La frénésie du shopping

La frénésie du shopping

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Qui pourrait se vanter de n´avoir jamais acheté un objet sans véritable besoin, ni réel désir, simplement par désoeuvrement, par ennui ou encore pour compenser une frustration ou pour se consoler d´une déprime ? Vous étiez parti(e) pour acheter une paire d’écouteurs et vous ressortez avec un téléviseur dernier cri ? Qu´est-ce qui nous pousse à succomber aux tentations, pourquoi cette frénésie de l´achat?

 

 

J´achète, donc je suis

Pour faire partie d’un groupe et renforcer notre sentiment d’appartenance, il peut devenir incontournable, par exemple, d’avoir en main un téléphone intelligent dernière version  ou un autre bien de consommation qui nous inclut dans une communauté. On nous suggère souvent que consommer est bon pour l’économie, ce qui donne une justification à cette impulsion. En achetant certains produits, nous manifestons notre identité au sein de la société. L’image associée à certaines marques nous aide à mieux percevoir et exprimer qui nous sommes  et comment nous nous positionnons par rapport à notre entourage.

 

Stratégies marketing et internet

Les publicitaires créent une pression permanente dont le message suggère qu’il est impossible de vivre sans avoir tel ou tel comportement, tel ou tel produit, telle ou telle marque ou tel ou tel service. Prenons l´exemple de la  « vente flash » où est créé un sentiment d’urgence chez l’acheteur ainsi qu’une crainte de manquer la bonne affaire. Cette stratégie génère donc un stimulus à un moment précis, lequel va déclencher une excitation que l’acheteur aura du mal à contenir.  Des techniques très utilisées dans le commerce en ligne, comme ebay et amazon. Sur certains sites Web, l’impulsivité dans l’achat est clairement encouragée, étant donné que l’acheteur n’a souvent que quelques minutes, voire quelques secondes pour se décider (c´est le « speedsale »). Un  achat non planifié, non réfléchi par l’acheteur est appellé en marketing un achat „impulsif“. Le sujet perçoit surtout une impression d’être au bon endroit, au bon moment, que l’objet lui est destiné, qu’il est sien, qu’il faut s’en saisir. Bref tout est mis en place pour ôter toute sensation de culpabilité chez l’acheteur.  Enfin, le paiement par carte bancaire sur internet offre à l’acheteur une possibilité d’assouvir pleinement ses impulsions, en toute discrétion. Quel confort de pouvoir acheter tranquillement de chez soi à l´abri des regards !  Il parait que la majeure partie des achats pathologiques se réalisent sur le « Web ».

 

Achats compulsifs, attention danger

Lorsque que l´individu  est conscient des effets nuisibles, voire catastrophiques, de son comportement, pour lui comme pour les autres, à savoir surendettement, interdits bancaires, colère de ses proches, qu´il est pleinement conscient de ses actes mais qu´il ne peut tout simplement pas les contrôler,  on évoque alors le syndrome de l’achat « compulsif », nommé aussi oniomanie.  Il achète tout, même ce dont il n’a pas besoin et se lâche dans une « incontinence » subite, irrépressible et sans limites. La frénésie acheteuse est activée. Dans notre société d'abondance, quel plaisir de dépenser de l'argent, même si on est fauché ! C'est le fait d'acheter qui provoque la jouissance, comme si l'objet convoité ne pouvait décidément appartenir à aucun autre !  L’objectif de l’acheteur ne consiste plus à réaliser une bonne affaire, mais d’acquérir l’objet qui importe. La tension, provoquée par le désir de posséder l'objet élu, agit comme un calmant sur la „souffrance“ ressentie. Mais, une fois l'objet acquis, le plaisir se tarit et la douleur revient : il faut rêver d'un nouvel objet, en envisager l'usage, voire imaginer de ne pas l'acheter, pour s'éveiller à une nouvelle promesse de jouissance. En fait, il est des achats compulsifs comme de la boulimie : c'est une faim qui ne s'apaise jamais. L´ équilibre financier est en péril.

 

Comment se maîtriser ?

Afin de stopper ce cercle vicieux, il serait judicieux de changer ses habitudes, d´apprendre à consommer plus sainement et se donner des outils pour y arriver comme : établir un budget avant d´aller faire des courses, de lister les articles à acheter et s´y tenir, se laisser le temps de réflexion, acheter comptant en laissant la carte de crédit à la maison, ne jamais faire les magasins lorsqu´on se sent déprimé ou frustré par quelque chose ou encore remplacer le temps réservé habituellement aux achats par la pratique d´une activité comme le sport, l´art, les sciences etc.

Au final, qu´est-ce qu´un comportement „normal“ d´achat ?  Cela pourrait consister, comme le dit le médecin addictologue, William Lowenstein, à „satisfaire un besoin en dépensant utile et s´accorder de temps à autre un plaisir, un luxe qui va au-delà de la stricte nécessité.“

Et vous, quel est votre comportement d´achat ?

 

 

Photo © Fotalia - Urheber: BillionPhotos.com

Betty_Nelly, 20.01.2016

Edel13
2 | 21.01.2016 07:21

Je ne suis pas addict à la conso.
Par contre, pour ma tribu je ne sais pas "compter" et je vais dépenser ce que je n'ai pas si eux en ont besoin.

Un autre poste auquel je ne fais pas "attention" c'est la nourriture. J'ai un budget, je le tiens. Néanmoins, je ne regarde pas le prix d'un poisson d'une viande que je vais acheter. Je me passerai de viande ou de poisson le reste du mois, mais je fais le choix d'acheter bon ou pas du tout

Puis,je me dis que tant que je peux autant que je le fasse car ça ne sera pas éternel et de toute manière n'ayant pas de coffre-fort je n'ai pas de risque qu'il me suive le jour de mon enterrement ^^ 

ibiscus22
3 | 20.01.2016 19:52

Je pourrai me confesser pour avoir pêché par addictologie à l'achat !!
Je me suis limitée pour ma propre sauvegarde, depuis le décès de mon mari je ainsi suis passée de la platinum à la master simple et maintenant à la visa.
C'est un engrenage infernal !!! si l'on ne se maîtrise plus la frénésie d'achats peut vous plomber un budget et avoir des conséquences terribles.
On achète pour exister, on existe par ce que l'on achète !!! spirale infernale si il en est.
Arrivant de Paris et en voyant le niveau de vie moyen ici dans ma région je me suis sentie honteuse, je me suis mise à culpabiliser, à maitriser mes achats spontanés ( j'en fais encore !!!! ).
Nous sommes dans une société ou tout est organisé pour que nous succombions, qui n'a pas changé son tél par ce qu'un nouveau modèle vient de sortir et finalement l'ancien nous convenait très bien et nous n'utilisons pas les trois quarts des possibilités du nouveau !!!
Je préfère cette addiction à d'autres, être addict à l'alcool, au tabac, au sexe, aux drogues, me serait plus pénible à vivre je pense.
Chacun gère sa vie comme il peut.