Les phobies

Les phobies

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Dès l’Antiquité déjà, Phobos était une divinité honorée par les Grecs pour conjurer leur peur de partir au combat. Mais, ce n’est que vers 1870 que la psychiatrie utilise ce terme sous forme de substitutif pour le classifier comme une maladie : la phobie désigne une peur démesurée et irrationnelle d'un objet ou d'une situation précise. Les araignées, les clowns, les bruits, les trous, l'école... Tout ou presque peut éveiller les peurs les plus sommaires en nous. Mais pourquoi et comment ? Que se passe-t-il dans notre tête et notre corps ? D'où viennent ces peurs irrationnelles et incontrôlables ? Comment peut-on les combattre ou les apprivoiser ? À travers cet article, nous avons décidé de nous pencher sur ce trouble anxieux qui handicape de nombreuses personnes. 

 

Classification des phobies

Pour les psychologues comportementalistes, les phobies se divisent en trois grandes catégories. Il y a tout d’abord ce qu’ils appellent les phobies spécifiques déclenchées par un objet externe comme une souris, un avion, la vue du sang, etc. Souvent négligées voire moquées par l'entourage, elles peuvent devenir une véritable source de détresse et avoir un impact sérieux sur la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Ainsi, ces derniers sont, par exemple, incapables de prendre les transports en commun ou bien ne peuvent s’approcher d’un chien. 

La seconde catégorie est celle de la phobie sociale qui se manifeste par la peur d’interagir avec les autres comme la blemmophobie (peur du regard des autres) ou encore l'éreutophobie (peur de rougir), pour ne citer qu’elles. Il ne s’agit pas d’une simple timidité mais d’un trouble chronique invalidant, caractérisé par une anxiété intense et un évitement de la plupart des situations sociales.

Enfin, on parle aussi de phobies vis-à-vis des maladies, comme la nosophobie (peur des maladies en général) ou la cancérophobie (peur du cancer). Ce sont en fait des formes d'hypocondrie.

 

Symptômes et manifestation

La plupart des phobies spécifiques (la première catégorie) sont un en fait la manifestation poussée à l’extrême d’un sentiment à la base normal. Il est compréhensible d’avoir une certaine appréhension lors d’un décollage en avion, mais cet état est passager. Pour les phobiques, cette situation phobogène va déclencher une attaque de panique qui se traduit par un malaise général, une sensation de mort imminente, de la tachycardie, des sueurs, etc. Ces symptômes varient bien naturellement en fonction des personnes. 

Mais, dans tous les cas, ces dernières sont parfaitement conscientes de l’irrationalité de leur peur et en souffrent. La plupart des individus souffrant de phobie tendent également à fuir l’objet phobogène ou s’ils doivent s’y confronter, s’arrangent pour être accompagné d’un objet dit « contraphobique » qui les rassure : une peluche, une boîte de médicaments ou une personne.La dénomination des phobies dérivant d’une racine grecque correspondant à l’objet craint, leur diversité est extrêmement variée ! Pour en savoir plus, jetez un œil à cette liste des phobies plus qu’exhaustive.

 

Causes et traitements

Si ce trouble est très répandu - plus d'une personne sur dix serait sujette à des phobies plus ou moins importantes, ces causes restent obscures, même si l’on constate souvent une prédisposition familiale. Elles sont légèrement plus fréquentes chez les femmes et existent chez de nombreux enfants, pour souvent disparaitre à l'âge adulte.

Aucun traitement n'est nécessaire lorsque l'objet de la phobie est facilement évitable ou rarement rencontré. Par exemple, de nombreuses personnes ont une peur panique des souris, mais cela ne les empêche pas de mener une vie normale. Dans d'autres cas, la phobie peut être traitée par des médicaments comme des anxiolytiques, lorsque la situation qui la crée ne peut être évitée. Certains hommes d'affaires ont leur cocktail d'anxiolytiques qu'ils absorbent une demi-heure avant de prendre l'avion. Certains acteurs ou musiciens prennent des bêtabloquants pour calmer leur trac.

Les cas les plus difficiles nécessitent le recours à une psychothérapie. Les thérapies comportementales sont souvent couronnées de succès et consistent à confronter le sujet à la situation phobique, au départ dans des circonstances peu menaçantes, voire virtuelles. L’idée est de confronter sa peur, pour peu à peu la désacraliser et l’apprivoiser. Des techniques de relaxation peuvent également être d’une grande utilité. Pour les personnes ayant peur de voler, il existe des thérapies de groupe proposées par des compagnies. Prendre conscience que l’on n’est pas seul à souffrir de phobie est une aide précieuse. L’hypnose peut également être efficace pour certaines personnes. À chacun de trouver la thérapie et l’interlocuteur qui seront le mieux à même de l’aider à surmonter son angoisse. 

 

Et vous avez-vous souffert ou souffrez-vous encore de phobie ? Quelles sont vos stratégies pour surmonter ou bien éviter ces situations anxiogènes ?

 

Photo : © Fotolia - Fovito

Betty_Nelly, 18.01.2018