Égalité entre hommes et femmes

Égalité entre hommes et femmes

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Le sexisme – comme toute autre discrimination - est une injustice. Chaque année, le 8 mars est l’occasion de mettre les femmes à l’honneur et de faire un point sur la condition féminine, les droits des femmes et leur évolution dans le monde. Depuis ces dernières années, les inégalités entre les femmes et les hommes se sont considérablement réduites, mais beaucoup reste encore à faire. Quelles avancées peut-on remarquer et quelles améliorations doit-on apporter ? Comment peut-on lutter ?

 

Quelques chiffres sur les inégalités : progrès et améliorations nécessaires

Il est important de constater que de nombreux progrès ont été faits ces dernières années. Voici quelques exemples :

- en matière d’éducation, les filles représentent 58 % des étudiants à l’université en 2012-2013 contre 43 % en 1960-1961. La situation s’est nettement améliorée ces cinquante dernières années. Mais les écarts persistent dans le choix des filières : les filles représentent 70 % des étudiants en lettres et sciences humaines contre moins de 30 % dans le domaine des sciences fondamentales.

- l’écart d’espérance de vie à la naissance entre les hommes et les femmes s’est réduit entre 2000 et 2010 passant de 7,6 années en faveur des femmes à 6,7 années. En effet, leurs modes de vie se rapprochent, qu’il s’agisse de travail comme de consommation de tabac ou d’alcool.

Par contre, des injustices sont encore présentes :

- tous temps de travail confondus, les femmes touchent au total un salaire 24,5 % moins élevé que celui des hommes ou, dit autrement, les hommes gagnent 31 % de plus que les femmes. Pour des temps complets, les femmes touchent 14 % de moins. A poste et expérience équivalents, les femmes touchent 9 % de moins. Toutefois, ces inégalités se constatent surtout dans le secteur privé.

- notons également que le travail partiel est essentiellement féminin.

- que les femmes aient ou non un emploi, elles sont toujours les « championnes » du travail domestique, comparé aux hommes. En moyenne, les femmes consacrent 3h52 par jour aux tâches domestiques, en 2010, contre 2h24 pour les hommes. Avec l’arrivée d’un enfant, ce partage inégal perdure, voire se creuse.

- les jeunes femmes de moins de 30 ans sont aussi plus nombreuses que les hommes à connaître la précarité.

- désormais, il y a davantage de femmes dans la sphère politique mais on est encore loin de l’égalité. Seulement 26,9 % de femmes siègent à l’Assemblée nationale.

 

Les moyens de lutte

Ainsi, le bilan dressé est loin d’être positif. Changer les mentalités, les dogmes et les sentiments de supériorité d'un sexe par rapport à l'autre ne s'improvisent pas. Jusqu'à ces derniers temps, on a eu tendant à combattre les injustices par la répression, l'amende et la discrimination positive. Or, le résultat est peu concluant. Il s’agit d’une réelle question culturelle. À ce titre, le changement ne peut passer que par une évolution des mentalités. Mais comment changer des comportements aussi enracinés? De nombreux mouvements ou association ont choisi de dénoncer plus ou moins violemment ces inégalités et de les porter au grand jour. On peut penser au mouvement Lean in ou bien les Fémen.

De nombreuses pistes d’améliorations doivent être explorées. Par exemple, on pourrait exiger une transparence des salaires des hommes et des femmes dans les entreprises pour mettre en évidence les écarts inadmissibles à formation et responsabilités égales, on commencerait à rendre visible, les injustices savamment camouflées. Pas simple forcément à mettre en œuvre au pays où les questions de salaires sont taboues.

Autre piste, il faudrait axer l'éducation des enfants sur la promotion et la mise en valeur de la complémentarité des sexes. Les hommes et les femmes sont certes différents mais cette différence ne veut sûrement pas dire qu’il faut poser une hiérarchie entre les deux sexes. C'est en agissant à la base et au niveau de l'éducation des enfants que l'on verra la disparition des inégalités dans le futur.

Enfin, il est important de souligner également que les femmes ont une part de responsabilité. Il arrive que celles-ci s’imposent une certaine autocensure. Isolée, une femme à plus de difficulté candidater ou prétendre à une promotion que si elle est y encouragée.

 

Un exemple porteur d’espoir

En Norvège, au mois de juin 2013, on célébrait le centenaire du droit de vote accordé aux femmes norvégiennes. En effet, ce pays a été l’un des premiers au monde à le leur accorder et cent ans plus tard, elle donne encore l’exemple : désormais ce sont des femmes qui occupent les principaux postes à responsabilité du pays.

Cette présence importante de femmes aux commandes du modèle norvégien résulte d’une culture de l’égalité, valeur centrale dans la société norvégienne. La progression de la parité doit également beaucoup à la social-démocratie et à des personnalités comme l’ancienne Premier ministre, Gro Harlem Brundtland. Depuis son gouvernement de 1986, tous les gouvernements norvégiens ont compté au moins 40% de femmes.

La Norvège a démontré sa capacité à rééquilibrer les rapports hommes-femmes. Autre exemple parlant, il y a pratiquement maintenant autant de femmes que d’hommes sur le marché du travail. La clé fut la création des garderies. La bonne pratique, c’est de concilier vie de famille et emploi, du fait du système généralisé de garde des enfants. Par exemple, un homme a droit à un congé paternité de 6 mois avec une compensation salariale de 100 %. Il ne reste plus qu’à suivre cet exemple !

 

Et vous, que pensez-vous de la situation ? N’hésitez pas à nous faire partager votre avis ou bien des anecdotes à ce sujet en commentant cet article.

 

Photo : © Fotolia - Adrian Niederhäuser

Betty_Nelly, 20.10.2014

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