Le pardon

Le pardon

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L’absence d’un amour parental, la trahison amoureuse, la déloyauté amicale, le harcèlement moral au travail, l’agression physique ou verbale sont autant de blessures profondes qui ont parfois détruit vos vies ou continuent de gâcher votre existence. Comment pardonner à ce père ou cette mère qui vous envoyait paître quand vous recherchiez du réconfort ? Comment pardonner à un(e) ex-conjoint(e) qui complique la procédure de divorce ou dresse les enfants contre vous ? Comment oublier ce camarade de classe qui jadis vous faisait vivre l’enfer et vous rackettait à la sortie de l’école ? Et puis d’ailleurs, tout est-il pardonnable ?

 

La blessure

Le coup de poignard est souvent brutal, violent et survient parfois au pire moment de votre vie. Votre compagne vous abandonnait alors que vous veniez juste de vous faire licencier, votre compagnon pliait bagage alors que vous étiez à votre huitième mois de grossesse. Que reste-t-il alors des années de bonheur hormis l’amertume, la rancune, la colère et parfois une haine féroce. Autant de sentiments négatifs qui sont enfouis en nous et qui reviennent à la surface au moment où on s’y attend le moins pour raviver les douleurs de la perte, de la trahison et de la déception. Pourtant, nous avons tendance à nous raccrocher à ces sentiments qui sont nocifs aussi bien à notre corps qu’à notre esprit. Paradoxalement, nous sommes conscients des dégâts que ces sentiments négatifs causent à notre bien-être et pourtant nous les choyons. En pardonnant, nous craignons presque de perdre notre dignité ou notre combativité ou de redevenir des proies idéales à de nouvelles désillusions. « Plus jamais ça » devient une rengaine sensée nous préserver des éventuelles blessures alors que dans le même temps nous répercutons sur des personnes innocentes, la colère tant refoulée.

 

Le pardon : un chemin long et périlleux

Le pardon est un processus difficile qui peut prendre des années. La première étape pour pardonner est de comprendre ce qu’est le pardon. Le pardon est d’abord une décision, sincère et volontaire d’abandonner le ressentiment et la soif de vengeance. A la longue, vous pourrez même ressentir des sentiments d’empathie et de compassion envers votre « tortionnaire ». Cependant, gardez à l’esprit que le pardon n’implique pas forcément une réconciliation et il ne constitue en aucun cas une justification des actes blessants. Au contraire, se souvenir doit être un moyen de vous reconstruire, non pas de vous détruire. Alors comment faire pour expulser cette colère qui vous mine ? Il vous faut verbaliser cette colère, exprimer les émotions que vous ressentez soit en discutant avec un ami, soit en les couchant sur une feuille de papier, soit en faisant des exercices relaxants et/ou sportifs ou en consultant un spécialiste.

 

Les bienfaits du pardon

Long processus semé d’embûches, le pardon est pourtant la condition indispensable à notre épanouissement personnel et à notre équilibre physique.

Des études scientifiques ont démontré que le fait de pardonner à ceux qui nous ont fait du tort, contribue à baisser la pression artérielle, à maintenir un niveau correct de cholestérol, à équilibrer la fréquence cardiaque, à améliorer la qualité du sommeil. D’ailleurs, il existerait une corrélation entre le pardon et le renforcement immunitaire des personnes séropositives. En outre, le pardon produit un cercle vertueux sur notre psychisme : réduction de l’anxiété et de la dépression. Les personnes qui pardonnent ont tendance à se sentir plus heureuses et optimistes. Elles bénéficient d’un meilleur bien-être psychologique. En effet, le fait d’être absorbé par le passé, d’être englué dans la rancune et la colère vous empêche de profiter de l’instant présent. En restant prisonnier de vos pires expériences, vous brisez vos chances d’échapper à la morosité intérieure et de compromettre votre confiance en soi. De plus vous vous privez de la chance de renaître à une autre vie.

 

Pardonner l’impardonnable ?

Il existe des blessures si profondes causées par des actes de barbarie d’une telle violence qu’il est parfois difficile de pardonner. Comment pardonner au meurtrier de son enfant ? Au violeur de son enfance ? A des parents maltraitants ? Ces crimes bouleversent l'ordre psychologique du monde. Le monde perd son sens. C'est si grave et le repentir si rare, qu'il faut une autorité supérieure, la justice, pour dire : « Le coupable, c'est lui. » 

Dans ces cas extrêmes, la haine peut nous maintenir en vie, mais ne nous empêche-t-elle pas de vivre la vie que nous méritons vraiment ?

Que pensez-vous du pardon ? L’avez-vous pratiqué ou le pratiqueriez-vous le cas échéant ?

 

Photo © Fotalia - Urheber: eevl 

 

Betty_Nelly, 16.03.2016

Elledeloin
0 | 08.10.2016 14:28

Si on me demandait pardon, si on reconnaissait le mal fait et qu'on le regrettait, je pourrais pardonner assez facilement, je ne suis ni amère ni rancunière. Mais sans reconnaissance de faute ni demande de pardon, je considère que le mal continue. Cependant, continuer de ressasser serait lui faire plaisir... A réfléchir. 
 

josa28
0 | 29.03.2016 16:00

citation de Françoise:

Je pardonne à tous ceux qui m'ont offensé, mais..... j'ai la liste.

Je la trouve bien bonne et je la garde ;-D merci et bon mardi ih ih ih

hermionne
3 | 19.03.2016 09:37

Tous vos commentaires sont très intéressants autant que le sujet, qui fait écho à nos expériences. J'ai personnellement fait le choix de pardonner et de le dire à la personne concernée tout en précisant que pardonner n'est pas oublier . Le ressentiment ,la colère, la haine, sont, à mon sens, autant de poisons qui se distillent en nous et nous rendent très malheureux. Alors bien sur, chacun fait comme il peut, mais pardonner nous délivre et nous permet d'avancer, de cela j'en suis convaincue. 

josa28
1 | 18.03.2016 13:08

Le ressentiment n'est pas forcément accompagné d'une soif de vengeance car la douleur submerge tout y compris l'envie de vengeance pour moi en tout cas; c'est ce que je vie présentement mais bientôt je serai en haut de la vague, aaahhhhh! la vie est belle malgré ces hauts et ces bas ah ah ah
YES! je fais du surf lolll mon ex mari disait souvent: la vie est belle même dans les poubelles ;-)))))))) à pluche! bonne jour nez hé hé hé

ibiscus22
3 | 16.03.2016 19:22

La veille de son décès j'étais au chevet de mon père, il à pleuré en me serrant les mains, il à compris que ma présence près de lui signifiait un pardon total de ma part.
Ce jour là je lui ai pardonné son absence d'intérêt envers moi sa fille unique, la "quasi spoliation" de mon héritage organisé avec son accord par sa dernière épouse en faveur de ses enfants à elle.
Je ne lui en veut plus pour ces années que j'ai vécues sans père, j'ai relativisé et fait ma vie sans ces liens affectifs, je me suis construite et réalisée indépendamment de ce manque.
Il à emporté mon pardon dans son dernier voyage sans retour et depuis je peux penser à lui sans haine avec juste des regrets de ne pas le lui avoir accordé plus tôt.