Plaisir et jouissance

  • Plaisir et jouissance
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    „Dans la pensée commune, la jouissance est associée à un grand plaisir, à l’orgasme lui-même ou a une sensation analogue…Elle n’en diffère pas car elle en est une espèce. Il y a jouissance lorsque le sujet éprouve un plaisir d’une grande intensité, quoi que soit l’objet ou l’activité qui l’occasionne“ nous dit le Professeur Denis La Balme.

     

    Le plaisir

    Celui-ci  diffère suivant les personnes car il est en corrélation avec des centres d'intérêt ou à une attraction particulière vers telles ou telles choses. Pour certains, se réveiller le matin et profiter d'une vue magnifique sur la nature est un plaisir,  voire une joie profonde. Aller se promener au milieu des chants des oiseaux, lire un livre passionnant, écouter de la musique, se délecter de bons mets, voyager, se plonger dans ses hobbies  constituent  un bonheur qui peut se rapprocher de la jouissance. D‘autres aiment se faire plaisir en consommant. Si un objet ou un vêtement leur fait envie, ils trouveront une grande satisfaction en l'achetant.

     

     

    La jouissance

    J.-D. Nasio, psychanalyste nous explique ce qui différencie la jouissance du plaisir: „Dans le plaisir, il s’agit d’une diminution de la tension psychique dans le sens de repos et de la détente. La jouissance quant à elle consiste en un maintien ou en une vive augmentation de la tension… Elle traverse le sujet tout entier, son corps et sa psyché.“  Voici un exemple. Vous êtes sur un voilier extrêmement rapide, le vent est très fort, vous gîtez à la limite du possible. Votre excitation est à son comble, vous jouissez de l’instant. Plus tard sur le même voilier qui file sur une mer calme, par beau soleil le long des côtes, vous vous détendez, vous savourez un plaisir calme et détendu. 

     

    Les dérives

    Certains comportements constituent des dérives. C'est le cas par exemple de la surconsommation, des achats compulsifs, de  l'usage de drogues ou d'alcool, d’ingurgitation extrème de nourriture.  Si au départ cette surconsommation vise à satisfaire un véritable désir menant au plaisir, c'est également une manière de combler un vide. C'est pourquoi on ressent la nécessité de consommer de plus en plus  pour procurer ce sentiment de bien-être. Celui-ci reste cependant artificiel et peu durable, il doit être renouvelé. C'est ainsi que certaines personnes deviennent accros au shopping parce qu'elles trouvent dans l'acte d'achat, un sentiment de bonheur. La plupart du temps, les vêtements et accessoires s'entassent sans même être utilisés. D'ailleurs à ce stade, il n'y a plus de notion de plaisir réel. 

     

    Les petits plaisirs nous procurent-ils le bonheur ?

    Oui, car ils contribuent à notre bien-être, donnent de la saveur à notre vie. Ils libèrent de la dopamine, l’hormone du bonheur. Ressentir du plaisir nous déstresse, améliore notre humeur, nous rendant plus forts face à l’adversité. Le psychiatre Francois Lelord se demande si c’est la somme des petits bonheurs qui rend heureux ou bien si les gens heureux ont plus de disposition à se les accorder. „Sans doute les deux.  Bien sûr, il ne s’agit pas d’un besoin vital, nous pouvons passer notre vie à les bouder, mais, incontestablement, elle sera nettement moins riche. Car l’art de se faire plaisir ne relève pas uniquement d’une bonne nature : il signe d’abord et surtout le fait que nous nous sentons suffisamment libres dans notre tête pour oser nous l’offrir“. C’est dans cette liberté psychique que se nichent les enjeux du plaisir.

     

    Et vous, que pensez-vous du plaisir, comment vous le procurez-vous ?

     

    Photo © Fotolia – Auteur : js-photo

     



    isabelle, 14.09.2017


Epidomie 2 | 14.09.2017 17:29

  • Epidomie
  • Mes plaisirs sont nombreux : partir en vacances, mais aussi revenir et retrouver mon petit "chez moi", savoir mes enfants heureux, discuter avec des amis, les rejoindre autour d'une bonne table... Et aussi, réussir à m'endormir vite et passer une bonne nuit, me sentir en pleine forme... Et refaire du step après des années d'arrêt, aller marcher...
    Je trouve du plaisir à beaucoup de choses, est-ce que c'est le bonheur ? Pas vraiment, il me manque, ou ils me manquent...

AMELIE97 3 | 14.09.2017 18:04

  • AMELIE97
  • Le plaisir, les plaisirs, je tente de m'en donner le plus possible depuis que j'ai décidé de reprendre ma vie seule. Il me faut donc l'ouverture aux autres, indispensable à mon être et dont j'ai tant manqué dans l'absurdité de la conjugalité "fusionnelle". Me lever tôt, ne jamais bouder sur le réveil vraiment très tôt, car la nuit est devenue mon amie peuplée par l'écriture et la lecture, silencieuses, qui s'accordent si bien avec elle, assister au lever du jour sur la mer, sur la savane,entendre les oiseaux se quereller de bon matin, partir vers les activités physiques douces dans le lagon (marche, nage, aquagym), manger avec des principes d'alimentation saine , sans me casser la tête pour la cuisine, rencontrer, sourire, parler de tout et de rien, prendre le temps qui s'échappe si vite quand on le goûte, enfin intensément, prendre des nouvelles des miens, les aider, même de très loin (je suis là, je t'écoute, tu peux me demander ce dont tu as besoin, je pense à toi)... A une autre fois pour la , les jouissances... Isabelle, il ne faudrait pas que je reçoive encore un blâme d'avoir trop écrit !!!

191512 0 | 15.09.2017 10:00

  • 191512
  • Claude 30
    Le plaisir de vivre.

    Mes bonheurs d’enfance.... souvenirs..
    L’été, durant les vacances, j’aime accompagner mon père pour le travail des vignes. Nous vivons à l’heure du soleil et partons tôt le matin, à la fraîcheur — à midi, au moment le plus chaud de la journée, les travaux s’interrompent — nous mangeons sur place la nourriture préparée par ma mère. L’homme et la bête fatigués, c’est l’heure de la sieste. Mon père sous le chêne, étendu sur quelques brins d’herbes sèches, son chapeau de paille sur le visage, dort. À deux ou trois mètres de lui à l’ombre de la « cabane », le bœuf son gros ventre posé sur le sol, rumine.
    Tout est silencieux, rien ne bouge. La vigne que l’on prépare pour les vendanges prochaines, de ses larges feuilles, protège du soleil le raisin dont les grains déjà se gonflent et prennent de la couleur.
    Sur les branches hautes du chêne, dans leur nid, les enfants-pie que je connais bien et dont je surveille la croissance, ne réclament plus et se taisent. Les parents, plus loin, juchés sur un acacia veillent silencieusement. Pas un lézard, pas un mulot, pas une mouche n’osent rompre cette harmonie, tout n’est que somnolence.
    Moi, sous le cerisier, à plat ventre dans l’herbe fraîche, les bras en croix, la joue et l’oreille posées contre le sol, dans un sentiment de plénitude, j’écoute vivre cette terre que j’aime et que j’embrasse. Je respire avec la nature, JE SUIS cette nature. Je n’ai jamais trouvé Dieu là-bas dans l’Église froide et triste où Prêtres et Bonnes Sœurs sévères avec leurs sourires de circonstances, habillés de noir, essaient de me convaincre de son existence avec des histoires pour enfants de 4 ans — les ignorants !!! ils ne sauront jamais qu’à cet instant, envahi par la douce sérénité que m’offre cette nature, je vis dans Sa Lumière : « il y a peut-être des lieux et des instants, où l’on se trouve soudain comme dans le Ciel ».

    Mes bonheurs de fin de vie . . . .
    (Extraits de ma Bio)

    Mes quatre-vingts berges ne me gênent en rien, à tout instant, je réintègre la sérénité naturelle de mon âme d’enfant qui, envers et contre tout, me permet de ne retenir que les beautés de la vie. Satisfait de mes quelques réalisations de chaque jour, je chante, je siffle, je m’esclaffe de joie ; je raconte des bêtises, encore je me fais rire, j’admire mes fleurs et cueille chaque instant de bonheur simple, comme la vue de mon ami funambule, le petit écureuil qui, à l’automne, toujours sur ses gardes et poursuivi par sa longue queue en panache, vient dans mon jardin piller mes amandes — sa vivacité traduit une telle joie de vivre que ma journée en est illuminée ; les yeux de Milou, mon petit fox, débordent de tendresse ; je me laisse porter par les douceurs de ma compagne, en compagnie ou pas, pour ou sans occasion particulière, quelques bulles de champagne nous procurent ce vague à l’âme salutaire pour le bonheur de l’instant, dans quelques bastringues, nous dansons encore sur les ritournelles et rythmes de nos 17 ans.
    Après une vie pleine d’activités, après de grands bonheurs et d’immenses tristesses, aujourd’hui, sans fortune ni possession matérielle, refusant les années, je suis un être heureux.

    Claude
    « Ne jamais oublier un sourire, ne pas laisser se perdre un
    baiser ni s’égarer une caresse,
    sous peine de produire un vide dans l’univers “
    — Jacques Salomé. —

AMELIE97 0 | 15.09.2017 14:53

  • AMELIE97
  • La/les jouissances : on ne vit pas de jouissances,mais on vit très bien de petits plaisirs répétés, habituels. L'euphorie jouissive est ephémère, elle se confronte aux réalités temporelles et matérielles, dans des retombées catastrophiques. Je préfère le mot extase, liaison corps-esprit qui prend en compte une durabilité, une ascèse aussi. Quant à l'hormone du bonheur, l'article cite la dopamine. Je pensais que c'était l'ocytocine, mais je peux me tromper. Les endorphines qui dopent naturellement les sportifs dans un entraînement prolongé et dont l'effet, selon les sports, se prolonge, apportent aussi ce suprême bien-être des sens et de l'esprit.

greta21 0 | 16.09.2017 12:15

  • greta21
  • pour pour moi éprouver du plaisir c'est me lever le matin après avoir bien dormi et me retrouver devant un beau paysage de même je me trouve tellement bien lors d'une promenade en foret a écouter les petits oiseaux dans un calme absolu ce qui ne m'empêche pas de profiter des attraits de tout ce que la ville peut offrir au point de vue culturel
      merci pour cet article isabelle 

AMELIE97 0 | 17.09.2017 08:27

  • AMELIE97
  • Les dérives... à vrai dire, je ne les connais pas tellement, sauf que je pense continuellement que je vais trouver les chaussures fermées qui ne me blesseront pas, et que je donne ainsi des chaussures neuves et de prix. ça, ça me tape sur le système. Il y a donc recherche du plaisir de mes pieds et insatisfaction constante. Quant à la jouissance de la course, telle que je l'ai connue, adieu depuis longtemps. Jouissance du corps libéré, léger, quel bonheur. Je pense arriver à retrouver peut-être une part de ce bien-être heureux dans la méditation quand je m'y serai initiée, contrainte pour retrouver justement cette libératiOn du corps. A cette époque du corps assouvi dans sa propre jouissance de l'effort qui n'en était pas vraiment un, pas de dérive dans le tabac, arrêté plusieurs fois pour plusieurs années et repris cette année. Claudia-maria parle de ses "trois clics" dans un blog, alors qu'il y a 28 ans, elle ne voulait absolument pas être privée de son entraînement sportif. Le plus important de ces clics est la volonté, volonté donc de retrouver jouissance, pour elle. Des intervenant(e)s du blog parlent de plaisir de la respiration, du bien-être, oui, certes, ça je le sais. Mais je vois dans les trois tentatives faites au cours de ces trois derniers mois que cela ne me suffit pas. Pourquoi ? Je me pose le problème autrement donc : jouissance égale concentration sur un aspect d'effort/plaisir où entre donc la volonté ciblée. Ma volonté actuelle est ciblée sur quoi de prioritaire ? Là est la question. Est-ce sur ma santé, est-ce sur les priorités actuelles, est-ce sur la possibilité très limitée de mes activités physiques dans lesquelles je jouis d'une respiration suffisante ? Peut-être suis-je trop intello et pas assez physique ?
    Car l'article d'Isabelle finit sur les dérives, en somme compulsions. com-pulsions = pulsions qui se rejoignent dans le néfaste. Il faut donc en sortir, voir le bout avant les étapes....

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