi et de malaise à chaque instant l'écoute, l'attention. L'enfant lui-même se sait en sursis puisqu'il sait qu'il risque à tout instant de s'attraper le virus dont il ne réchappera pas, c'était le cas de cet enfant, mais aussi d'une autre leucémique, d'autres aussi. Or, quand ils se savent près de la mort, lui et elle, ont dit qu'ils ne regrettaient rien et ont remercié leurs parents, leurs camarades et les autorités d'avoir accepté leur présence en classe. J'en suis toujours autant bouleversée et cela fait pourtant des années. L'un et l'autre étaient très près de moi en classe. Elle touchait mon bureau par choix et il y avait une relation affective très forte. Lui était face au tableau et c'était l'époque des tableaux à craie. Je me dis "et si c'était moi qui étais en cause dans leur fin". Je me le suis toujours dit. Le premier dont j'ai parlé, lui, se mettait au dernier rang pour passer plus inaperçu. Mais aussi, lui aussi, quelle grande abnégation... Ce sujet me transperce.

heureuse15
5 | 02.11.2019 19:30

On est tous différent l'un de l'autre et temps mieux, ça nous rends intéressant..

Mes deux enfants "ne sont pas comme les autres."
Ma petite était trisomique 21, très mignonne elle était aimé par tout le monde ou presque. Elle nous a quitter quand elle avait presque 4 ans.Sa courte vie était heureuse et j'arrive à me dire que au moins elle n'a pas subit ce que un adulte trisomique doit des fois subir....

Ma grande a un diabète insulino dépendant depuis ses 9 ans. Gros difficulté à son adolescence, j'ai du la changer de collège, puisque, malgré que chaque début d'année scolaire elle faisait un exposer de sa maladie et les conséquences (le droit de prendre sa glycémie, manger s'il faut, piqûres d'insuline si besoin et de sortir pour aller au toilette.. en pleine classe) elle a été traité de drogué par certains de ses collèges. Période difficile pour elle mais qui finalement l'a rendu bien forte.
Les adolescents ne comprennent des fois pas la différence et peuvent être très dur...
Ce que j'ai compris est que eux qui l'ont harcelé... ressemblaient souvent à leurs parents..
Tout ou beaucoup est dans l'éducation.
Ma fille est maintenant maman de 3 merveilleuses enfants, elle n'est plus considérer comme "différente" ... le monde a évolué et sa vie est belle maintenant.
Comme la mienne !
Mon témoignage est peut être trop personnelle, mais j'avais envie d'en parler . A nous d'accepter la différence de l'autre et de le prendre comme il est.

Dokkaz
1 | 02.11.2019 11:00

Je pense qu'on ne cultive pas sa différence, on est comme on est, si l'on force le trait, alors on n'est plus vraiment soi même.
J'ai fait la connaissance, il y a un an et demi, d'un homme qui a perdu son bras et sa jambe gauches à la suite d'un accident. Il en parle avec autodérision et il y trouve même quelques avantages (par exemple pour trouver une place pour se garer). Personnellement, je ne vois pas son handicap, car plutôt que se lamenter sur son sort, il a trouvé la force de tenter de vivre comme si de rien.
J'ai beaucoup d'admiration pour lui. Il est un bel exemple.

Bon week-end.

solene14
3 | 02.11.2019 09:26

Pas besoin de cultiver cette différence et même de nommer cela "différence", on est soi....
On va les appeler "marginaux" ..... pourquoi marginaux ? Parce qu'ils ne pensent pas comme nous, voient leur vie autrement et la vivent très bien malgré les embûches.... malgré toutes ces personnes qui appliquent les lois et les empêchent d'avancer.... Je pense plus spécialement à un proche dont j'ai presque réussi à comprendre le comportement....jamais on ne le fera dérailler.....car c'est lui....
Il faut être très fort pour se battre contre cette société qui fait croire aux personnes qu'elles sont libres de leurs actes et leurs mouvements car c'est faux, il faut se battre pour rester soi même.... c'est un comble....
Monter sur un podium n'est pas , pour moi, une différence, c'est quelqu'un qui cultive sa passion et essai de se surpasser....

AMELIE97
1 | 02.11.2019 07:38

Astres bien évidemment tu as raison et j'avais oublié de préciser que je ne cultive pas ma ou mes différences. Je ne le cherche pas. Je choque et provoque certes mais c'est la réaction des autres qui m'en fait prendre conscience et me le fait regretter .
Idem pour une personne malade ou handicapée : elle ne fait pas exprès de provoquer les autres par des réflexions mal reçues et refermées sur son propre ressenti. Si on le lui fait remarquer sans méchanceté mais avec fermeté (c'est pas évident de le faire accepter), c'est bien, car en dépit de sa différence et de son impuissance et de ses complexes, nous devons tous vivre ensemble et nous donner le meilleur de nous-mêmes. c'est un dépassement constant et c'est dur. Pensons aux aidants... Et pensons aux aidants privées de l'aidé par la mort... Ils sont différents car ils doivent rejoindre sans aide et sans compréhension le monde des pas différents... Je dérive, peut-être... Mais ma situation actuelle me met souvent en contact avec des différents et ceux qui les soutiennent et je dois dire que mon énergie s'use. Cependant arriver à un petit résultat de cohésion des efforts de survie dans une bonne humeur acceptable est un beau cadeau de notre nature pas indifférente.

SYRAHNO
6 | 01.11.2019 10:22

S'enrichir des différences de l'autre est bien plus important….

trip78
6 | 01.11.2019 08:32

A force de vouloir entrer dans un moule, on risque de devenir tarte !

AMELIE97
2 | 01.11.2019 06:56

Ce que m'inspire ce sujet ? Une admiration et un amour particulier pour ceux et celles qui souffrent et dépassent leur handicap pour arriver à sourire à la vie, à l'offrir dans ce qu'ils peuvent avoir de meilleur à ceux qui ne souffrent pas eux d'une marginalisation, d'un rejet de la part des autres, d'une anomalie de leur physique et de leurs capacités physiques et mentales Le désir aussi d'être aussi courageuse qu'eux, qu'elles.
Mon attitude a été diverse selon que j'avais à porter avec joie mon dynamisme à des enfants tous handicapés (centre de vacances) et aussi à faire dans ce centre accepter la tolérance et la compréhension de la part de certains de mes collègues plus jeunes, mieux formés et cependant ignorants des réalités différentes et même à les faire accepter aux enfants handicapés entre eux, à dominer mes émotions face à la classe et un élève handicapé dans une classe d'élèves tous en capacité physique et intellectuelle, à donner le sourire ou l'aide à des membres de ma famille délaissés et souffrant d'un ou plusieurs handicaps, à rencontrer une personne étrangère handicapée dans mes déplacements ou encore un sportif s'adonnant au sport après amputation... Je ressens profondément pour moi-même l'appréhension d'un ratage possible de chirurgie, d'un accident de santé irrémédiable, d'une dégénérescence rapide. Je vois mon ex-mari, ma soeur, les conjoints aidés dans leur handicap, j'écoute les solitaires atteints et délaissés, tels Furaxx.... Je me dis que ma limite dans la compassion et l'aide est une faille d'égoïsme qui me pousse à vivre pleinement de mes forces autant que possible avant d'atteindre ce stade de marginalisation et de rejet, car le dépassement n'est pas toujours possible et viendra un jour où je serai moi-même dans les délaissés et oubliés.
Maintenant le moi différent, certes j'en ai été consciente dès mon adolescence ; j'en ai souffert et j'ai fait souffrir les autres parce que je ne réagissais pas et ne me conduisais pas comme on s'y attendait. Cela perdure. Mes professeurs me disaient produire des travaux atypiques, parfois sanctionnés parfois valorisés. Mes parents et ma famille me cantonnaient dans la prédiction d'un petit métier dès le certificat d'études, puis le brevet et alors j'ai effectivement commencé le travail, les multiples changements de travail tous honnis en moi-même. Finalement j'ai réussi mieux que ma fratrie. Avec moins d'argent qu'eux, certes, mais dans la liberté et l'accomplissement de mes choix. Cependant je suis encore et toujours celle qui n'accepte pas et qui est désirée tout à la fois. Ce n'est pas simple et cela fait souffrir. Que dire de plus ? Chacun et chacune se reconnaît quelque part. Nous sommes tous différents, c'est cela qui fait de nous l'humain, le sensible, l'évolutif sans trop savoir où l'on va mais un jour viendra où les indifférent/e/s aux différences vaincront, où la fin vaincra contre nous-mêmes. C'est le destin.

Dokkaz
7 | 01.11.2019 06:15

Bonjour Betty - Nelly,
J'ai toujours pensé que nous étions tous différents, de par le physique, la personnalité ou la façon d'être. Ce qui nous rassemble, c'est l'éducation, ou plutôt la socialisation.
Je suis d'accord avec biloum, le matracage et les conseils nous mènent vers les complexes et le mal-être.
Depuis mon plus jeune âge, on m'a fait sentir différente, alors que je ne souhaitais que me fondre dans la masse, passer inaperçue. Ici même sur le site, j'ai lu quelque part que j'étais anormale, j'ai souri, parce qu'aujourd'hui, j'en tirerai presque de la fierté. Et même je le revendique, je suis mon petit bonhomme de chemin sans me préoccuper de ce que l'on pense, et ça me réussit plutôt bien.
Bon week-end !

carole80
5 | 01.11.2019 05:38

Bonjour,

Oui . Ce sujet m’intéresse car je me sens concernée . Je ne peux pas parler de cette différence qui frappe les personnes souffrant d'un quelconque handicap car je ne suis pas handicapée mais j'imagine que savoir cultiver cette différence est, au delà du besoin de s'aimer soi même, plus une sorte de challenge . Un défi .
Je me sens concernée pour une toute autre raison . Ma façon de penser tout simplement et tout ce qui en découle . C'est l'expression "mouton noir " qui m'a interpellée ici dans ce blog car toute petite déjà j'en étais affublée . A la maison et à l'école . Tout au long de ma vie je vais me rendre compte que oui : Je dénote . D'ailleurs, même ici je dénote . Plus d'une fois je me suis prise des réflexions . Dans le virtuel c'est pire car je passe pour une mythomane une folle ou une personne cultivant le "moi-je " . Dans ma vie de tous les jours il ne se passe un jour où je ne surprends pas quelqu'un .
Ce blog m'a fait du bien car je sévis sur un site de poésie et j'avais commencé à me dire concernant l'écriture ; Oui c'est eux qui ont raison . (Je garde pour moi les raisons et les détails )
Je pense que pour pouvoir cultiver une différence qui nous tient et qui en accable certains surtout les personnes souffrant de différents handicaps , il faut beaucoup de talent . Le talent de savoir être soi même sans se soucier du regard des autres, surtout de ceux qui ne le sont pas . Mais parfois c'est assez dur . Ce qui compte cependant c'est : Le résultat : Avancer quand beaucoup prédisaient le contraire . Par contre il faut savoir le faire sans méchanceté ni prétention et encore moins d'orgueil . Dans mon cas, puisqu'il s'agit d'un témoignage, la méchanceté, la prétention et l'orgueil je n'en ai pas pas besoin car ce sont les autres (ceux qui sont comme tout le monde ) qui me les attribuent .
La différence dérange quand elle fait réaliser aux autres à quel point ils sont normaux .

Bonne journée et merci pour ce blog . Il m'a fait du bien . :)

Ebbie34
3 | 31.10.2019 22:49

Biloum...j'aime ta phrase...sais pas pourquoi:))))

"Admettre de l'autre un penchant pour l'extraordinaire plutôt que l'ordinaire "

Bises Ebbie

biloum
5 | 31.10.2019 21:21

Elle est tellement devenue standardisée notre société. Y’a qu’à lire, entendre, ouvrir l’oeil. Chaque jour on nous bassine! on nous matraque ! A commencer par « Faut être mince, faut faire du sport, faut pas manger ceci ou cela , faut plutôt manger ceci ou cela, faut combler les rides, faut pas se plaindre , faut être zen, faut aimer l’autre, ………Il faut, il ne faut pas ……Soyez ! ne soyez pas ! » On se perd un peu ! C’est clair ! entre médias, réseaux sociaux, magazines, les standards ne manquent pas . Résultat ! à force de vouloir absolument nous faire rentrer dans le moule pour paraître normal aux yeux des autres, moi, je dis que ça fait pas vraiment de nous des gens très heureux , plutôt frustrés ! Ces bourrages de crâne, sont un peu la cause de bien de nos souffrances , complexes, mal être.
Tiens puisque tel est le sujet. C’est quoi être NORMAL au fait ??? (je sais pas vous, mais je me la pose de plus en plus cette question ) Etre dans les normes. Soit ! Mais c’est écrit nulle part çà de se fondre impérativement dans le moule et vivre dans les normes, parce qu’à bien y réfléchir, vivre dans les normes, c’est ni plus ni moins une façon de donner le pouvoir de nos vies aux autres. Alors , pourquoi le fait d’être HORS NORMES suffit-il à se trimbaler l’étiquette de « DIFFERENT » ? Je dis, qu’aujourd’hui , ben ! il en faut du courage pour rester soi même , mais aussi et surtout admettre voire se risquer à faire admettre à l’autre un penchant pour l’extra-ordinaire plutôt que l’ordinaire.


Ceci n’était rien d’autre qu’un avis personnel . . Il n’engage évidemment que moi et personne d’autre.

Bonne soirée.

rednigth
7 | 31.10.2019 17:46

Ce qui est paradoxal,c'est que l'on vit dans une société d'indifférence ,mais quand on est différent,cette bonne société s'intéroge ,ne comprends pas???